HISTORIQUE DES « ŒUVRES POSTHUMES » XXXV
plus me lire qu'en vous, et leurs survivanciers seront obligés de parcourir ce que
mes trop fertiles plumes Par mois ont pu, sans peine, écrire de volumes (i), »
En 1811, Ligne a décidé de confier à un de ses. amis, le comte Alexandre de Laborde, « homme du monde, de lettres et d'État », le soin d'éditer ses Posthumes. Il communique à l'imprimeur Walther l'acceptation de son ami et les détails de l'arrangement dans une lettre datée de Vienne, le 21 février 181 1 (2).
« Voici, cher monsieur de Walther, un arrangement qui vous sera, je crois, utile, car il y a bien de l'apparence que vous me survivrez, ainsi que le comte de Laborde, dont je vous envoie la lettre qui lui sert d'arrangement vis-à-vis de vous.
« La manière dont les journaux me traitent depuis si longtemps, surtout depuis que les extraits de Mme de Staël ont paru, me font croire que mes Posthumes seront recherchés. Il y aura de quoi faire autant de tomes que ceux qui existent. Mais il peut y avoir des indiscrétions échappées ou des noms compromis qui exigent le choix et le jugement d'un homme de lettres qui, ne sachant pas les endroits où j'ai déposé les manuscrits, les croit chez vous,
« Je me suis peut-être mal expliqué pour la somme.
(i) Nouveau Recueil, t. I, p. 169-170.
{2) Ce document qui est conservé aux archives du château de Montjeu, en Bourgogne, appartient à S. A. la princesse Marie de Ligne, qui a bien voulu autoriser M. le comte Ernest de Ganay à le publier dans les Annales, t. VI, p. 271-276.
XXXVI FRAGMENTS DE l'HISTOIRE DE MA VIE
C'est celle de huit mille florins en bon argent, au lieu de huit mille livres de France, pour de bonnes œuvres dans mon régiment, en mettant ce capital en rentes le plus haut possible, pour que tous les colonels qui se succéderont les emploient pour les veuves, les orphelins et vieux ou vieilles que ce petit secours pourra assister.
« Ce sera à vous, notre bienfaiteur, à voir ce que vous aimez le mieux, ou d'imprimer à vos frais, à cette condition et y gagnant beaucoup, ce qui est très apparent, ou aux frais du comte de La Borde, qui placerait la somme de huit mille florins et vous payerait, outre cela, ce que vous vous arrangeriez avec lui pour recevoir d'avance ou après la vente de ces manuscrits qui vous appartiennent.
« C'est l'homme le plus juste, le plus loyal, le plus généreux et le plus éclairé que je connaisse ; homme du monde, de lettres et d'État, à qui vous pourrez vous confier pour tout.
« Il croit que le dépôt de cet ouvrage est chez vous. Il l'y trouvera après ma mort, puisque j'ai ordonné qu'on vous le porte tout de suite, et il se rendra alors à Dresde pour faire avec vous les dispositions de l'éditeur. Je n'en connais pas un meilleur.
« On lit, avec plaisir même, la vie des gens médiocres qu'on a connus : auteurs, acteurs, musiciens. La mienne sans être bien merveilleuse paraîtra un peu plus piquante, d'autant plus que supprimant tant de détails enfantins et autres dont les éditeurs ne font jamais grâce, je la donne seulement en fragments.
« Les lettres des derniers grands hommes, ou grands et petits souverains, beaucoup de mémoires, projets et