‹ Fragments d'études pathologiques et cliniquesChapitre 34 sur 56 · DIFFICULTÉ DE LES APPRÉCIER · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉ DE LES APPRÉCIER

La famille s'était habituée à cet état de choses, quand au printemps 1864, quatre semaines avant l'entrée de la jeune femme au service , des faits d'un autre genre émurent nonseulement les habitants de la maison, mais encore tout le village et les environs.

Le mari, la grand'mère, les enfants et la femme, dit-on, étaient partis à 7 heures du matin pour aller travailler aux champs, situés à une lieue. du village.

Quel ne fut pas l'étonnement du mari lorsque le soir, à son retour, il vit, en franchissant le seuil du logis, l'armoire grandement ouverte et vide de tout le linge et habits qu'ell renfermait.

On crut à un vol , mais on ne tarda pas à retrouver tous ces effets renfermés dans un sac caché au milieu du foin. Les effets furent réfnstallés. Le lendemain, à 7 heures du soir, le mari ouvre l'armoire pour prendre de l'argent. Cette fois-ci la stupéfaction fut extrême, tout le linge qui avait été la veille :si étrangement introduit dans un sac se trouvait coupé, incisé len tous sens. Jupes, fichus, bonnets, draps de lit, habits, tout ; avait été tailladé par une main inconnue.

Deux jours après, à 5 heures du matin, le mari, qui s'était icouché sur un simple matelas k côté du lit où dormaient sa t femme et sa grand'mère, se réveille en sursaut; il était cou- •vert, enfoui sous des plumes. La même main invisible avait i incisé le plumon et en avait éparpillé le contenu.

Les jours suivants, des scènes analogues se reproduisirent. iXantôt c'était un soulier coupé, tantôt un habit mis en pièces; lun autre jour les poils qui garnissent l'extrémité de la queue i-ide la vache et du veau sont nettement tranchés, mis dans un ^verre, arrosés d'huile, et placés en évidence sur la table à côté id'une inscription burlesque, et, disons-le, d'une grossièreté ilelle, qu'elle serait désavouée même par un esprit démoniaque.

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Tous ces faits étranges avaient attiré la foule, une vingtaine de personnes étaient réunies dans la chambre ensorcelée, quand tout à coup le public voit tomber les magnifiques tresses blondes qui garnissaient la tête delà jeune femme C... ; elles en avaient été tranchées par la même main invisible.

La famille abandonne de nouveau la maison paternelle, mais les mêmes scènes se reproduisent dans le nouveau domicile. Le soir même, les habits du mari, gilet, pantalons et camisole, se trouvent incisés en tous sens; tout le linge de l'armoire se retrouve maculé de boue et de jaune d'œuf. Nous passons bon nombre de scènes du même genre, signalant la grossièreté et la pauvreté d'invention de l'esprit malin. Ajoutons seulement que la femme G.... avait fréquemment des attaques convulsives sans perte de connaissance. Les convulsions se produisaient surtout quand elle s'approchait de son ancien domicile. La description de ces convulsions ne coïncide pas avec la physionomie symptomatique de l'hystérie, de l'épilepsie ou de la chorée. Le désordre commença à se produire dans les intelligences surexcitées des voisins et amis ; l'autorité locale, bien inspirée, se décide à solliciter le mari d'envoyer sa femme à Thopital de Strasbourg; elle est admise à la salle 48, service de la clinique médicale. *

C'est une jeune femme bien constituée, d'un tempérament lymphatique, mais impressionnable; elle est enceinte et au quatrième mois de la grossesse. Toutes les fonctions s'exécutent régulièrement ; elle offre toutes les apparences d'une santé parfaite; son intelligence paraît intacte; elle répond sans embarras et avec précision à toutes les questions qu'on lui adresse; elle déplore les accidents dont elle et sa famille sont affligées.

