MES PRÉSENTS I
sait. On l'annonce. « Ah ! comment se porte-t-il ce cher Ligne? dit-on. Comme nous l'aimons! Est-il là? Qu'on demande quand il viendra et qu'on mette tout ce qu'il envoie où l'on voudra. Oh ! il est charmant. Qu'il est fou avec ce présent singulier. — Oh ! non, dit le prince, c'est qu'il me connaît. On mangera tout cela. » On ne le mangea pas. On l'oublia, ce qu'il y a de sûr. On ne m'en parla pas quand je revins. J'en dis un mot. « Quand et qu'est-ce que c'est, me dit-on? Oh! mon Dieu, oui certainement, je crois que je me souviens de quelque chose, mais je ne sais plus ce que c'est. »
Je parie que tout cela, avec le voyage, m'avait coûté plus de cinq cents ducats.
J'ai donné pour la même valeur peut-être à M. le duc d'Orléans en armes et équipages turcs ; à un de mes soidisant amis en cheval, housse, etc. ; autant en voiture excellente au maréchal de Lacy ; statues de mon jardin de Clôsterneubourg et berline anglaise au prince de Kaunitz ; en bijoux au prince Esterhazy; en pétrifications à l'empereur François I^r [qui me soutint que non six mois après] ; au prince Charles de Lorraine en fusils et nouvelles inventions. Ils l'avaient tous oublié et eux ni personne ne m'ont jamais fait de présent, excepté ce qu'on ne pouvait pas s'empêcher de me donner aux cours de France et de Russie.