HISTOIRE DU MANUSCRIT B. LI
encore dans l'état où vous les avez vus. Je viens de les feuilleter et voici une note très succincte de ce que j'y trouve. Vous savez qu'une grande partie est de la main du prince.
« Poésies diverses, 174 feuillets.
« Documents et mémoires concernant la révolte des Pays-Bas sous Joseph II.
« Mémoires, récits, observations, etc., touchant les affaires du temps, les campagnes, les batailles, etc., etc., 60 cahiers environ,
« Pensées, maximes, critiques, etc., etc., 60 pièces et cahiers environ.
« Galerie de portraits, cahier de 87 pages.
« Lettres et billets : 11 sans signatures, 2 du prince Louis de Wurtemberg, i de Sabatier de Castres, i du général de Zimmermann, i de Belloy, i de Mme de Bentinck née d'Oldenburg, i de Golowkin, i de Gualtierini, I Kotzebue, i de Ribas, i Adèle de Souza, i Guibert, I général comte de ..., 13 de Voltaire (copies), copies avep notes de lettres originales du grand Frédéric, copies diverses, etc., etc.
(c II faudrait du temps pour classer et décrire comme il convient tous les papiers politiques dont plusieurs me paraissent présenter de l'intérêt.
« Le prix le plus bas que je puisse accepter pour la totalité de ces manuscrits, que je ne diviserais pas, est de 2 500 francs. Peut-être obtiendrait-on davantage par la publication d'un ou deux volumes d'œuvres posthumes, mais le temps me manque actuellement pour m'en occuper... »
Le prince Eugène a noté au crayon vis-à-vis de Ténu-
mération des lettres : « i du prince Henri de Prusse, 2 du Père Griffet, 2 de Mme de Staël, 2 de Mme de Genlis. »
Un accord intervint finalement le 14 août 1835 et, après l'approbation du baron de Cotta, le prince devint propriétaire des Posthumes pour une somme de deux mille francs, le 18 avril 1836.
Dans rénumération des papiers déposés chez Renouard on trouve bien « 60 cahiers de mémoires, récits, observations, etc., touchant les affaires du temps », mais aucune mention ne désigne explicitement les « fragments ». Ces manuscrits comprenaient-ils réellement les « fragments »?
Les archives de Cotta ne permettent pas de le déterminer avec certitude. Toutefois ce passage de la lettre adressée à Cotta par le prince Eugène, dans lequel il fait allusion « aux documents les plus intéressants sur l'histoire et la politique de près d''un siècle »... autorise à l'admettre.
D'autre part, G.-C. Cotta travailla intimement avec son père Joh.-F. Cotta, et outre la lettre au prince Eugène citée plus haut, il écrit aussi au libraire Etienne, le 14 octobre 1833, pour lui demander ce que sont devenus les manuscrits et il fait mention des 20 000 francs payés par son père pour cette acquisition.
En comparant la quantité des divers documents de a posthumes » énumérés par Renouard et conservés aux archives du château de Belœil, avec les douze cahiers des « fragments » on peut admettre que ceux-ci (ms. B) faisaient partie intégrante du dépôt Renouard.