Ces accidents sont attribués à une puissance occulte qui 1 a choisie pour victime. Elle est convaincue que sa famille n a rien à craindre tant qu'elle-même sera éloignée.

DirriGULTÉ DE LES APrilÉCIlill.

Pendant le sommeil, la femme G.... prétend entendre par- Ibis des voix qui lui parlent et qui la menacent. Son regard a quelque chose de fixe et d'étrange. On dirait qu'elle est incessamment occupée d'une pensée intime qu'elle ne manifeste pas.

Mise en observation et traitée avec douceur , la malade se montre intelligente et docile. Aucun médicament n'est adujinistré ; seulement la malade est gardée à vue, et l'on cherche à l'occuper incessamment et régulièrement. Elle reste ainsi plusieurs semaines au service, sans qu'aucun acte, aucun symptôme extraordinaire se produisent. Dans la maison et au village la tranquillité a reparu, les esprits se sont calmés. Enfin la femme G.... retourne dans sa famille. Je n'ai pas appris que depuis des scènes nouvelles de sorcellerie se soient reproduites.

En présence de ce fait personne ne sera tenté, je pense, d'admettre l'influence de causes occultes, encore moins d'agents surnaturels; mais qu'un fait de ce genre se produise dans un milieu social obscurci par les ténèbres de l'ignorance et de la superstition, et vous verrez immédiatement les esprits faibles et sans défense entraînés, subjugués par l'apparence du merveilleux. La contagion morale évoquera infailliblement une succession de sorciers et de sorcières. N'a-t-on pas vu, jusque dans ces derniers temps, la démonomanie se manifester en Savoie et ailleurs sous forme d'épidémie circonscrite, et sommes-nous bien assurés qu'il ne s'en reproduira pas d'autre du même genre en plein dix-neuvième siècle ? Sans doute nous ne verrons plus,T.à l'occasion de ces faits, ce qui s'est vu jusque dans les temps de Louis XIV; nous ne verrons plus d'horribles procès, de hideuses exécutions, de sanglantes mystifications judiciaires. Mais si la sorcellerie tragique a terminé son évolution humanitaire, la sorcellerie comique continue ses mystifications dans le grand et dans le petit monde.

l'ilTS li.VrUAOUDINAlUES JiJ\ MÉDIiClMi.

Lesomnaiiibulisme, le spiritisme, les médiums, les tables loui nantes et parlantes, les guérisons miraculeuses de l'homéopathie, et bien d'autres pratiques plus ou moins mystérieuses, ne sont-elles pas à l'ordre du jour? On pourrait s'en affliger; mais tout compte fait, il vaut mieux en rire; seulement il ne faudrait pas rire uniquement des aberrations d'esprit de quelque paysan attardé en fait de civilisation. La crédulité, l'ignorance, la superstition des salons, pour être plus prétentieuses , ne sont pas beaucoup plus respectables.

Je vous demande pardon de cette digression. Il n'est pas toujours facile de réprimer un sourire; mais n'oublions pas qu'en présence de faits de ce genre nous avons une mission plus sérieuse à remplir, celle de les soumettre à une analyse critique , et de les interpréter d'après les données de la science.

Le fait clinique que j'ai rapporté est en apparence bien simple, et chacun de vous l'a facilement dégagé de toute enveloppe merveilleuse. Il soulève néanmoins certaines questions dont la solution paraît moins facile.

Que la femme G.... ait été elle-mêrne l'auteur des actes de sorcellerie dont elle se disait être victime, cela n'est pas douteux ; nulle autre main que la sienne n'a pu couper, à son insu, sa belle chevelure blonde. La section s'est faite au préalable et la chute des tresses, coram populo. De toutes les autres circonslances convaincantes, celle-ci est la plus évidente ; elle suilit pour révéler l'auteur.

