‹ Fragments de chirurgie antiseptiqueChapitre 64 sur 95 · Ibid., t y il, n · texte numérisé non relu

Ibid., t y il, n

matiôQ de Tarticulation oa épanchement d*ane assez grande quantité de liquide. H. Lucas-Ghampionnière admet que le drain est toujours nécessaire, mais que bien souvent il serait possible de Tenlever plus tôt qu'on ne le fait. M. Verneuil rejette la réunion immédiate et partant le drainage dans ce genre d'opération.

Dans un des faits qui me sont propres, j'ai réuni la plaie sans la drainer; il faut dire que Tincision mesurait à peine 2 centimètres, que Thémorrhagie avait été absolument nulle, que le corps étranger (aiguille) était de petite dimension, que les manœuvres nécessitées pour Textraction avaient été facilitées par la position verticale de Taiguilie, toutes circonstances favorables à la réussite de l'entreprise (Obs. CXLI). Malgré ce succès, j'ai jugé plus prudent de placer un drain chez mes autres opérés (Obs. GXLII et GXLIII), après avoir réuni la synoviale par trois points de suture au catgut, et la peau par un nombre égal de sutures métalliques. Un insuccès observé sur une malade de M. E. Bœckel (voir Gaz. méd, de Strasbourg, loc, cit.) et tenant, ainsi qu'il le dit luimême, à l'absence de drainage, avait contribué à me rendre plus circonspect sous ce rapport. Mon avis est donc que, lorsqu'on aura suturé la plaie, il sera plus prudent d'insérer un tube à l'un des angles, à la condition de le retirer de bonne heure; je crois que, lorsque l'articulation est saine, on le supprimera avec avantage au bout de vingt-quatre heures, comme je l'ai fait dans les deux cas relatés plus loin. Quant à la question de savoir si en général il vaut mieux suturer ou ne pas suturer la plaie, je partage l'opinion de M. Lucas-Ghampionnière, qui est partisan de la réunion; on évite ainsi les guérisons longues et par conséquent les raideurs articulaires.

Obs. CXLI. Corps étranger (bout éC aiguille) introduit dans le genou. Arthrotomie. Pansement de Lister. Guérison en 6 jours» Exeat le treizième jour, (Malade présentée à la Société de médecine de Strasbourg*.)

Marie D. . ., 14 ans, entre le 15 novembre 1875 au n^ 15 de la salle 34. Elle était en train de coudre et avait fixé une aiguille dans

1. V. Gazette médicale de Strasbourg, 1876, n** 3, séance do 6 janvier 1876.

SA robe au niveau du genou droit, lorsque son petit frère, se Jetant Bur elie, enfonça l'aiguille dans les chairs ; on ramena aussitôt à rhôpital, où elle se présenta à la consultation de M. Jules Bœckel.

L'aiguille est entrée un peu en dehors et au-dessous du bord supérieur de la rotule ; elle n'est plus visible à l'extérieur et parait placée verticalement.

Oo chloroformise la jeune fllle, après quoi M. J. Bœckel pratique au niveau de la piqûre une incision longitudinale de 2 centimètres de longueur ; il arrive jusqu'au cul-de-sac sous-tricipital de Tariiculation du genou, qu'il fend à son tour et au-dessous duquel le c<mdfle externe du fémur est visible. A ce moment, une certaine ^luantUé de synovie s'écoule au dehors. Saisissant la pointe de Taîgoille qui apparaît au môme instant, il la retire à l'aide d'une pince à pansement. Le bout d'aiguille mesure 0'",025; 4 sutures métalliques ferment la plaie. Le membre est immobilisé dans une gouttière plâtrée postérieure. Pansement de Lister. Le spray a fonctionné pendant toute la durée de l'opération.

Le 1 6. Temp. matin 37,2. Soir 37,2. Aucune réaction ; douleurs nulles.

Le 17. Temp. matin 38. Soir 37,6.

Le 18. Temp. matin 37,6. Soir 37,1. Enlèvement des 2 sutures inférieures. Absence absolue de pus.

Le 24. Enlèvement des 2 sutures restantes. Réunion parfaite sans une goutte de pus. On applique un carré de ouate sur le genou et on laisse Tappareil plâtré en place jusqu'au 1^ décembre.

Exeat le 2 décembre. Les mouvements de l'article sont parfaitement libres.

