Brompton, Ckron., col
2. BromptoD, Chron, y col 1203. Benoit de Péterborough, Vita, t. Il, ano. 1191, p. 657.
3. Cette somme , dans sa ? aleur matérielle et iotrinsèqae , peut être évaluée à 950,000 fr. entriroD de notre monnaie actuelle. Voy. Hist, de Chypre, t. It , p. 7. Preuves.
4. Voy. Coniin. de Guill. de Tyr, p. 189, chap. xi, et les extraits du ms. C, p. 170; extraits dn ms. D, p. 184 et 186.
Rendus enfin aux soins] de la croisade , les deux rois unirent leurs efforts, et haiut-Jean d'Acre, vainement secouru par Saladin, capitula le 13 juillet. Après avoir réglé les conditions du partage de la ville^ en respectant les droits des anciens pro* priétaires chrétiens dépossédés par la conquête musulmane * , et après qu'on eut pourvu à rinstallation des armées dans la capitale provisoire du royaume, les rois résolurent d'examiner solennellement la questiou de la souveraineté, restée pendante entre les deux compétiteurs. Les discussions dont elle était la cause avaient failli plus d*une fois ensanglanter le camp, et setaient renouvelées avec plus de vivacité depuis la prise de Saint- Jean d*Acre. Pour les Français, Conrad de Montferrat, marié à la reine Isabelle, était le vrai roi de Jérusalem ; et Philippe-Auguste retombé malade, abandounant déjà la poursuite de la croisade , avait par avance transféré an marquis toute sa part des biens qui lui reveuaient, et des conquêtes que ses troupes pourraient effectuer dans la suite en Syrie ^.
Le roi d'Angleterre, bien qu il désirât la retraite de Philippe- Auguste, refusait de reconnaître cette donation , qui conférait à un de ses ennemis des avantages presque égaux aux privilèges de sa couronne. Jaloux du nombre des hommes d armes français, il avait offert une paye plus élevée à tous ceux qui délaisseraient le roi Philippe et passeraient à son service ' ; il avait fait répandre de faux bruits sur la santé du prince Louis, son fils aîné* afin de déterminer son départ, ou d'aggraver sa maladie *. Hais le roi de France , qui dans ces circonstances montra un grand esprit d'équité et de conciliation , ne voulut pas quitter la Palestine sans avoir assuré par son assentiment régulier l'exercice de lantorité royale à Tun des prétendants.
Les 27 et 28 juillet, une grande assemblée ou parlement des seigneurs et des prélats du royaume, auxquels se joignirent les chefs des armées confédérées, eut lieu à Saint-^ean d'Acre. Il y fut reconnu que Guy de Lusignan, déjà sacré, conserverait seul le titre de roi de Jérusalem; mais on décida en même temps que les revenus du royaume devraient être partagés entre le roi Guy et le marquis Conrad ; on déclara que si Guy de Lusignan