Nous avions donc évidemment à traiter une malheureuse atteinte d'une étrange aberration mentale. Était-ce une simple monomanie? On serait tout d'abord tenté de le croire. Il parait, en effet, difficile d'attribuer aux actes de cette femme, qui lèsent profondément son propre intérêt et celui de sa famille, un autre mobile qu'une impulsion instinctive pervertie, demi-

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nant complètement l'esprit de la malade. Mais catte impulsion elle-même, de quelle nature était-elle ?

Était-ce une simple monomanie de destructivité? Je ne le pense pas. 11 y a dans cette histoire des détails et des faits qui signalent une autre origine.

Les actes de destructivité sont ici accomplis dans un but déterminé, celui de faire croire à l'existence d'une puissance occulte, à des influences de sorcellerie. L'imagination se pervertit facilement par les histoires que l'on raconte à la veillée. Et quand cette surexcitation coïncide avec l'impulsion instinctive qui pousse la jeune paysanne de .13 ans à jouer un rôle dans le monde en employant ses facultés naissantes, elle peut très-bien concevoir le rôle de sorcière et, jeu d'enfant, s'amuser à faire un peu l'esprit malin.

Le rôle, une fois conçu, devient amusant. On s'y complaît, il se transforme en manie. C'est là l'explication naturelle de ce qui s'est passé au début de cette histoire. Plus tard, et sous l'influence de causes difficiles à déterminer, probablement sous l'influence d'un état morbide momentané, les hallucinations du moins semblent l'indiquer, la même série de combinaisons psychiques reparaissent, mais cette fois le rôle est conçu plus en grand, et l'on se plaît à mystifier le mari, la famille et tout le village. L'intérêt domestique est dominé par cet état passionnel perverti, qui devient, si je puis dire, monomanie. La raison cependant n'est nullement anéantie. Les actes sont médités, préparés, exécutés avec une rare adresse, on sait sans doute que l'on fait mal, la passion domine la volonté; mais la malade use de toute son intelligence pour ne pas se laisser surprendre en flagrant délit. Si l'esprit d'invention est pauvre, la ruse ne fait pas défaut.

Jusqu'à quel point peut-on et doit-on admettre dans ce cas l'irresponsabilité ? C'est une question bien difiicile à résoudre.

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Cependant il me semble que, s'il y a beaucoup d'entraînement, il n'y a pas ici d'impulsion instinctive absolument irrésistible. Le fait est que le séjoin^ k l'hôpital a été des plus salutaires, et que , sans punition, sans coercition, la jeune femme égarée a fini par comprendre, sans l'avouer toutefois, les inconvénients de sa démonomanie.

Il existe dans les profondeurs de l'esprit humain une autre puissance passionnelle analogue dont les impulsions déviées peuvent produire les actes les plus étranges, les plus singulières aberrations, et partant , des faits biologiques en apparence les plus extraordinaires. C'est le besoin instinctif d'attirer et de fixer l'attention , non en jouant un rôle occulte, mais en se mettant soi-même en scène. Chez l'homme il peut conduire à la monomanie ambitieuse, à des actes d'excentricité et même de perversité étrange. Chez les enfants cette tendance est la source de bien des simulations. Dans la vie psychique de la femme , cette même impulsion passionnelle joue un rôle prépondérant. Quand elle s'exerce dans des conditions ordinaires, elle produit le goût souvent exagéré de la parure, du luxe et de l'élégance, elle préside à la coquetterie, à une foule d'excentricités plus ou moins bien entendues, très-appréciées dans le monde, mais parfois aussi fort dangereuses pour le bonheur des ménages. Cette passion peut conduire bien loin, alors même qu'elle suit une direction relativement normale, ne faisant appel qu'aux moyens ordinaires et naturels mis à la disposition des femmes. Mais quand ces moyens ordinaires ne lui sutfisent pas , quand l'imagination pervertie s'en mêle , les plus singulières aberrations peuvent se produire. Certaines de ces aberrations se rapprochent et paraissent absolument s'identifier avec l'aliénation mentale, d'autres s'en éloignent notablement. Il existe dans certains cas un tel mélange de folie et de raisonnement juste, de

