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BiUt. Acad, de médecine, séance du 3 avril

3. Sédillot, De VInftaence des découvertes de M. Pasteur sur les progrès de la chirurgie (Comptes rendus, Acad. des sciences, t. D^XXYI, séance du il mars 1878.

Enfin, dans un récent mémoire sur la trépanation % H. Lucas* Ghampionnière affirme de nouveau ses préférences pour les pansements antiseptiques :

«A i*encontre des prévisions théoriques, dit-il, j*ai montré 0 que l'action de Tacide phénique sur le péritoine, la tonique «vaginale, les séreuses, les méninges ou le cerveau, n*eo- « traîne pas de complications inflammatoires. La preuve de « ces faits est à peu près faite par les observations de M. Jules uBœckel et par les miennes.» Et plus bas: ail n'est pas inutile « de remarquer que sur les quatre succès obtenus par la tré- «panation dans les hôpitaux de Paris, Broca (1866), Lucas* ((Ghampionnière (1874), Gh. Périer (1875), Terrillon (1876), « les opérés de M. Broca et de M. Terrillon , pansés à la mode ((Ordinaire, ont eu chacun un érysipèle (loc. cit., p. 139). Mon (( opéré, comme celui de M. Périer, pansé avec certaines pré- (( cautions et par l'emploi de substances antiseptiques éner- (( giques, ont guéri sans complication. Les faits, bien entendu, « ne sont pas assez nombreux pour conclure, mais le ren- (( seignement a bien quelque valeur.

«D'après mon expérience de la méthode antiseptique, je «suis absolument en droit de dire que les dangers liés aux 0 complications des plaies ne doivent plus compter pour la «trépanation faite dans ces conditions....

« Les terminaisons heureuses, même dans les circonstances « les plus graves , seront habituelles pour les adeptes de plus « en plus nombreux de la méthode que je préconise. »

En France donc, l'étude des pansements antiseptiques, aidée de celle des localisations cérébrales, a déjà fait faire un pas en avant à la question du trépan.

En Allemagne aussi il semble que cette opération entre dans une phase nouvelle. On sait l'aversion qu'inspirait aux chirurgiens d'outre Rhin, la trépanation du crâne, depuis les travaux de Stromeyer. L'accès de l'air était pour cet auteur une complication des plus graves; il proscrivait non-seulement le trépan, mais rejetait môme, de la façon la plus absolue, Tex- > ■ I I II ^— ^^^ I -

1. J. Lucas-Championnière , Étude historique et clinique sur la trépanation du crâne. Paris, Delahaye, 1878.

traction des esquilles après les premières vingt-quatre heures. La proscription du trépan était telle, que les statistiques de guerre n*en comptaient pas d'observation. Il faut arriver à une époque toute récente, pour trouver des travaux allemands Favorables à la trépanation.

Ce retour s'est effectué grâce à la connaissance des panse* ments antiseptiques ; pour s'en convaincre, il suffit de parcourir les recueils de ces dernières années. Ils contiennent un certain nombre de faits des plus concluants, qui prouvent bien la confiance et la sécurité qu'inspire le pansement de Lister à l'étranger.

En Angleterre, l'opération du trépan a joui et jouit encore d'une grande vogue, bien que les partisans de Texpectation ne manquent pas. Prescott, Hewett et Erichsen sont trèsfavorables au trépan , surtout dans les fractiures par enfoncement, mais ils attendent l'apparition des accidents. Les statistiques qu'on a publiées en Angleterre, montrent par leur nombre que la gravité de la trépanation n'est pas telle que bien des chirurgiens l'ont faite, dit Lucas-Championnière (loc. Cil); elles montrent en Amérique une tendance à revenir vers une opération délaissée, et, pour mapart,ajoute-t-il, p. 28, «je crois, que les chirurgiens américains qui trouveront pour la trépanation un guide plus sûr, la pratiqueront avec plus d'assurance encore. Ce guide réside d'une part dans l'application des localisations cérébrales pour la détermination des centres affectés. L'emploi rigoureux des procédés antiseptiques sera d'autre part le plus sûr garant pour la réussite des opérations qu'on aura tentées. »

De tout ce qui précède il ressort, que la trépanation, dans les lésions traumatiques du crâne, a été considérée de tout temps comme une opération grave, non pas tant par ellemême, que par les complications nosocomiales qui en étaient la conséquence. Aujourd'hui que le pansement de Lister est pratiqué presque partout, on trépane plus volontiers et on sauve plus d'existences. Les succès que l'on enregistre sont mis presque uniquement sur le compte des pansements nouveaux, et l'on semble faire peu de cas du moment où l'intervention a eu lieu. Sans méconnaître les bienfaits de la mé*

thode antiseptique, que l'un des premiers j'ai défendue (1873*), alors qu'elle était à peine connue, lorsque j'écrivais ceci: «Un moyen d*atténuer les effets fâcheux de Tair nous a paru résider dans l'emplâtre antiseptique de Lister. ... Dans les plaies de tête particulièrement il nous a rendu les plus grands services, et nous croyons pouvoir affirmer que c'est à lui que nous devons les succès que nous avons obtenus dans ces derniers temps » — sans nier, dis-je, l'influence favorable exercée par ce pansement, je crois qu'il faut attribuer les succès en grande partie à la hâte que Ton apporte à l'opération. Une série de faits malheureux, observés jadis dans les cliniques de MM. Sédillot et Ë. Bœckel, ou puisés dans divers recueils scientifiques, m'ont en effet prouvé que les fractures compliquées d'esquilles de la lame vitrée étaient le plus souvent mortelles lorsqu'on n'intervenait pas, ou lorsqu'on intervenait trop tard. Aussi en étais-je venu, fort de l'autorité de M. Sédillot, à poser les conclusions suivantes (loc. cit.^ p. 68) : « Les fractures de la table interne sont le plus souvent mortelles, d

Des exemples nombreux, relatés dans le mémoire en question, venaient à l'appui de mon dire.

« Toute fracture de cette table, reconnue ou soupçonnée avec quelque vraisemblance, exige le relèvement du fragment enfoncé ou l'extraction des esquilles et partant l'application du trépan , à moins que le trou de la fracture n'en tienne lieu. ... La trépanation doit être pratiquée j?rei;mtoemenï, c'est-à-dire avant l'apparition des accidents secondaires; une fois qu'ils ont éclaté , l'opération devient le plus souvent inutile; cependant on obtient encore quelquefois des succès, même dans ces circonstances défavorables; mais c'est une exception.... L'intervention chirurgicale immédiate est la plupart du temps suivie de succès, comme le prouvent les cas qui précèdent. »

Ces conclusions ne furent pas admises sans conteste; certains auteurs les combattirent môme dans des termes fort peu courtois.

Quelques années plus tard, Sédillot, qui dès Tannée 1869

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