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MALADIES DU COEUR

Le cœur droit n'est pas dilaté ; le ventricule est comme perdu dans l'épaississement du cœur gauche.

L'artère aorte offre quelques plaques athéromaleuses jaunes non ramollies, quelques plaques jaunes à l'orifice de l'artère carotide gauche.

Reste d'épanchement séreux dans la plèvre droite (1/2 litre). Les poumons et les autres organes sont sains , à l'exception de la rate , qui présente deux petits infarctus cunéiformes , jaunes , durs et déjà anciens.

La disposition de la concrétion crétacée de la valvule aortique était de telle nature, que des parcelles de matière ramollie ont dû nécessairement être entraînées par le courant sanguin; sa surface était rugueuse, grenue, et semblait avoir été entamée. Que deviennent des corpuscules de ce genre, mêlés avec le sang artériel? Evidemment ils ne peuvent pas traverser les vaisseaux capillaires; mais, s'ils s'y arrêtent, ils les obturent. Or, d'un côté, nous voyons l'obturation palpable des branches artérielles produire précisément des lésions tout à fait semblables à celles que nous avons constatées chez notre malade. L'obturation des artères sylviennes est aujourd'hui une cause reconnue de ramollissement cérébral. D'un autre côté, les expériences faites avec des corps obturants injectés dans les veines (de la poudre d'or, du mercure) produisent dans le poumon des infarctus, des lésions circonscrites trèsremarquables. Certes il est permis de poser très-sérieusement la question de savoir si le ramollissement cérébral circonscrit et les infarctus spléniques ne sont pas ici des lésions secondaires produites par des corpuscules obturateurs détachés de la valvule sigmoïde. La solution définitive de cette question est subordonnée à des recherches microscopiques que nous n'avons pas eu le temps d'entreprendre. Il appartient a des observations ultérieures plus complètes de fournir

RÉSUMÉ CLINIQUE 185/l-1855.

la preuve expérimentale d'un rapport de causalité qui me paraît infiniment probable.

Altérations du sang.

Deux dyscrasies que nous n'observons que rarement dans notre service nosocomial, le scorbut et la cachexie séreuse idiopathique , sont représentées, exceptionnellement cette année, par un certain nombre de malades.

A côté du typhus et sous l'influence des mêmes causes d'insalubrité, le scorbut s'était développé dans les prisons de Strasbourg. Sept de ces malades, détenus libérés ou colons d'Ostwald, ont été reçus et traités à la clinique. Tous ces malades ont guéri sous l'influence d'un traitement approprié. Ce traitement a consisté : 1° dans l'emploi d'une alimentation mixte composée de pain, de légumes frais, salade, raifort et viande rôtie ; 2° de limonade citrique pour boisson, et vin aux repas; 3° usage interne de teinture de cochléaria et de décoction de quinquina ; [i° pendant la convalescence, fer réduit à la dose de 20 à 30 centigrammes. L'amélioration a été généralement rapide, et la cure n'a guère été entravée que par des diarrhées intercurrentes, qu'il a fallu combattre a l'aide de l'opium ou des astringents. Nous n'avons pas observé d'hémorrhagie interne grave.

L'observation suivante représente le type de la physionomie symptomatique des cas observés.

Observation,

Alphonse Toussaint, âgé de 17 ans, d'une constitution primitive bonne, d'un tempérament mixte, était détenu à la prison de S Iras hourg. Sous l'influence du régime carcéraire, il fut atteint, il y « trois mois, de faiblesse dans les memhres avec douleurs dans les

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