‹ Fragments de l'histoire de ma vie;Chapitre 21 sur 173 · HISTOIRE DV MANUSCRIT B. XLIX · texte numérisé non relu

HISTOIRE DV MANUSCRIT B. XLIX

« Je suis donc autorisé de la part de ma famille à faire deux propositions à Votre Altesse, qui consistent :

« 1° ou que Votre Altesse veuille acheter les manuscrits qui se trouvent entre les mains de M. Renouard, dont elle dit tant de bien, simultanément avec la cassette de lettres déposée chez moi, à raison de dix mille francs ;

« 2° ou qu'elle veuille acheter la dernière telle qu'elle est, et à part, à raison de cinq mille francs.

« Toutefois, j'espère que ces propositions roulant sur une demande de la moitié et relativement d'un tiers de ce que les papiers en question ont coûté à mon père ne sauraient altérer la gracieuse bienveillance que vous avez bien voulu témoigner à moi et à mon beau-frère de Reischach qui me charge de présenter ses hommages à Votre Altesse. Tout en me réjouissant de voir bientôt retourner les lettres précieuses que je garde à votre service dans les archives de votre famille, j'ai l'honneur... »

Le 12 septembre 1834, ^^ baron de Cotta fait savoir son parfait accord au prince de Ligne au sujet de la vente de la cassette de lettres adressées au maréchal pour le prix de 5 000 francs. Le vendeur se réserve le droit de les faire copier et de les publier. La somme est versée le 15 décembre 1834. Le 23 du même mois, le prince Eugène dépose ces documents aux archives de sa maison et pour en expliquer l'origine, il y annexe une Note en mémoire pour mes descendants, revêtue du sceau de ses armes :

« Je déclare avoir racheté pour la somme de cinq mille francs la correspondance autographe des souverains et personnages célèbres adressés à mon aïeul, le feld-maré-

chai, prince de Ligne, dans le cours de sa vie militaire, politique et littéraire. Le prince mon ayeul, dont je suis loin de vouloir attaquer la mémoire pour ce fait, eut cependant le tort délaisser, par ses dernières dispositions, ces documents précieux (qui n'eussent jamais dû sortir de la famille) au comte et à la comtesse O'Donnel, avec la clause en les vendant de remettre une certaine somme du prix de la vente à la compagnie des gardes du corps de l'Empereur, dite des Trabans, dont il était capitaine. Il leur légua également ses manuscrits devant servir de matériaux à ses Œtwres posthumes. N'ayant rien tant à cœur que l'illustration de ma maison dont la continuation est un legs à moi laissé par mes ancêtres, je suis parvenu à racheter aux héritiers de M. Cotta, qui en avait été l'acquéreur pour une somme de 20 000 francs, ce que je considère comme une chose très intéressante pour les archives de la maison de Ligne...

« Les manuscrits de mon ayeul (c'est-à-dire ce qui est de sa composition) sont en ce moment déposés chez le libraire Renouard. Je les ai examinés, je n'ai pas jugé à propos de les acheter, M. de Cotta fils ayant donné à ce libraire la commission de chercher à en tirer parti. »

Cependant, le même jour, le prince écrit à Renouard pour lui demander si les manuscrits sont encore entre ses mains et quelle valeur il y attacherait. Il lui demande aussi un inventaire sommaire de ces papiers.

Le libraire répond le 4 janvier 1835 :

« Monseigneur, « ...Depuis votre séjour il m'a été impossible de penser à tirer parti de ces précieux restes, aussi se trouvent-ils

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