‹ Fragments d'études pathologiques et cliniquesChapitre 5 sur 56 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

En résumant les idées théoriques et pratiques qui découlent naturellement des eonsidérations qui précèdent et des observations cliniques recueillies , nous croyons pouvoir étabiïr les propositions suivantes :

1° La dénomination d'hystérie a, historiquement, deux significations: l'une symptomatique, l'autre étiologique.

2° Sous le point de vue symptomatique, l'hystérie n'est rien moins qu'un état pathologique rigoureusement déterminé ; car, si tous les auteurs proclament l'extrême variabilité de son expression phénoménale, les uns la restreignent plus spécia-

lIlSTlhaE. — CONCLUSIONS.

lement aux attaques coiivulsives plus ou moins généralisées, tandis que d'autres l'étendent à presque toutes les perturbations nerveuses observables chez les femmes ; de sorte qu'en pratique le diagnostic symptomatique et purement nominal est lui-même souvent une déception, personne ne sachant au juste ce qu'il faut entendre par hystérie.

3° Envisagée sous le point de vue étiologique, l'hystérie n'est pas plus exactement spécifiée. Si l'on n'est pas d'accord sur les symptômes , on l'est encore moins sur leur cause. Admise par induction seulement, et ne pouvant généralement pas faire l'objet d'un diagnostic pratique, l'idée étiologique n'a eu guère de la rigueur scientifique que l'apparence.

li*^ Dans ces circonstances, sans rompre avec la tradition, il peut paraître licite de secouer son joug trop pesant, de s'affranchir des étreintes de la spécification plus nominale que scientifique qui domine le libre essor des recherches, et d'étudier les perturbations fonctionnelles nerveuses, moins en nosologiste qui cherche les variétés d'une maladie donnée et connue , qu'avec l'esprit indépendant du clinicien physiologiste.

5° Que d'une première série de recherches faites dans cet esprit, il résulte :

A. Que certaines excitations nerveuses locales, le plus souvent continues, peuvent devenir la cause organique de perturbations fonctionnelles intermittentes, se traduisant sous forme d'attaques ou d'accès convulsifs plus ou moins généralisés, avec ou sans perte de connaissance, sans que les organes centraux ou le système nerveux en général soient atteints d'un état pathologique permanent démontrable.

li. Que, chez les femmes, l'excitation ovarique est la cause la plus fréquente de ce genre de perturbation, dont le mode de production est analogue à celui de tous les mouvements réflectifs et s'explique par la même loi physiologique.

NÉVROPATIIIES.

G. Qu'on peut, cliniquement, reconnaître l'existence de cette cause et la réalité de son influence par l'excitation mécanique de l'ovaire, dont la compression profonde produit localement de la douleur et réflectivement le phénomène des attaques.

D. Que d'autres excitations locales sont susceptibles de produire des phénomènes analogues, et qu'une investigation attentive pourra révéler ces foyers d'excitation locale.

E. Que, dans leur état de simplicité, les excitations locales propagées, et notamment l'excitation ovarique, sont des affections peu graves, à moins qu'elles ne soient négligées ou ne soient elles-mêmes liées à des états organiques incurables.

F. Qu'en pratique , il est de la plus haute importance de déterminer la cause de l'excitation nerveuse locale qui souvent n'est pas consécutive.

G. Que pour l'ovaire, elle peut dépendre d'une congestion, d'une inflammation, d'une dégénérescence, ou être purement nerveuse ou névralgique.

H. Que, basée sur ces données, l'indication causale de la perturba tian nerveuse est double et doit avoir pour but : 1" de faire disparaître Taffection qui détermine l'excitation locale, si cette affection est appréciable; 2° de diminuer directement l'excitation ou l'excitabilité des nerfs qui représentent le foyer de l'irradiation.

I. Que les moyens de remplir la première indication causale sont variables, comme les causes elles-mêmes (ovarite, irrégularité dans la congestation menstruelle, hypérémie, névralgie, etc., etc.).

J. Que certaines substances, et notamment l'assa fœtida, le castoreum, le galbanum, paraissent exercer une influence sédative sur l'excitabilité ovarique; mais qua leur emploi n'exclue en aucune ftiçon l'application d'autres agents empruntés

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