DIFFICULTÉ DE LES ArPHÉGIER.

conscience, de préméditation et de ruse, qu'il est très-ditïicile d'établir, d'une manière générale , le degré de responsabilité morale. Il n'est presque pas de médecin qui n'ait été victime ou dupe, observateur et juge de faits de ce genre. Leur variété de forme est infinie. Le plus souvent ce sont des phénomènes nerveux extraordinaires, des états de somnambulisme, de lucidité, de léthargie, de convulsion, de spasme, de névralgie simulés. Les femmes hystériques, qui certainement souffrent et souffrent beaucoup, ont, comme les hypochondriaques , l'irrésistible tendance d'exagérer le mal réel, d'en simuler, et d'en signaler journellement une foule d'autres imaginaires. Tl faut plus que des moyens d'investigation physiques pour ce genre d'analyse clinique. Bien habile est celui d'entre nous qui n'a pas été plus d'une fois mystifié par ses malades.

Il y a un certain nombre d'années, un de nos honorables confrères d'une petite ville avait à traiter une malade accusant une douleur intolérable dans un point circonscrit du crâne. C'était, disait-elle, une douleur térébrante, analogue à celle produite par un insecte introduit sous la peau. Cette idée prit racine dans son esprit ; elle chercha à faire partager sa conviction, qui fut naturellement rejetée. On essaya sans succès bien des remèdes. La malade revenait incessamment sur la cause de son mal, elle était convaincue de l'existence d'un animal vivant, sous la peau du crâne. Elle fit l'impossible pour faire partager sa conviction , demandant avec tant d'instance qu'une incision fût pratiquée, que finalement le médecin y consentit. On espérait sans doute que la petite opération pourrait exercer une heureuse influence morale. L'incision, faite en présence d'un confrère, ne fit rien découvrir d'extraordinaire ; la malade affirma toujours sentir l'animal dans la plaie, et demanda à y porter le doigt ; elle le fil, et ramena, écrasé sous l'ongle, les débris informes d'un insecte. Ces débris, en-

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voyés à l'un de nos collègues, étaient les restes mutilés d'un mille-pieds. Gomment cet animal , qui ne peut vivre sous la peau, a-t-il été extrait de la plaie? La question a dans le temps été sérieusement disculée et résolue, comme vous pensez bien, dans un sens nullement miraculeux.

Une autre fois c'est une fille qui prétend avoir avalé, avec de l'eau, des têtards ou des œufs de grenouille. Au bout de quelque temps elle sent ces animaux, éclos ou grandis, se mouvoir dans son ventre. On en rit, mais finalement il fallait bien y croire; car, en pleine église, la malade, prise de vomissements, rejette des grenouilles qui sautillent bravement dans le sanctuaire. Je me suis laissé dire que le bon curé a fait avouer k la malade sa supercherie. D'autres m'ont affirmé que le maître d'école, bien avisé, a fait l'autopsie d'une grenouille dont l'estomac contenait des débris d'insectes.

Une autre malade, qui disait souffrir d'une céphalée intense, tirait, et cela plus d'une fois en présence du médecin, des corps vermiculaires par les narines. On ne savait dans quelle catégorie d'entozoaires ou de produits morbides les classer. Un échantillon fut envoyé à l'un de nos savants collègues, à M. le professeur Kûss, qui reconnut, par l'analyse histologique, que c'étaient des débris de vaisseaux et de tendons provenant d'une fabrique de colle-forte. La malade les introduisait dans le nez, dans quel but ? Affaire d'analyse psychiatrique.

Si , dans les cas de ce genre , la mise en évidence de la fausseté matérielle du fait est facile, il n'en est plus de même quand il s'agit d'autres phénomènes biologiques extraordinaires, mais à la rigueur possibles. Les névroses simulées ne sont pas toujours faciles à distinguer des perturbations nerveuses réelles. Plus d'une fois même, des anomalies de sécrétion possibles, mais rares, sont produites artificiellement par

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des malades qui cherchent k attirer, à fixer l'altenlion de leur médecin, des parents et des amis.

