‹ Fragments d'histoire de ChypreChapitre 24 sur 29 · Contin. de GailL de Tyr, lus. D, p. I8â · texte numérisé non relu

Contin. de GailL de Tyr, lus. D, p. I8â

6. Voy. Hisi» de Chypre, 1. 11, p. 7, uote 3. preuves, Contin, de Guilt. de Tyr, p. 185, extr. du ms. G; p. 187, extr. du ms. C.

Les Templiers , prévenus da complot , n'eurent que le temps de réunir leurs hommes, et de se renfermer dans le ch4f;eau de Nicosie, avec le petit nombrç de Latins qui habitaient la ville. Ils se trouvèrent ensemble quatorze frères à cheval , iringt-neuf autres cavaliers, et soixante-quatorze hommes à pied * : en tout à peu près cent vingt hommes, bien armés, mais manquant de vivres. « Or le château de Nicosie, » dit la Chronique d'outre-mer, « se trouvait alors très-faible, et n'était pas tel que le roi Guy Ta « fait depuis ^. * Effrayés de l'effervescence et de la multitude des gens attroupés qu'ils avaient devant eux, certains de ne pas leur résister longtemps, les Templiers proposèrent aux Grecs de quitter le pays et de se retirer en Syrie. Mais le peuple, enhardi davantage par leur crainte , ne voulait rien écouter ; il demandait à grands cris vengeance pour les parents et les amis que les Latins avaient fait périr dans l'Ile depuis un an.

Alors rimminence du péril et quelques nobles paroles du commandeur électrisent cette poignée d'hommes, qui prend une résolution désespérée. La nuit se passe dans les prières et les préparatifs du combat. Au point du jour, les Latins entendent la messe; ils reçoivent le pain de la communion, puis ils s'arment, ouvrent subitement les portes et fondent sur les Grecs , qui, ne pouvant s'attendre à une attaque, étaient restés la plupart mal armés. Un vieil auteur compare les chevaliers tombant sur la foule amassée autour du château à un loup qui se précipite au milieu d'un troupeau de moutons ^. Les Templiers, sûrs de la mort s'ils ne triomphaient pas, traversèrent comme un torrent les flots de la population , renversant ou massacrant tout ce qu'ils rencontraient sur leur passage. La terreur et le désordre gagnèrent bientôt la ville entière, et la défense devint impossible. Une multitude épouvantée s'était jetée dans une église de la Yiei^e, en fermant sa retraite ; les chevaliers, ne craignant et ne respectant plus rien, forcent l'entrée du temple et immolent tout sans pitié \ Ils parcourent ensuite les places et les rues, poursuivant et frappant partout les fuyards. « Le massacre fut « tel, 9 disent les chroniques chypriotes, « que le sang rougit la « rivière depuis 1q pont du Sénéchal ou du Lodron jusqu'au pont

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