CAHIER XIV
Aux manœuvres de la garnison de Potsdam. — A Versailles. — Ministres et généraux prussiens. — La vie est un rondeau. — Paul P''.
— Jean Palfy. — Catherine II et la cour de France. — Le prince de Kaunitz. — Le duc d'Enghien. — Confusions amusantes. — Une entrevue de Trautmansdorff et d'Antraigues. — De l'utilité de porter perruque. — Généraux autrichiens. — Une mésaventure de Joseph II en Crimée. — Excès de travail de Joseph II. — Manque d'enthousiasme et défauts de l'éducation autrichienne.
— Charles Clary,
Le général Kikeritz, adjudant et ami du roi, m'a raconté que le Grand Frédéric avait arrêté sa manœuvre de la garnison de Potsdam, lorsqu'il a su que j'avais arrêté mon départ pour la voir. Il l'avait commandée et contremandée le jour de mon arrivée, et quand je lui dis que je partais le lendemain, il l'ordonna à cinq heures du matin. Le prince royal m'y rencontrant en frac me dit : « Cachez-vous bien, car si mon oncle vous voit ...» Et dès qu'il sut que j'étais à la manœuvre il fit rentrer les troupes. Il m'aimait pourtant. Il m'avait bien traité. « C'était, me dit Kikeritz, qu'il était en accès d'humeur contre l'Autriche (i). »
(i) Variante B : « Pourquoi mit-il tant de prix à ce qu'il me montra sans le vouloir, d'aussi insignifiante qu'était ma présence?
« Cependant j'appris aussi par Kikeritz que dès qu'il sut que j'étais à la manœuvre il fit rentrer les troupes, mais pourtant qu'il ne m'en voulut pas. C'est qu'il était en accès d'humeur contre l'Autriche. »