‹ Fragments d'histoire de ChypreChapitre 21 sur 29 · Cantin. de GuilL de Tffr, p · texte numérisé non relu

Cantin. de GuilL de Tffr, p

se remariait, ses enfants ne pourraient rien prétendre dans In succession royale. La possession héréditaire de la Tîlle de Tjr fat assurée à Conrad ; on y ajouta Beyrouth et Sidon, qu'on espérait reprendre, sous Tobligation habituelle du service militaire due au roi de Jérasalem. Au cas de prédéccs de Guy de Lusignan, les deax époui Conrad et Isabelle, et après eux leurs enfants, devaient succéder à la plénitude de la royauté. Enfin Geoffroy de Lusignan, frère du roi , reçut héréditairement le comté de Jnffa et la ville de Césarée *.

Quelques jours après la délibération de Saint-Jean d'Acre, Philippe-Auguste se sépara du roi d'Angleterre pour retourner en France. Au premier succès, reconnaissant sans doute les difficultés de Tentreprise, il renonçait à Tobjet principal de la croisade, satisfait d'avoir arrêté au moins le cours des victoires de Saladin. Il laissa le reste de son armée, amoindrie par les maladies, mais comptant encore dix mille hommes ^, aux ordres du duc de Bourgogne, et alla s'embarquer à Tyr le 3 août, suivi uniquement de sa maison. Richard se réjouit seul du départ du roi de France, qu'il signala en Europe comme une honteuse défection ^. Débarrassé d'un suzerain à qui les lois de la vassalité l'obligeaient de témoigner des déférences blessantes pour son orgueil, sûr de paraître aujourd'hui au premier rang, il espérait dominer toutes les volontés et diriger à son gré les opération» de la guerre. Il était de cette race chevaleresque et réfléchie, qui, après avoir envahi l'Angleterre et les Deux-Siciles, semblait chercher encore de nouvelles conquêtes. Plus prudent, peu guerrier de son naturel , Philippe- Auguste frappa moins l'imagination des Arabes et fut éclipsé par son rival.

Avant tout, le roi Bichard aspirait à remettre la chrétienté en possession du saint sépulcre; à ce vœu, dont la réalisation était le but et Tàme de la guerre sacrée, se joignait en lui l'ambition secrète de jouir d'un triomphe dans la capitale du royaume reconquise par ses armes. Comptant sur le succès, qu'il avait depuis

1. Roger de Hoveden, iinnar, p. 697, 714. Benoit de Péleiborough, Ft/a, ann. 1191. Sioardl, Chron. Cremon., ap. Muratorî, ScripL /^, t. VH, col. 614. BromptoD. Chran., col. 1208. Vinisauf {Kiner., p. 342J parait ici plas exact, en disant : le comté de Jaffa et dPAtcalon, ces deux seigneuries étant toujours réunies.

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