‹ Fragments de l'histoire de ma vie;Chapitre 12 sur 173 · HISTORIQUE DES « ŒUVRES POSTHUMES » XXVII · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DES « ŒUVRES POSTHUMES » XXVII

ces œuvres parurent en 1817, mais que « les goûts et les mœurs avaient changé : ces dernières publications d'un talent déjà affaibli par l'âge n'eurent guère de l'écho (i). »

Les membres de la famille eux-mêmes ne sont pas mieux informés. Une des filles du maréchal, Flore, baronne de Spiegel, écrivait au prince Eugène, de Vienne, le 28 octobre 1834 •

« ...Comme vous faites bien de conserver et de restaurer tout ce qui a rapport à la famille ! Ce que vous avez arrangé doit faire un bel et noble effet : votre grandpère aurait peint tout cela en couleur de rose, et puis il aurait fait des petits jardins chinois...

« Avez-vous quelque connaissance de ces quatre gros volumes de ses Mémoires? Mme Rosalie (2) prétend les avoir eu en mains chez un libraire, en Italie, je crois, et M. O'Donnel prétend que c'est un volume qui a été fait à l'héritier de Cotta. Je ne comprends pas comment cela ne vous est pas encore parvenu, car on a ici tout ce qui paraît quinze jours après la publication. Je n'ai pas grande idée du contenu de ces quatre volumes (3) . . . »

Mais jusqu'à ce jour, l'indication bibliographique de Quérard n'a pas été complétée et les recherches méthodiques les plus minutieuses n'ont donné aucun résultat et pour cause : cette publication n'a pas été faite.

Il fut dit, à l'époque de la mort du prince, peut-être pour calmer certaines susceptibilités, pour décourager

(i) Mémoires de l'Académie royale de Belgique, t. XIX, 1845.

(2) Rosalie Rzevmska dont il sera question dans les Fragments.

(3) Archives de Belœil.

certaines curiosités en éveil que les œuvres posthumes ne seraient livrées à la publicité que dans un délai suffisant pour désintéresser toutes les convenances, désarmer toutes les malignités. On parla d'un délai de cinquante ans.

A de nombreuses reprises, la famille fut sollicitée. En 1843, le D^ Koreff, le célèbre aventurier allemand qui avait été en relations avec le maréchal, écrit au prince Eugène de Ligne qu'il ne s'explique pas pourquoi cette collection qui offre le plus grand intérêt n'a pas encore paru : « Savez-vous peut-être quelque chose, mon prince, dit-il, qui puisse expliquer ce singulier retard (i) ? »

Le bibliophile H. de L'Isle pose la même question en 1862 (2).

M. de Lescure, en présentant une édition des œuvres choisies du prince, émet des conjectures plus ou moins spécieuses sur l'existence des Posthumes. Il avait consulté, en 1888, à leur sujet, le prince Louis de Ligne. Une réponse courtoise mais fort évasive ne le découragea pas et il souhaita la surprise d'une publication : « Nous osons même espérer, écrit-il, que si les dignes descendants du prince de Ligne gardent encore quelques scrupules et hésitent dans l'intérêt même de leur illustre aïeul, à nous donner un dernier recueil d' œuvres posthumes, le fond du panier après sa fleur, ils verront un encouragement et comme le signal de l'occasion dans le succès de tout ce qui est en ce moment publié sur la vie ou les ouvrages du prince de Ligne (3). »

(i) AnncUes, t. VII, p. 51.

fa) Intermédiaire des chercheurs et des curieux, 1878, p. 583.

(3) Œuvres choisies du Prince de Ligne, Paris, Jouaust, MDCCCXL.

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