Vous connaissez tous, Messieurs, l'histoire de la combustion spontanée. Dans le dernier siècle et jusque dans des temps très-rapprochés, la possibilité du phénomène était généralement admise. La chimie n'était pas assez avancée pour faire admettre comme absolument contraire aux lois de la science, le fait d'un organisme devenu, sous certaines influences et plus spécialement par suite d'alcoolisme, inflammable à l'instar de la poudre-coton. Un grand nombre d'histoires plus ou moins merveilleuses avaient été mises en circulation. Ces faits étaient acceptés comme vrais; ils l'étaient aussi en tant que des individus avaient été trouvés morts et plus ou moins brûlés, sans que l'on piit trouver dans les conditions extérieures l'explication facile ou évidente de ces combustions. On crut donc devoir les attribuer à une propriété occulte de la matière organique elle-même, devenue combustible au point de s'enflammer au contact d'une bougie, d'une lampe ou d'un foyer. Bientôt les progrès de la chimie organique ne permirent plus de croire à cette étiologie merveilleuse, faite pour séduire l'imagination du vulgaire. Les savants finirent par où ils auraient dû commencer. On soumit à une critique plus sévère les histoires de] combustion spontanée consignées dans les archives de la science. Cette critique mit en évidence la légèreté avec laquelle on avait admis les faits qui servaient de base expérimentale à toute cette doctrine. Les uns ne reposaient que sur des o)i dit, d'autres étaient évidemment controuvés, d'autres étaient manifestement passibles d'une interprétation beaucoup plus simple et plus naturelle. Pas un seul ne put être présenté avec les garanties de certitude exigées par une méthode scientifique plus sévère. Dès lors la biologie put se dispenser de discuter les hypothèses formulées sur les

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causes occultes de la combustibilité ou plutôt de rinHammabilité de la matière organique ; elle attend et attendra toujours, sans doute, que cette nouvelle propriété de l'organisme vivant de s'enflammer lui-même au contact d'un foyer incandescent ou de s'enflammer spontanément, soit elle-même démontrée.

Une histoire fort analogue est celle de la chromhydrose et de la chromocrinie. Le fait est possible ; mais a-t-il été réel dans tous les cas rapportés comme tels ? Quand en 1861 M. Le Roy de Mirecourt, de Brest, adressa à l'Académie impériale de médecine un mémoire sur la chromhydrose, M. Gibert, dans son rapport, dit que l'on pouvait bien discuter l'origine et la nature de la maladie, mais que son existence ne saurait être mise en doute. Nous admettons que Tacadémicien rapporteur n'ait pas été mystifié, mais il est certain que plus d'un médecin l'a été depuis. C'est ainsi que le docteur Spring, de Liège, rapporte l'histoire d'une jeune fille de 15 ans présentant tous les caractères de la chromhydrose. La coloration bleu noirâtre du la paupière inférieure avait été constatée par lui et par d'autres médecins. Effacée, elle s'était reproduite sous leurs yeux. Les confrères ne doutaient plus de l'existence réelle de la maladie, quand le docteur Spring eut l'idée d'enduire la paupière inférieure de collodion. Le résultat fut démonstratif. La coloration se reproduit encore, non au-dessous, mais au-dessus de la couche de collodion.

Les docteurs Gubler et Dechambre ont fait des expériences décisives qui signalent les cils de la paupière supérieure enduits de kohueil ou de pyromée, comme le pinceau coloriant delà chromhydrose simulée. On sait que certaines dames colorent avec ces cosmétiques le bord des paupières, afin de rendre le regard plus provoquant. Cette pratique peut donner lieu involontairement à la chromhydrose ou la produire dans un but de simulation. Avis aux praticiens. Il est singulier que

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