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ABCÈS DU FOIE

gressive , quand tout à coup , malgré la continuation de la médication antiphlogistique, le 7 novembre , vers 1 heure de l'après-midi , les douleurs reparaissent avec une intensité extraordinaire; elles commencent par une sensation de brûlure à droite de la région épigastrique, et irradient sous forme d'élancements dans la profondeur de l'hypochondre droit; en même temps vomissements, selles diarrliéiques bilieuses, chaleur, fréquence du pouls, soif. Physionomie anxieuse, mais pas d'ictère; la hce est pâle, jaunâtre, mais sans teinte bilieuse marquée.

L'hypochondre droit est très-douloureux , le foie volumineux, dépassant le rebord des côtes de trois travers de doigt.

Sous l'influence d'émissions sanguines locales répétées, de cataplasmes, de bains, de l'eau de Vichy, les accidents disparaissent de nouveau.

Le 40, la malade paraît être convalescente ; toute douleur a disparu et le foie ne dépasse plus le rebord des côtes.

Mais le 45 déjà, retour de douleurs aiguës qui durent peu et cèdent à une application de ventouses.

Le 24, nouvelle exacerbation douloureuse, avec vomissements et fièvre.

Attribuant les accidents à la présence de calculs biliaires, je prescris, après deux nouvelles applications de sangsues qui calment les accidents, l'usage interne du mélange de Durande, deux parties d'éther et une d'essence de térébenthine. Une cuillerée matin et soir.

Une amélioration progressive se maintient pendant près de quinze jours, puis les accidents reparaissent de nouveau et deviennent, avec quelques rémissions, de plus en plus intenses. La médication antiphlogistique triomphe de nouveau des phénomènes inflammatoires. Pendant plus d'une semaine la malade reste sans douleur; se croyant guérie, elle sort de l'hôpital le 3 janvier.

Dès le 12 janvier les accidents douloureux reparaissent avec des vomissements, mais sans ictère.

Le 18, la malade rentre à la clinique, offrant les mêmes symptômes qu'antérieurement. La médication antiphlogistique pendant les exacerbations inflammatoires; dans l'intervalle, l'usage du mélange de Durande et de l'eau de quassia à la dose de quatre cuillerées par jour ne prévient pas le retoui' des accidents.

RÉSUMÉ CLINIQUE 185/l-J855.

L'hiver se pasge dans dos alternatives de mieux et d'exacerbations douloureuses intermittentes. Pendant cette période de la maladie, les forces ont progressivement diminué; il est survenu un amaigrissement notable.

Au commencement de mars, les accidents deviennent plus graves. Aux symptômes précédemment décrits viennent s'ajouter des accès irréguliers de fièvre intense, caractérisée par des frissons violents répétés, suivis de chaleur, de transpiration. Nausées, vomissements fréquents, inappétence complète. Douleur permanente dans la région du foie, Affaiblissement progressif, état comateux.

Mort le 30 mars.

Autopsie. Trente heures après la mort.

Le foie dépasse le rebord des fausses côtes droites de quatre travers de doigt et occupe la région épigastrique. Son bord inférieur est plus épais, plus arrondi qu'à l'état normal. La surface convexe, au lieu d'être lisse, est mamelonnée, légèrement lobulée. L'enveloppe du foie est épaissie, lactescente.

La partie antérieure du lobe droit , ainsi que la partie supérieure convexe, présente, dans l'étendue de 10 centimètres de diamètre, une poche fluctuante.

Cette poche incisée, iion-^içonstate l'existence d'un énorme abcès creusé dans l'épaisseur du lobe droit. Le pus contenu dans la poche est crémeux, jaune verdâtre, mêlé d'une certaine quantité de sang noir. Les parois sont constituées, en avant, par une couche très-mince de tissu hépatique de 2 millimètres d'épaisseur, et par l'enveloppe séreuse épaissie, mais sans adhérence ni avec les côtes ni avec le diaphragme ; en arrière, les parois du foyer purulent sont constituées par le tissu hépatique, un peu plus pâle et plus dur qu'à l'état normal.

Une membrane de nouvelle formation pyogénique, de 1 millimètre d'épaisseur, revêt toute la face interne du foyer; cette membrane est d'une couleur jaune-paille, qui tranche très-nettement sur la teinte brunâtre du tissu hépatique.

Le canal cholédoque, jusqu'à son insertion dans le duodénum, est dilaté et mesure 2 centimètres de diamètre. L'orifice du canal est également dilaté, il admet facilement l'extrémité d'une sonde ordinaire. Au delà de l'embouchure du canal cystique , de la réunion du canal hépatique et du canal cholédoque , se trouve un calcul arrondi , de la

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