La malade est présentée à la Société de médecine de Strasbourg

le 6 janvier 1876.

Guérison maintenue depuis lors, sans complication ultérieure.

Obs. GXLIf. Corps libre de l'articulation du genou, Arthrotomie antisepiique. Extraction. Ouérison par première intention après 3 pansements,

M. J. H. . ., 18 ans, candidat à l'École polytechnique, entre le 27 septembre 1881 au n<» 30 de la salle 103, que je dirigeais en l'absence de M. E. BœckeL II est atteint depuis plusieurs mois d'un corps étranger du genou gauche. L'étiologie de son affection mérite d*étre notée. Au mois de décembre 1880, il s*amusait à tirer sur Textrémité d'une corde, pendant qu'un de ses camarades tirait la corde en sens inverse. Ce dernier eut la malheureuse idée de lâcher la corde à un moment donné. H. . . tomba en arrière sur le côté

gauche. Au même kistaût il ressentit une vive douleur dand legeion» entendit un petit craquement sec et ne put se relever. Son genou enfla; le malade dut garder le lit pendant une huitaine de Jours, au J)out desquels il fut en état de marcher. Alois qu'il était encore alité, il prétend avoir senti un corps mobile dans le genou, au niveau du bord externe de la rotule ; il avait les dimensions d'une lenttUe et était retenu en haut et en bas par un filament Au mois de mars, le corps étranger, qui avait augmenté de volume, se détacha spontanément ; le malade pouvait à volonté le faire passer sous la rotule et jusque dans le creux poplité, où il finit par se loger pendant quelque temps. A partir de ce moment, des douleurs se manifestèrent au point de rendre la marche presque impossible et d'empêcher tout mouvement de flexion ou d'extension de ia jambe. Depuis environ 2 mois, le corps étranger a changé de place ; on le seat au côté externe de^a rotule, mais il fuit à lamoindre pression, let il faut le concours du malade pour lui faire reprendre sa position primitive.

M. H. . . demandant à être débarrassé de son corps mobile, Je me décide à pratiquer Tarthrotomie antiseptique.

Opération le 26 septembre. Précautions antiseptiques. Avant de chloroformiser le malade, on rengage à faire saillir le corps étranger qu'un aide maintient fixé contre le bord externe de la rotule. Incision longitudinale de 5 */« centimètres à 3 centimètres en deheis du bord externe de la rotule. Hémorrhagie inaigniiante, nécessitant la torsion de 4 artérioles. La synoviale à nu, on fixe le corps ètvanger à l'aide d'une érignc pointue, avant d'inciser la capsule. Puis, celleci divisée, on retire le corps du délit avec une pince à griffé sans la moindre difficulté. Suture de la synoviale à l'aide de 3 points de suture au catgut; 3 sutures métaltiques pour rapprocher les téguments. Petit drain introduit dans Tarticulation. Pansement de Lister modifié. Immobilisation du membre sur l'attelle à pédale qui sert d'ordinaire pour les opérations sur la cuisse ou la jambe.

Le corps étranger est rond ; il mesure 3 millimètres d'épaisseur et 14 millimètres de diamètre. Ëxamiué au microscope, on constate que le centre est constitué par du cartilage vrai et le reste par des dépôts de fibrine. Temp. soir 37,8.

Le 29. Temp. matm 37,2. Soir 38,5. Premier pansmienfy la mousseline contient une légère quantité de sérosité sanguinolente. Bulèvement définitif du drain.

Le 30. Temp. malin 37,4. Soir 87,8.

Le !•' octobre. Temp. matin 37. Soir 37,4.

Le 2. Temp. matin 37,3. Soir 38. Enlèvement de 2 sutures; légère

hydarthrose dn genou ; dn reste, pas de réaction. Gais^ons tngoinaox légèrement engorgés'.

Le 3. Temp. matin 37,3. Soir 37,8.

Le 4. Temp. matin 37,5. Soir 37,6.

Le 5. Temp. matin 38. Soir 38,2.

Le 6. Temp. matin 39,5. Soir 37,4. Tnnsièmê pansement en présence de M. P. Serger, professenr agrégé à la Faculté de médecine de Paris. EolèTement des 2 dendônes sutures. Réunion parfaite. L'hydarthrose a diminué. L'engorgement ganglionnaire a disparu.

Le 7. Temp. matin 37. Soir 37,5.

