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MALADIES DE L'APPAREIL GÉNITAL

Affection des trompes de Fallope.

{Gazette médicale de Strasbourg 1864.)

Les phlegmasies des trompes de Fallope, leur distension par des produits inflammatoires, constituent des états morbides qui ne sont rien moins que rares; mais ces affections, qui ne donnent d'ordinaire lieu qu'à des manifestations sj^mptomatiques obscures, sont le plus souvent méconnues pendant la vie, et confondues avec la métrite, la périmétrite, ou l'ovarite chronique.

L'inflammation chronique des trompes est la cause fréquente de certaines péritonites partielles qui se développent dans la profondeur du bassin. Ces péritonites, à la suite desquelles se produisent des adhérences intimes entre l'extrémité libre des trompes et les ovaires, empêchent l'extension ultérieure de l'inflammation, et peuvent la circonscrire dans la cavité même de la trompe. Les produits inflammatoires ne se déversent que difficilement par l'orifice utérin des oviductes malades. Alors même que l'orifice interne n'est pas oblitéré, le canal de la trompe qui traverse l'utérus ne se prête pas à une distension, tandis que la partie extra-utérine de la trompe cède et se distend facilement; la membrane interne tuméfiée empêche encore le reflux des liquides, qui dès lors s'accumulent et distendent de plus en plus la cavité de l'oviducte.

MALADIES DE l'API'AKEIL GÉMTAL.

Des abcès comme enkystés peuvent ainsi se produire et exister pendant longtemps sans accident grave, mais souvent aussi ils deviendront le point de départ d'inllammation nouvelle. En s'ouvrant dans la cavité péritonéale, ils peuvent produire des péritonites aiguës et la mort. On comprend aussi que des abcès de ce genre peuvent se vider dans le rectum ou dans le vagin, et amener ainsi une guérison plus ou moins radicale.

C'est à l'appui de ces réflexions que je rapporte l'observation suivante dont j'ai pu suivre toutes les phases d'évolution clinique. L'autopsie de la malade nous a permis de constater l'enchaînement étiologique des lésions ; vous les apprécierez par l'inspection de la pièce que j'ai l'honneur de vous présenter.

Observation.

Marie Vigano, âgée de 36 ans, mariée sans enfants, d'une constitution robuste et d'un tempérament sanguin, fut affectée pour la première fois d'une maladie aiguë inflammatoire de la matrice ou des organes génitaux internes en 1854. Cette affection était caractérisée par des douleurs vives dans la région hypogasfrique , avec irradiation dans les fosses iliaques , des métrorrhagies assez abondantes , suivies d'écoulement leucorrhéique. Cette maladie dura près de cinq mois, et guérit en apparence sous l'influence de bains de siège, d'injections émollientes, de repos et de frictions mercurielles à l'hypogastre.

Le 4 décembre 1856 , à la suite de refroidissement et de fatigues , retour des douleurs dans la région hypogastrique , s'irradiant dans la région iliaque gauche, ménorrhagie de quinze en quinze jours depuis cette époque. Traitée en ville par des pilules mercurielles laxatives , la malade eut une salivation qui dura près de quinze jours. Son état local s'étant aggravé, elle entra à la clinique le 4 février 1857. Le 5 février, l'examen de la malade constate l'état suivant :

Décubitus dorsal, face rouge, exprimant la souffrance, température à 39 degrés , pouls à 95 (fièvre inflammatoire).

Douleur vive à la région hypogastrique et iliaque gauche irradiant

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