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AFFECTION DES TROMPES DE FALLOPE

jusque dans la cuisse du même côté ; envies fréquentes d'uriner, constipation depuis plusieurs jours.

Au toucher :

lo Col utérin dans sa position normale , conique, sans augmentation de volume , sans chaleur^ indolent.

2° Par contre , le segment inférieur de l'utérus plus volumineux, surtout en arrière ; dans le cul-de-sac vaginal postérieur, empâtement diffus, très-douloureux au toucher. En appliquant la main gauche sur l'hypogastre et en comprimant le fond de l'utérus, on constate que la tumeur vaginale est en connexion intime avec la matrice (périmétrite). Sous l'influence d'applications répétées de sangsues , de cataplasmes , de lavements émollients et de calomel à dose réfractée, les accidents inflammatoires se calment peu à peu, après plusieurs recrudescences caractérisées par le retour des douleurs et de la fièvre.

Jusqu'au 16 février la médication antiphlogis tique avait été continuée. Selon l'intensité des douleurs , on avait appliqué des sangsues tous les deux ou tous les trois jours, et le calomel avait été poussé jusqu'à salivation.

Les phénomènes fonctionnels et la fièvre ayant cessé , on procède à une nouvelle exploration ; elle constate les changements suivants :

4° Par la palpation de la région hypogastrique , l'existence d'une tumeur diffuse qui paraît appartenir au corps de la matrice; la pression y provoque encore de la douleur, mais peu intense.

2o Par le toucher rectal , tumeur arrondie, assez dure, faisant saillie dans la cavité.

3° Par la palpation hypogastrique unie au toucher rectal , on constate, par une espèce de ballottement en masse, la connexion de cette double tuméfaction.

L'état de la malade reste satisfaisant jusqu'au 21 février, époque à laquelle surviennent du ténesme et de la diarrhée; la malade rend par les selles des matières d'un brun sale , contenant du pus en plus ou moins grande quantité. Sous l'influence de cette évacuation, l'amélioration fait des progrès rapides, la douleur ne revient plus, la tumeur hypogastrique a disparu, ainsi que la tuméfaction vaginale. Par le toucher rectal on constate encore quelques bosselures indolentes. Le 5 mars, c'est-à-dire un mois après son entrée, la malade sort, en apparence guérie, du service clinique.

MALADIES DE l'API'AUEIL GÉNITAI,.

Suite de l'Observation.

Jusqu'au mois de septembre 1863 l'état de la malade est assez satisfaisant, la menstruation est restée régulière quant aux époques, mais elle avait toujours été accompagnée de douleurs plus ou moins vives nécessitant pendant plusieurs jours le repos au lit.

L'écoulement sanguin durait quatre jours, était abondant et quelquefois ménorrhagique.

Le 46, sans phénomènes prodromaux particuliers, cette femme fit un effort violent pour soulever un panier pesant. Elle ressentit instantanément une douleur très-vive dans la région hypogastrique et dut s'aliter immédiatement; un écoulement sanguin assez abondant, hémorrhagique , se manifesta simultanément. Il survint des frissons répétés, suivis de chaleur, soif ardente, nausées, vomissements, sensation de pesanteur vers le bassin , ballonnement et endolorissement général du ventre.

Malgré l'application de dix sangsues et de cataplasmes émollients , l'état s'aggrave rapidement.

Le 22 , la malade rentre à l'hôpital au service de M. le professeur agrégé Hecht. L'examen de la malade constate les symptômes graves d'une péritonite suraiguë.

Faciès hippocratique , cyanosé, lèvres violacées, joues plaquées, abattement profond, extrémités froides, pouls petit, faible, trèsfréquent, soif intense , nausées, vomissements bilieux, constipation. La douleur spontanée est peu intense. A la palpation, l'abdomen est empâté dans toute la région inférieure, jusqu'à quatre travers de doigt au-dessous de l'ombilic. Le reste du ventre est un peu ballonné; la sonorité, tympanitique dans les régions supérieures, est mate dans les régions déclives.

Au toucher, l'utérus est un peu descendu , plus difficile à soulever, le col dévié à gauche , écoulement sanguin vaginal peu abondant.

Affaissement progressif, délire pendant la nuit, refroidissement des extrémités, mort le 27.

Autopsie, trente-six heures après la mort.

A l'ouverture de l'abdomen, traces de péritonite pariétale intense, caractérisée par des exsudats pseudb- membraneux et puriformes.