Le 8. Temp. matin 37. Soir 37,6.

Le 13. EnlèTement de Tattelle. Pansement compressif simple.

Le 14. Le malade quitte Thôpital complètement guéri.

il se présente à la consultation vers la an du mois. La guérlson ne s'est pas démentie. Is^ mouvements du genou sont parfaitement conservés. Le malade peut sans difficulté amener le talon au C(H)tact de la fesse.

Obs. GXLIII. Corps étranger articulaire du genou, Àrthrotomie antiseptique. Guérison par première intention sous deux pansements, Exeat le neuvième jour,

Wolff, Philippe, 43 ans, vient me consulter le 4 février dernier pour une affection du genou droit datant de six mois. Â la suite d'un effort fait pour soulever un tonneau, se déclara une hydarthroae qui fut traitée par les moyens appropriés; au liout de quelques semaines rhydarthrose était guérie; mais quatre mois après Ph. W. fit constater à son médecin la présence d'une petite tumeur mobile, située au cété externe de la rotule. Bientôt des douleurs vives se maoîfestèrent dans Tarticulation^ au point d'empêcher le malade de vaquer à ses travaux. Actuellement le corps étranger présente les dimensions d'une fève de Soissons; il est oblong, lisse et jouit d'une grande mobilité. On peut le déplacer et le faire disparaître entièrement sous la rotule et dans le cul-de-sac sous-tricipital.

L'extirpation est proposée au malade et pratiquée à la Maison de santé des diaconesses le 7 février.

Opération, Précautions antiseptiques. Pas d'Esmarch. Incision de 6 ceotimètres au cété externe du genou. La synoviale incisée, un flot de liquide clair, transparent, s'échappe de Tarticie. On essaie de fixer le corps étranger à l'aide d'une érigne pointue, mais il fuit et ne peut être saisi. Passant l'index dans l'articulation sous la rotule,

1. Ce symptôme a également été signalé par Mcaisetout dernièreioent.

on ii*y découvre pas le corps en question. Après quelques pressions exercées sur le genou, on finit par le sentir dans le prolongement supérieur de la synoviale, d'où on le déloge non sans quelques difficultés. Il est rattaché aux franges de la synoviale par un pédicule long, relativement épais, que Ton sectionne après y avoir jeté une ligature perdues* 3 sutures au catgut sur la synoviale, 5 sutures métalliques superficieUes sur la peau. Drain court. Lister modifié. Attelle à pédale. Temp. soir 37,9.

Le 8. Temp. matin 37,2. Soir 37,8.

Premier pansement; pas une goutte de pus; enlèvement de 2 sutures; épanchementdansle genou; ganglions inguinaux engorgés.

Le 9. Temp. matin 37,2. Soir 37,6.

Le 10. Temp. matin 37,2. Soir 37,1.

Deuxième pansement ; enlèvement du drain et des sutures restantes; rhydarthrose a diminué; les ganglions sont moins engorgés.

Le 1 1. Temp. matin 36,8. Soir 37,1.

Le 12. Temp. matin 36,4. Soir 37.

Le 13. Temp. matin 36,8. Soir 37. Réunion absolue, moins Torifice du drain, où s'est interposé un caillot en voie d'organisation. Le malade se lève pour la première fois.

Exeat le 16 (neuvième jour), muni d'un bandage roulé compressiL

Il me reste à mentionner une dernière application de l'arthrotomie qui, au premier abord, semble le comble de la témérité. Je veux parler de V extirpation des kystes synoiHaux articulaires y désignés par Gosselin sous le nom de kystes synoviaux folliculaires et communément appelés ganglions. Cet auteur a démontré qu'ils prenaient naissance dans des espèces de follicules synoviaux articulaires, oblitérés et dilatés par un liquide visqueux, rappelant la synovie. Des recbercbes ultérieures* ont prouvé que ces kystes communiquaient fréquemment avec les articulations. Aussi voyons-nous Textirpaliou unanimement rejetée. C'est tout au plus si les auteurs classiques les plus modernes permettent de les traiter par rincision; encore faut-il que la compression, récrasement aient manqué et que la gêne qui en résulte soit assez considérable pour empêcher

1. Le corps étranger est constitué par une frange synoviale, liypertrophiée, fortement vascularisée dans sa partie centrale et recouverte à sa périphérie d'une épaisse couche de fibrine.

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