Cmitin. de GuUl. de Tyr, p
<« de la Berline V >* Une grande pierre qui se troavait en ce dernier endroit^ destinée à Texposition des criminels condamnés au pilori, passait dans la ville de Nicosie comme un souvenir de la terrible exécution des Templiers.
La ville était complètement soumise, mais à peu près déserte ; l'effroi s'était répandu dans les campagnes^ et les paysans, abandonnant leurs villages, s'étaient enfuis dans les montagnes ^. Les frères du Temple ne pouvaient plus dans cette situation conserver un domaine qui leur devenait à charge. Robert de Sablé, informé de ce qui s'était passé en Chypre, vint trouver le roi d'Angleterre , et le pria de reprendre l'Ile , en rendant à l'ordre l'argent qu'il en avait reçu et le château qu'il occupait. Les événements de la Palestine se prêtaient à un arrangement qu'accepta Richard, et qui régla d'une manière définitive le sort de Tile de Chypre.
La convention conclue sous les auspices des rois de France et d* Angleterre au mois de juillet précédent, en assurant à Guy de Lusignan le titre de roi et quelques avantages de la royauté, n^avait pas augmenté le nombre de ses partisans. Depuis lors, les seigneurs d outre-mer, représentant en réalité le parti national de la Syrie, s'étaient au contraire déclarés presque tous avec plus de force pour Conrad de Montferrat. Les chevaliers du Temple eux-mêmes n'étaient plus aussi favorables au mari de Sibylle, et ne soutenaient ses prétentions que par égard pour leur grand maître. L'Hôpital, sans agir ouvertement, inclinait plutôt vers le seigneur de Montferrat et le parti français. Le roi Richard n'osait imposer son choix à l'armée, qu'il savait disposée à ne point Faccepter. La désunion avait fait de tels progrès parmi les croisés et rendu si difficile toute entreprise commune , que les barons de Terre Sainte , au milieu de ce conflit d'intérêts et de vues contraires, avaient sagement cherché à négocier un accord particulier avec Saladin, en arrêtant, au nom de Conrad qu'ils considéraient comme leur roi, le partage de la ville et du royaume de Jérusalem' .
Dans l'état encore précaire où se trouvait la Palestine, dans un moment où le départ subit des croisés pouvait laisser les chrétiens de Syrie exposés seuls aux forces et au ressentiment de
1 . Chronique SAmadif fol. 10. Chron. de Florio Bustron, fol. 72.