‹ Fragments de chirurgie antiseptiqueChapitre 77 sur 95 · A, CURE RADICALE DE L'HTDROCËLE PAR L'INCISION ANTISEPTIQUE · texte numérisé non relu

A, CURE RADICALE DE L'HTDROCËLE PAR L'INCISION ANTISEPTIQUE

L^incision appliquée au traitement de l'hydrocèle se pratiquait déjà au siècle dernier, comme l'attestent les bulletins de l'Académie royale de chirurgie (1788); elle était réservée à certains cas spéciaux, tels qu'hydrocèle du cordon, hydrocèle du sac herniaire, hématocèle de la tunique vaginale. En dehors de cela elle était considérée comme une « pratique excusable chez les chirurgiens ignorants et barbares des siècles passés, mais universellement rejetée aujourd'hui (Gerdy)i*. Plus tard elle fut qualifiée «d'opération mauvaise» (Ghassaignac). Dans certaines circonstances pourtant on était forcé d'y avoir recours: et aujourd'hui encore, lorsqu'un phlegmon des bourses se déclare et menace la vie des malades, l'incision seule fait disparaître les accidents et guérit radicalement l'hydrocèle. Mais elle constitue alors un procédé de nécessité et non de choix.

La méthode qui jusque dans ces dernières années a été presque exclusivement appliquée à la cure de l'hydrocèle est la ponction suivie d'injections irritantes (vin chaud, teinture d'iode, chlorure de zinc, etc.). Cette pratique, généralement inoffènsive, peut quelquefois avoir des conséquences fâcheuses (phlegmon des bourses); souvent elle ne mène pas au but, si bien que Lisfranc avait émis l'opinion a que dans le cas le plus simple en apparence , le chirurgien doit avoir sous la main tous les moyens de modifier et même de changer la forme

1. Consulter à ce sujet Texcellente thèse du docteur Labadie, Bordeaux, 1882.

opératoire pour laquelle il s'est décidé <2 priori » (Gaz. des hopit.^ août 1844). Cette conclusion est basée sur un cas d'hydrocèle, que Lisfranc avait ponctionné sans obtenir de liquide; une nouvelle ponction ne lui donna que trois cuillerées de sérosité; il fait une injection de vin chaud qui ne sort pas par la canule. Alors il incise et trouve un hydrocèlei volumineux^ formé par des kystes nombreux adossés et remplis d'une matière semi-fluide, analogue à de la pulpe de raisin blanc (Labadie, loc. cit.). D'autres fois l'insuccès est dû à l'épaisseur des parois de la tunique vaginale (hydrocèles anciennes), au volume de la tumeur qui, malgré des ponctions successives, se reproduit sans cesse. L'incision, pratiquée avec toutes les précautions de la méthode antiseptique, trouve alors son indication.

C'est Volkmann qui le premier érigea cette pratique en méthode et, dès 1 876, fit connaître une série de 1 7 cas traités de cette façon^ Depuis lors il a répété son opération près de 200 fois, toujours avec succès, et a eu des imitateurs nombreux, parmi lesquels nous citerons Albert, Schede, Reyher, Angerer, Socin, Saxtorph, etc.

Sans aller aussi loin que Volkmann, qui préconise sa méthode, môme dans les hydrocèles simples, je crois qu'il y a lieu de lui réserver une place dans les cadres de la chirurgie. Je ne Tai jamais exécutée de propos délibéré dans les cas d'hydrocèle simple : la ponction, suivie de l'injection iodée, m'ayant toujours donné des résultats parfaits. Deux fois j'y ai eu recours forcément, pour un phlegmon des bourses, et une seconde fois pour une vaginalite suppurée. Le malade en question portait depuis un an une hydrocèle. L'injection de teinture d'iode, faite le 2 janvier dernier, amena une vive réaction. Le 13, rincision de la vaginale s'imposa et donna issue à 50 grammes de pus crémeux. La cavité fut désinfectée avec la solution forte. Pas de sutures. Gros drain, laissé pendant deux jours à demeure. Le 28 du même mois (15'' jour) la plaie était entièrement cicatrisée et le malade prenait son exeat. Le premier opéré guérit également rapidement et presque sans suppuration.

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