MALADIES RÉGNANTES
possible ni tendance scientifique sérieuse, ni pratique rationnelle.
Les recherches anatomo-pathologiques ont servi constamment de contrôle au diagnostic ; elles ont permis souvent de mieux établir la valeur des phénomènes observés pendant la vie ; les inexactitudes, les erreurs môme qui ont pu être commises, sont devenues une source d'instruction.
L'autopsie de tous les malades que nous avons perdus a été faite, avec tout le soin désirable, par nous-meme et par nos internes de service, souvent en présence des élèves; toujours les pièces préparées ont été représentées dans les conférences cliniques et souvent ont fourni le sujet de nos leçons.
Des observations microscopiques et chimiques ont été instituées toutes les fois qu'une question scientifique ou pratique soulevée pouvait attendre quelque lumière de ce genre de recherche. M. Michel, chef des travaux anatomiques, M. Kœberlé, prosecteur, et M. Hepp, pharmacien en chef de l'hôpital, nous ont souvent prêté le secours de leur habileté et de leur expérience spéciale.
Tels ont été les éléments de l'enseignement clinique pendant le semestre d'hiver.
Quant au résultat de nos observations et de notre pratique, je l'exposerai en face des idées scientifiques qui nous dirigent, me réservant d'insister d'une manière plus spéciale sur quelques-uns des faits les plus intéressants offerts à notre étude.
Maladies régnantes.
En jetant un coup d'œil général sur le tableau des afieclions observées pendant le semestre d'hiver, nous constatons
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que sur 35/|. malades, traités depuis le 1'' novembre au 1'' avril , les phlegmasies aiguës des organes respiratoires se sont présentées dans la plus forte proportion ; nous comptons en effet 48 cas de pneumonie, 6 pleurites et 19 bronchites; soit 63 alï'ections inflammatoires de poitrine, ou le cinquième du total des maladies observées. Les inflammations des autres organes étaient relativement rares ; c'est ainsi que nous comptons 2 cas d'angine, 6 méningites aiguës, 7 rhumatismes articulaires, h péritonites, 3 hépatites, 3 érésipèles.
La prépondérance des phlegmasies des voies aériennes , et surtout celle des pleuropneumonies , s'explique par l'influence du froid rigoureux et prolongé, tantôt sec, tantôt interrompu par des tourmentes de neige. C'est aussi la même influence atmosphérique qui sans doute a engendré un certain nombre de méningites aiguës, affection généralement assez rare, qui d'ordinaire ne se présente qu'une ou deux fois par semestre.
La fièvre typhoïde dothinentérique a régné pendant tout l'hiver; elle a fourni un contingent de /il malades, à peu près le huitième du chifi're total (35/|.) des cas observés.
Mais si la fièvre typhoïde a été très-fréquente, elle ne s'est manifestée heureusement que sous des formes assez bénignes ; en effet, sur /il cas traités à la clinique, nous ne comptons que 2 morts, soit 1 sur 20. Ce chiffre est tout à fait exceptionnel. D'ordinaire le contingent de la mortalité fourni par la fièvre typhoïde est notablement plus élevé. En i853-185/i. il a été de 1 sur 5 ; en 1852, «de 1 sur 6. La faible mortalité de cette année ne saurait être attribuée au traitement seul , car il a élé dirigé d'après les mêmes principes que les années précédentes ; mais la fièvre typhoïde est une de ces affections dont la gravité offre, selon le temps, les plus singulières oscillations. Il en est d'elle comme des fièvres éruptives, malignes