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PÉRITONITE CONSÉCUTIVE

Ulcération de l'appendice iléo-ccecal: péritonite consécutive ; mort.

(Observation recueillie pcar M. Alphonse Herrgott, interne de service.)

(Gazette médicale de Strasbourg 1872.)

M. le professeur Forget termine de la manière suivante son mémoire sur les péritonites par perforation de l'appendice

iléo-coecaH : «Etant donnée une péritonite primitive sans cause déterminante appréciable, on devra considérer comme possible, sinon comme très-probable, la perforation de l'appendice iléo-cœcal. »

L'observation que nous publions montre combien étaient fondées les conclusions de l'éloquent professeur de l'école de Strasbourfi:.

Observation.

La nommée Marguerite Abel, servante, âgée de 17 ans, d'une bonne constitution, régulièrement réglée depuis la quatorzième année , entre le 29 mai 1872 dans le service de M. le professeur Schûtzenberger pour une affection caractérisée comme « douleurs de ventre » .

Elle nous dit qu'après avoir lavé des bouteilles à la pluie, le 27 mai, elle fut subitement prise d'un frisson, suivi de violentes douleurs dans l'abdomen.

^ Mémoires de la Société de médecine de Strasbourg, 1855, t. II, p. 214.

MlL'VDfES DES ORG/VNES DKÎESTIFS.

Le 28, les douleurs étant devenues plus intenses, elle se décide à entrer à l'hôpital le 29 mai.

Dans la nuit du 28 au 29, la malade eut plusieurs vomissements assez abondants.

A la visite, le 29, nous trouvons la malade dans le décubitus dorsal, la respiration normale, la face rouge; le pouls est très-fréquent et assez petit (110). La température est élevée (390,2). Le ventre est très- douloureux à la pression, surtout au côté droit, où la douleur est intolérable; il est légèrement ballonné. L'examen de la poitrine et du cœur ne dénote rien de particulier. Les urines sont normales.

En présence de ce météorisme, de cette sensibilité exaltée, on diagnostique une péritonite généralisée. Mais on se demande quelle est l'étiologie de cette péritonite.

Il y a douze jours que la malade a eu ses règles ; ce n'est donc pas à un arrêt de la menstruation que l'on peut rapporter cette affection. La malade , il est vrai , a lavé des bouteilles à la pluie le jour où elle a ressenti pour la première fois des douleurs dans Tabdomen , mais une péritonite aiguë par refroidissement ne semble pas probable.

Aussi M. le professeur Schûtzenberger, en présence de cette douleur si intense dans le côté droit de l'abdomen , pense que l'ulcération de l'appendice cœcal, distendu par un calcul de nature stercorale , pourrait être le point de départ de cette péritonite.

L'ulcération de l'appendice permettant au liquide contenu dans l'intestin de s'écouler dans le péritoine , a pu provoquer de cette façon une péritonite généralisée.

Vu l'étiologie, le pronostic de cette affection est de la dernière gravité.

Les antiphlogistiques et l'opium à haute dose étant indiqués , on prescrit quatre sangsues sur le ventre et une potion opiacée contenant 10 centigrammes d'extrait gommeux d'opium. La malade ayant été soulagée d'une manière assez remarquable à la suite de ce traitement, six sangsues sont de nouveau ordonnées le 30 mai ; la potion opiacée est portée à 20 centigrammes; de plus, on ordonne l'application de compresses fraîches sur le ventre ; mais ces dernières n'étant pas supportées, on est obligé d'en suspendre l'application. La température est relativement assez basse (380,8) ; le pouls est de 120.

31 mai. Le ventre est toujours ballonné et douloureux. Pas de selles ; le pouls devient plus petit (120).

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