‹ Fragments de l'histoire de ma vie;Chapitre 139 sur 173 · A L ARSENAL DE BERLIN · texte numérisé non relu

A L ARSENAL DE BERLIN

Un général major s'en aperçoit et veut m'en empêcher. Il megronde. J'avais déjà envoyé promener, dans d'autres occasions, deux des nôtres sous les ordres de qui j'étais et avais encore (i) mérité d'être cassé.

Qu'on juge comme je reçus le Moscovite. Je lui dis que les Autrichiens ont mieux mérité ce butin que ses soldats, que je ne m'entends pas en capitulation et qu'il est un gueux. Il met la main à la garde de son épée. Je tire la mienne. Il reste, de peur de se compromettre apparemment avec un colonel, dans la même attitude que mourut Charles XII, mais il appelle la garde qui veut me désarmer. Je ne demande pas si je n'ai blessé personne, mais j'étais près de succomber à quelques coups de crosse de fusils dans le ventre lorsque mon camarade Pappenheim arrive avec un sabre énorme. Son bras levé et le mien qui tombe sur ces messieurs avec un gros kantschuk dont un colonel de cosaques m'avait fait présent, et que je jugeai faire plus d'effet que mon épée, me tirent enfin de la presse.

En en sortant, je rencontre sur la place Czernichew et Tottlebus. « Il y a du train ici près, me dit le premier, — Il me semble que oui, leur répondis-je ; il me paraît qu'on ne s'entend pas : c'est dommage, car je prêchai si bien l'union (2). »

(i) Dans S, en interligne « encore ».

(2) <i Tous les soldats étaient ivres... Mes grenadiers étaient logés dans des hôtels et n'en abusaient pas. Ils se donnaient des airs, mais ils ne prenaient et ne gâtaient rien . Je voulus procurer quelques fournitures à mon régiment aux dépens de celles que le roi avait dans une grande maison d'économie pour son armée. Je volai des culottes, des manteaux et des couvertures, malgré ceux qui étaient là pour m'en empêcher. Ils se fâchèrent, je me fâchai et je donnai des coups de kantschuk à tout ce qui était là. Leurs gardes se jetèrent sur mon aumônier et sur moi. J'évitai un coup de bayonnette que mon housard attrapa à ma place. Pappenheim vint à mon secours et on nous sépara. » Mélanges, t. XVI, p. 46 sqq.

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