M. Reinaud, Chron. arabes., p
La mort de Baudouin V arrivée sar ces entrefaites (1186), en éteignant la race masculine des rois de Jérusalem, redonna dû crédit et des amis à sa mère. Se trouvant Talnée des deux seules héritières survivantes du roi Amaury I* , Sibylle était légalement appelée an trône, suivant la loi des Assises de Jérusalem, qui régissait le royanme. Excités cependant par le comte de Tripoli, les barons de la haute cour retirés à Naplouse, dans les montagnes de la Samarrie, refusaient de reconnaître Guy de Lusignan. Ils auraient voulu donner la couronne à Isabelle, sœur cadette de Sibylle, et faire sacrer en même temps cette princesse et son mari Humfroy, fils et petit-fils de gentilshommes de Tonraine établis en Syrie , élevés à la connétablie du royaume sous les rois précédents, et connus sons le nom patronymique de Hnmf roy de Toron * , à cause d*un chftteau bâti par les Français dans les enrirons de Tyr, dont ils étaient seigneurs. Dès l'âge de huit ans, Isabelle avait été fiancée an sire de Toron, très-jeune hii-mème ; elle Tépousa en 1 1 83, dès qu elle eut atteint sa donzième année *. Mais Humfroy inspirait moins de confiance encore à Tarmée que Guy de Lusignan lui-même : « Il était « doux comme une femme, • disent les anciennes chroniques, « calme dans ses paroles et lent dans toutes ses actions ' ». Le cadi de Jérusalem , qui le vit en 1 192, rapporte que c^était un jeune homme de la plus grande^beauté, « à cela près, » ajonte-t-il, « qu'il avait la barbe rasée, suivant la mode des Francs *. » Effrayé des propositions qu'on lui fit, inquiet du rôle qu'il lui faudrait soutenir, Humfroy s'enfuit à Jérusalem, se jeta aux pieds de sa belle-sœur, lui fit hommage comme à sa reine, et déclara que c'était malgré lui qu'on voulait relever à la royauté '.
Sibylle profite aussitôt des circonstances. Secondée par Tordre du Temple , dont elle s'était assuré l'appui, elle fait couronner son mari comme roi de Jérusalem, et parvient peu à peu à calmer les grands vassaux, qui reconnurent la nécessité de s'unir pour faire face aux nouveainx dangers du royaume.
Saladin, proclamé sultan dans les mosquées de l'Egypte et de
1. Toron, en vieux français, ▼eotdire^fiitiiefic«,oo/<iJie, et, par exteosioD, château,