Rymer, Fcedera, nouv. édition, t. T
longtemps annoncé duns ses Etats comme certain * et qu'il eût peut-être obtenu s'il eût été mieux secondé, il descend dans le sud de la Palestine, en suivant le bord de la mer de Saron. Il rencontre et bat complètement rarmée de Saladin dans la |daine d'Arsur, où Guy de Lusignan commanda un corps de Poitevins '; il arriv4s à Jaffa, ordonne de reconstruire les remparls de la ville, et s'avance an cœur de l'hiver de 1192 vers Jérusalem ^ Mais, à peine entreprise, la grande expédition dut être abandonnée. Les Français» jaloux détre conduits par un chef étranger, furent les premiers à Ini refuser leurs services ^ ; la désunion se mit aussitôt dans Tarmée, et Richard, obligé de regagner la côte, dut se borner à faire relever ks murs des forteresses de la Samarie et de la Judée, démantelées par ordre de Saladin.
Sa bravoure et sa force extraordinaires avaient répandu dès lors une sorte de terreur dans toute la contrée, el jusque sous la tente des Arabes éloignés. 11 suffisait aux femmes sarrasines, dit une ancienne chronique, de prononcer le nom de Richard pour faire taire sur-le«champ leurs petits enfants *. On avait vu le roi, vêtu d'une simple cotte de maille et armé de la hache danoise à deux tranchants *, se jeter nu plus fort de la mêlée et décider la victoire; quelquefois monté sur un cheval doré, d'une extrême agilité, qu'il avait amené de Chypre', il entraînait les soldais à Tattaque, ou protégeait seul la retraite. Les reines, sa femme et
1. Ijettres du l**" octobre llSl . Renier, Fœderoj nouv. édit, t. I, p. 64.
2. Vinisauf, lUner.f p. 3ô4, 360. M. Reinaud, Chron, arabes, p. 324.
3. Au commeucement du mois de janvier 1192. Vinisauf, Itiner., p. 372.
4. Contin, de Guiil de Tyr, p. 186. Vioisauf, It^Êér., p. 374.