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une injection vasculaire par plaques, et même de petites suffusions sanguines. L'inflammation est plus intense dans les régions inférieures du ventre.

Les intestins grêles et le gros intestin ne forment qu'une seule masse recouverte depuis l'ombilic jusqu'au bassin d'une couche de matière plastique et purulente, jaune verdâtre. Ce produit inflammatoire remplit les intervalles qui existent entre les circonvolutions et les agglutine de manière à en former une seule masse. La matière plastique et purulente est plus abondante au-dessous de l'ombilic, et vers la profondeur du bassin existent de véritables collections de pus liquide, exhalant une odeur fétide. En détachant avec soin le canal intestinal , on reconnaît l'intégrité complète du tube digestif, seulement la partie tout inférieure du rectum est adhérente par d'anciennes fausses membranes fort épaisses et très-dures aux tissus péri-utérins.

Les intestins enlevés, on constate une augmentation notable du volume du corps de l'utérus. Des deux côtés à droite et à gauche , les trompes ont chacune le diamètre d'un intestin grêle, leur longueur a plus que triplé, et chacune d'elles forme une sorte de circonvolution avant de plonger dans la profondeur du bassin.

Du côté gauche, adhérence complète entre l'ovaire et la trompe volumineuse, mais plus affaissée que celle du côté opposé. A la face postérieure , au point même où l'ovaire et la trompe sont intimement adhérents et à peu près confondus, existe une ouverture à bords ulcérés, déchiquetés, noirâtres, qui conduit dans la cavité même d'un abcès de la trompe.

Les parois de la trompe abcédée sont épaisses comme celles d'un intestin, la surface externe est lisse, la surface interne est comme veloutée. Une certaine quantité de matière puriforme, gris sale, est contenue dans l'abcès , une autre partie est épanchée au dehors dans la cavité péritonéale et mêlée avec les produits de la péritonite.

A droite , l'oviducte est plus distendu qu'à gauche , fluctuant , et présente exactement l'aspect et la forme d'un intestin grêle, distendu par du liquide ; les parois sont épaissies ; à l'incision il s'en écoule une quantité notable de pus jaune et crémeux. La trompe et l'ovaire sont confondus au point que ce dernier organe ne peut être reconnu que par un certain degré d'épaississement des parois de foyer, existant à 2 centimètres du bord correspondant de la matrice.

MALADIES DE l'API'AHEIL GÉNITAI..

Du côté droit, aucune trace de perforation.

Après l'incision de l'utérus on peut faire cheminer deux soies de sanglier par l'orifice interne des trompes jusque dans les foyers des oviductes abcédés; mais en cherchant à faire la même opération du dehors en dedans , on ne réussit plus à trouver l'orifice externe.

Le corps de l'utérus est légèrement augmenté de volume, mais sa cavité et la surface interne de la matrice n'offrent point d'altération notable.

11 n'en est pas de même de la cavité et des parois du col. Ces parois représentent des traces manifestes d'une hyperémie ancienne , caractérisée par une teinte ardoisée et un certain degré de ramollissement de la muqueuse. La face externe du col n'offre du reste point d'altération.

En récapitulant la longue histoire de cette maladie, on peut reporter à 185/|. le commencement de l'affection à laquelle cette femme a succombé. C'est à cette époque qu'elle fut atteinte pour la première fois des symptômes d'une inflammation aiguë dans la profondeur du bassin. La connexion de cette phlegmasie avec les organes génitaux internes se révèle par le siège des douleurs, par les ménorrhagies concomitantes et la stérilité de la malade. Cette première inflammation s'est sans doute terminée par l'oblitération des orifices frangés, leur adhérence avec les organes voisins, et la distension consécutive des trompes.

A plusieurs années de là, une nouvelle inflammation, plus grave que la première, se développe dans les tissus péri- utérins ; l'examen clinique constate tous les signes d'une périmétrite grave, qui se termine par suppuration et par ouverture de l'abcès dans le rectum. Une nouvelle guérison apparente se produit; l'inflammation se circonscrit et reste localisée et chronique dans les oviductes.

Des années se passent, pendant lesquelles la malade, frappée de stérilité^ éprouve, à chaque époque menstruelle, les

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symptômes de la dysmeniiorrhée. Cet état se prolonge jusqu'au moment où, sous l'influence d'un eft'ort, l'abcès tubaire gauche se rompt dans la cavité péritonéale; alors éclatent les symptômes de péritonite ultime qui se généralise et entraîne la mort de la malade.

