‹ Fragments de chirurgie antiseptiqueChapitre 71 sur 95 · DANS LA CONTINUITÉ · texte numérisé non relu

DANS LA CONTINUITÉ

(Extrait de li netme de thirur^, 1 1, n* 2, 18814

La ligature constitue le traitement le plus rationnel et le plus efficace des plaies des grosses .veines. C'est à juste titre qu'on l'a rangée parmi les opérations d'urgence. Ce point est généralement admis de nos jours: les thèses d*011ier, de Nicaise, de Dussutour n'ont pas peu contribué à le vulgariser. Je n*ai donc pas à plaider ici une cause depuis longtemps gagnée.

Mon but, dans le présent travail, est de montrer l'état de la question d*après les données neuvetteB fooroies par la chirurgie moderne. Envisagée de cette façon, elle se présente sous un jour nouveau, dont on n'a peut-être pas tenu un compte suffisant, à en juger par l'absence de documents à cet égard.

Je ne sache pas en effet qu'aucun mémoire ait été publié en France sur la ligature antiseptique des veines. H. Lncas- Championnière lui consacre quelques lignes dans sa Chirurgie

1. Depuis rimpression de ce cbipitre j'ai pratiqué la Ugatore de la linguale une diiaioe de fois avec succès et toiùours avec réunioa par première intention.

antiseptique. «Tandis qu'on hésitait autrefois à porter les ligatures sur les veines, dit-il, on peut en faire en toute sécurité aujourd'hui, puisque le lien ne provoque aucune inflanunation, aucune suppuration autour de lui. ... . La chirurgie des veines est appelée à de grands progrès par cette méthode. •

C'est au fil qu'étaient dus, jadis, la plupart des accidents consécutifs à la ligature des veines : la phlébite, la. thrombose suppurée, la pyoémie n'étaient que les conséquences de Tin* ilammatioQ et de la suppuration provoquées par le lien ordinaire; rhémorrhagie secondaire elle-même ne reconnaissait pas d'autre cause.

La méthode antiseptique a complètement changé la faee des choses, le catgut a remplacé avantageusement le fil de soie, et, grâce à ces deu& facteurs, on peut dire aujourd'hui que les accidents se trouvent la plupart du temps conjurés.

Le paoseimeat de Lister est bien connu; quant au catgut, ses propriété^ oui été vamn en lumière par différents expéri* meotateurs anglais et allemands. J'ai pour ma paît communiqué, en 1877, à l'Académie des sciences,* deux faits de ligature de l'humérale, dont Tune g«érit au bout de quarantehuit heurtes *. Tout récemment, f ai repris ee sujet et ai fait conaaltre une série de cas de ligatures de gros vaisseaux artériels, qui ont guéri en quelques jours, grik^e à la réunion immédiate'.

Gonune ceimplémeat à ce mémoire, je me propose de me

livrer ici à une étude sur la ligature antiseptique des veines.

D'après les auteurs qui se sont occupés de la question, le

catgut n'agit pas toujours de la môme façon sur les différentes

parois du vaisseau lié.

Les uns, avec Spencer Watson*^ Baumgarten et Hueter*^ admettent que les parois de la veine peuvent s'accoler direc-

i. Comptes rendus Àcad, des sciences, 2 avril 1877.

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