‹ Fragments de l'histoire de ma vie;Chapitre 10 sur 173 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Voici enfin, plus d'un siècle après la mort du feld-maréchal prince Charles- Joseph de Ligne, la première publication intégrale de ses mémoires dont il disait : « Je n'écrirais pas tout cela si l'on devait me lire à présent, mais dans cent ans, ces petites choses qui ont l'air d'être des riens feront plaisir. »

Les mémoires du prince de Ligne ! Que de savants refusent, aujourd'hui encore, d'admettre leur authenticité ! Prudence bien légitime sans doute, car nous savons maintenant que les publications faites en 1829 par la Bibliothèque universelle et en 1846 par la Revue nouvelle, n'en ont révélé qu'une portion infime, — pas même la cinquième partie, — et encore en l'élaguant de tant de particularités curieuses qui sont la caractéristique d'une époque et ajoutent à la valeur historique de mémoires authentiques.

Les volumineux manuscrits des œuvres posthumes du maréchal de Ligne, acquis en 1815 par le libraire Cotta de Stuttgart, ont passé par des vicissitudes assez compliquées qui ont retardé indéfiniment leur publication. Nous allons essayer d'en retracer sommairement l'his-

torique d'après les pièces d'archives que nous avons pu consulter.

Feu le prince Louis de Ligne nous avait, en 1914, autorisé à copier et à publier le manuscrit conservé au château de Belœil et que nous savions provenir du libraire Cotta. La même année un historien autrichien nous signalait, sans vouloir nous donner de précisions, l'existence d'un autre manuscrit beaucoup plus important. La guerre survint qui interrompit nos recherches et pour ne pas faire un travail incomplet et inexact en préparant une édition basée sur le seul manuscrit de Belœil, nous demeurions en expectative lorsque M. Edouard Chapuisat découvrit... chez le libraire Cotta, le manuscrit qui nous avait été signalé.

M. Edouard Chapuisat, avec une bonne grâce et une rare délicatesse, dont nous lui sommes profondément reconnaissants, a bien voulu nous abandonner ses droits d'éditeur. C'est à lui que nous devons de pouvoir enfin réaliser le vœu du prince Louis de Ligne de voir publier une édition complète des Mémoires de son illustre ancêtre.

Nous exprimons aussi notre respectueuse gratitude à S. A. la princesse Marie de Ligne, à S. A. le prince Eugène de Ligne et à l'Institut national Ossolinski, propriétaires actuels des divers manuscrits des Fragments.

Nos pensées reconnaissantes se portent également vers M. Henri Lebasteur, le prince Charles-Adolphe Cantacuzène, M. le comte Ernest de Ganay, et tous les « Amis du prince de Ligne », au concours desquels nous n'avons jamais fait appel en vain.

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