Si nos inductions sont exactes, elles prouvent que les lésions tubaires, tout en restant longtemps latentes, n'en constituent pas moins un état fort grave, un danger imminent, qui, pour se produire, n'attend qu'une cause occasionnelle, souvent insignifiante.

Du point de vue pratique il est difficile cependant de songer k autre chose qu'à une médication palliative et à un pronostic réservé, toutes les fois que des accidents successifs de périmétrite peuvent faire craindre une lésion analogue à celle dont je viens de rapporter un exemple. En vue d'assurer le diagnostic, ne pourrait-on pas, dans des cas de ce genre, pratiquer à travers le vagin une ponction exploratrice ? Si la ponction amenait du pus, en donnant issue au produit morbide, on pourrait éviter le danger des perforations internes.

GLLGOSUKIE.

ObserTation de glucosurie suivie de guérison.

{Gazette médicale de Strasbourg 1853.)

La glucosurie, pour être convenablement observée et traitée, exige des moyens d'investigation spéciaux, qui ne sont pas toujours à la portée du praticien. L'analyse chimique de l'urine, en elfet, l'analyse faite jour par jour, ou du moins à des époques très-rapprochées, peut seule fournir les données nécessaires à l'appréciation de la marche de la maladie, de l'influence du régime et des effets thérapeutiques de la médication employée. M. Hepp, pharmacien en chef de l'hôpital civil, a eu l'extrême obligeance de poursuivre, pendant plus d'une année, l'analyse journalière de l'urine d'une malade traitée à la clinique médicale pour un diabète sucré. Ces analyses nous ont permis de suivre, avec une exactitude rigoureuse, la marche de la maladie et l'influence de la médication. J'ai pensé que le résumé des faits constatés par notre savant et laborieux collègue, rapprochés du résultat de l'observation clinique, offrait assez d'intérêt pour être communiqué à la Société de médecine.

Marie Gléebourg, de Schirmeck, journahère laveuse, âgée de lil ans, d'une constitution peu robuste et d'un tempérament mixte, avait toujours joui d'une bonne santé. Mariée et bien réglée, elle était devenue mère à 37 ans. Son enfant mourut à l'âge de k mois d'une affection aiguë.

Habitant un logement bas, mais non humide, dans une vallée des Vosges très-salubre, elle se nourrissait habituellement de pommes de terre, de lait, de légumes grossiers;

/l94 MALADIES DE l' APPAREIL URINAIRE.

rarement elle mangeait de la viande et ne prenait qu'exceptionnellement du vin.

Vers le mois de juin 1851, et sans cause occasionnelle connue, Marie Gléebourg s'aperçut d'une diminution progressive de ses forces et de son embonpoint. Le travail devint pénible et fatigant, sans autres symptômes de maladie qu'une soif inexplicable, une notable augmentation de la sécrétion urinaire et une faim vorace, qui rendait tout à fait insuffisante la quantité d'aliments que des ressources très-bornées permettaient à cette pauvre femme de se procurer. Lors de l'apparition de ces symptômes, elle ne se croyait pas malade, et ce n'est qu'en se voyant sensiblement dépérir qu'elle se décida enfin, après plusieurs mois, à consulter un médecin.

M. le docteur Bedel fils, après avoir examiné les urines, reconnut l'existence d'un diabète sucré.

Dans l'impossibilité de traiter la malade chez elle , notre honorable confrère nous l'adressa.

Le 10 novembre 1851, quatre mois après l'apparition des premiers symptômes, elle fut admise à la clinique médicale de la Faculté, salle /i8, n» 13.

A son entrée on constata les phénomènes suivants : amaigrissement prononcé; chairs flasques; teint généralement pâle, avec capillaires veineux des joues injectés et dilatés; faiblesse musculaire très-grande ; la malade cependant peut se lever, mais le travail soutenu est impossible. Soif incessante, faim vorace; digestion et selles normales. Rien du côté de la respiration ; pouls régulier, de fréquence normale, peu développé. Galorification normale ; seulement la malade est plus sensible au froid. Urines abondantes. Peau sèche; suppression de toute transpiration. Prurit général, se manifestant par accès, surtout le soir.

Du 11 au J/| novembre, la malade est soumise à l'obser-

GLUCOSURIE.

vation, sans traitement et sans régime réglé. Elle consomme deux portions de pain de 250 grammes, deux portions de viande et des légumes. L'urine, examinée dans ces conditions, offre les qualités résumées dans le tableau suivant; sa quantité ne dépasse pas celle des boissons :

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