HISTORIQUE DES « ŒUVRES POSTHUMES » XXXIII
dont voici la liste qui, pour cette fois-ci, est la véritable, car j'ai menti plusieurs fois et ai repris bien des choses que je croyais ne faire paraître qu'après moi :
« 1° Les journaux de mes trois campagnes de 1788, 1789 et 1790 ;
« 2° Parthenizza, ouvrage philosophique et historique ;
« 40 Contes qui n'en sont pas ou confidences de mes amis ;
« 50 Mes écarts posthumes ;
« 6° Lettres intéressantes qu'on m'a écrites, avec très peu de réponses de ma part, qu'on a copiées sans que je le sache, car je n'ai jamais fait de brouillon ni de copie (i). »
Ligne date du i^'* mai 1797 « une de mes préfaces pour mes posthumes » qui figure dans le premier cahier du manuscrit S. Cependant, en 1807, il ne paraît pas encore être décidé à conter bien des choses dont il parle dans les Fragments. Il écrit en effet : « Les bontés paternelles du bon et respectable empereur François 1^^, maternelles de la grande Marie-Thérèse et quelquefois presque fraternelles de l'immortel Joseph II ; la confiance entière du maréchal de Lacy et presque entière du maréchal Loudon ; la société intime de l'adorable reine de France ; l'intimité de Catherine le Grand, mon accès chez elle
(i) îSious ne parlons dans cette introduction que de ce qui peut être utile à la connaissance des Fragments. Quant aux autres œuvres posthumes elles ont été déjà publiées en partie dans les Annales, où nous leur consacrerons ultérieurement une notice spéciale.
XXXIV FRAGMENTS DE l'HISTOIRE DE MA VIE
presque à toutes les heures ; les bontés distinguées du grand Frédéric, rendraient mes Mémoires bien intéressants. Je n'ose que les admirer, les adorer, les pleurer et leurs alentours m'en deviennent sacrés, puisque je me refuse à parler de six cours où j'ai été à portée de les juger ainsi que ces souverains dont la mémoire est si chère qu'on doit sans cesse les bénir. J'ai vu ces souverains calomniés et j'ai maudit les injustes et les ingrats (i)... »
Le 21 avril 1809, Ligne écrit, de Vienne, à son éditeur :
« Comme voilà la communication dérangée pour longtemps, je vous prie, cher monsieur de Walther, avec un prote français ou un avertissement pour l'indulgence des fautes d'impression, de vouloir bien joindre encore ceci au reste que vous avez entre les mains, pour continuer à imprimer.
« Je vous en serai bien obligé. Comme je vous l'ai écrit, mes intéressants posthumes qui le sont plus et plus piquants que le recueil fait par Mme de Staël, vous dédommageront de toutes vos peines. Conservez-moi votre amitié et soyez bien sûr de celle que j'aurai toute ma vie pour vous (2). »
Vers la même époque, il écrivait à Mme de Staël : « Quoique toutes vos plumes soient d'or, je ne me sers de celle que vous m'avez donnée que pour écrire mes Posthumes dont elle fera la fortune. Je me vengerai ainsi de mes contemporains qui, comme de raison, ne veulent
(i) Mélanges, XXIX, p. 268.
(2) Inédit. Archives du château de Mariemont (Belgique).