‹ Fragments de chirurgie antiseptiqueChapitre 24 sur 95 · GENOU · texte numérisé non relu

GENOU

La résection du genou est loin d'avoir obtenu gain de cause devant la majorité des chirurgiens français. Les auteurs classiques les plus récents la rejettent unanimement: «La plaie qui succède à la résection, dit Duplay, ne peut se réunir par première intention ; il faut nécessairement qu'elle suppure et c'est par la suppuration que disparaissent les altérations des parties molles'.» Notre illustre maître Sédillot partage la môme opinion : « Les chances de guérison de la résection du genou sont plus graves encore que celles d'une fracture du fémur, avec large plaie communiquant aux os fracturés. . . . Le malade sera exposé aux chances périlleuses d'une suppuration prolongée pendant la reconstitution d'un tissu osseux intermédiaire'.» Une thèse faite sous son inspiration ^ quelques années auparavant, donne la mesure des doctrines qui avaient généralement cours dans la science, à celte époque encore rapprochée de la nôtre. L'auteur y démontre que la résection de l'articulation fémoro-tibiale est formellement contre-indiquée : 1^ par la disposition anatomique des parties,

1. Gomm. Soc. chir. de Paris (V. BulL et Mém. Soc. chir,, 1881, t. VII, n«» 8 et 9.

2. Simon Duplay, Traité de pathologie externe, u III, fasc. I, p. 69.

3. Sédillot, Contribua à la chirurgie, Paris, 1868, t. II, p. 224.

4. Putz, De la Résection du genou, Th. Strasbourg, 1860, 2* série, n« 517.

qui nécessite la section d'extrémités osseuses d'nn volume considérable, et la division des muscles extenseurs de la jambe ; 2^ par sa gravité plus grande que l'amputation de la cuisse, occasionnée surtout par la suppuration prolongée qu'elle entraîne ; 3* par Tinutilité du membre conservé pour la plupart des opérés, Tankylose se produisant rarement; 4® enûn, par la nature des affections pour lesquelles cette opération est pratiquée.

CTest pour ces différents motifs que la résection du genou, malgré les tentatives de Le Port* et de Verneuil' pour la réhabiliter, a été rarement pratiquée en France. 11 faut bien dire aussi, qu'à part quelques rares succès (Dusséris, Richard, Le Fort, Vemeuil*, E. Bœckel, et plus récemment Richet, 1873, Le Dentu* et Poinsot*, 1879), elle a presque toujours donné des résultats détestables.

L'apparition de la méthode antiseptique a sans doute modifié l'opinion générale: malgré cela, les faits publiés en France sont rares. En Angleterre et en Allemagne la résection du genou est une opération courante : les succès qu'elle y a donnés sont des plus encourageants et de nature à porter la conviction dans les esprits les plus timorés.

Imbu des idées de nos anciens maîtres, je dois dire que jusque dans ces dernières années je n'avais qu'une médiocre confiance dans les résultats de la résection du genou: je ne l'avais jamais vue réussir à l'hôpital de Strasbourg. Aussi, lors de mes premières années de pratique chirurgicale, je me sentais peu disposé à l'entreprendre et lui préférais de beaucoup l'amputation de la cuisse ou le traitement par les appareils dans les cas moins graves.

n fallait déjà des circonstances exceptionnelles pour me

1. L. Le Fort, De la résection du genou, Mém. Soc, Mr., t. VI, p. 2t7, 1859.

3. Yemeuil, Résection du genou, BuU, Soc. cMr., 2« série, t. IV, p. 233 et ibid., 2« série, t. V, p. 210.

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