APOPLEXIE SPINA.LE
moelle, et cette destruction est aujourd'hui irrémédiable. I.e foyer sanguin plus petit a eu des conséquences moins graves; très-circonscrit, il n'a pas détruit les libres, qui ont repris en partie leurs fonctions et peuvent la reprendre complètement sous l'influence de l'exercice.
Daus l'hypothèse d'une hémorrhagie péri- médullaire, le pronostic est grave aussi, mais laisse du moins encore quelque espoir; car, dans ce cas, les fibres des racines antérieures n'ont pas été détruites, mais simplement comprimées; seulement une compression datant de cinq mois a dû et pu produire une atrophie consécutive peut-être irrémédiable.
Faut-il, en face d'un pronostic aussi rembruni, renoncer à tout espoir d'amélioration et de retour fonctionnel ? Je ne le pense pas.
Les indications thérapeutiques à remplir se déduisent naturellement du diagnostic, et peuvent être formulées de la manière suivante :
V En ce qui concerne le membre supérieur gauche, qui a déjà repris en grande partie sa motilité, il importe de rendre h sa musculature atrophiée et affaiblie sa constitution et sa force. Le meilleur moyen d'atteindre ce but consiste dans l'exercice gradué régulier de la fonction. A cet effet, nous ferons faire à la malade des exercices gymnastiques méthodiques; on recommandera le massage, répété deux fois par jour, et deux ou trois fois par semaine on soumettra les muscles à la faradisation; nous engagerons la malade à se servir de préférence du bras gauche pour tous les ouvrages de préhension ; elle devra faire agir ses doigts, exécuter des ouvrages de femme : la couture, le tricot, etc. Si cette malheureuse doit rester paraplégique, elle pourra du moins, en reprenant plus complètement l'usage de sa main, se rendre utile encore et gagner peut-être sa vie.
NÉVROPATIIIES.
2° Quant aux membres inférieurs, le traitement offre moins de chance de succès. Il importe, avant tout, de réveiller l'excitabilité musculaire et nerveuse. La galvanisation par courant continu sera pratiquée deux fois par semaine; le pôle positif sera appliqué sur la région dorso-lombaire; le pôle négatif sera promené sur les muscles de la fesse, des cuisses, des jambes et des pieds, ainsi que sur les muscles de l'abdomen. Si la contractilité musculaire se réveille, on emploiera consécutivement la faradisation par courant induit. Si aucune contraction ne peut être éveillée, il faudra bien se rendre k l'évidence et considérer l'affection comme incurable; car, dans ce cas, on peut tenir pour certain que la moelle ou les fibres nerveuses motrices sont détruites et atrophiées, ainsi que les muscles paralysés eux-mêmes. Dans ce cas aussi, les excitants internes, tels que la strychnine, la brucine, le seigle ergoté, ne pourront rien. Tl sera inutile d'employer des moyens incapables de faire disparaître des lésions irrémédiables. Il ne restera plus qu'à régler l'hygiène de la malade condamnée à une triste infirmité.