‹ Fragments de l'histoire de ma vie;Chapitre 31 sur 173 · ORIGINES DE LA FAMILLE DE LIGNE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE LA FAMILLE DE LIGNE

Nous avons tous été braves, à ce qu'il me semble, de père en fils, même les bâtards qui avaient le rang de gentilshommes et se faisaient gloire de s'appeler ainsi.

J'ai vu une tombe le Bâtard de Ligne tué en Afrique: beaucoup de pères et oncles tués à la guerre. Mon bisaïeul qui avait assez de mérite à ce qu'il me paraît, empoisonné à cause de cela en Espagne où il était président de guerre du Conseil de Castille, vice-roi de Sicile, gouverneur général du Milanais, etc., souvent battant et quelquefois battu à la guerre, et pris à la bataille de Lens à la tête de l'infanterie après avoir fait des merveilles (i).

Avant tout cela beaucoup de tournois, de blessés, de combats à outrance dans les premiers siècles de chevalerie, des croisades, etc.

onzième siècle, à Fastré, surnommé à'Alsassen ce qui confirme les documents des archives privées de la famille, d'après lesquelles les Ligne sont issus d'Héribrand d'Alsace qui, s'étant établi en Hainaut et ayant hérité du chef de sa mère la terre de Ligne, en prit le nom et brisa les armes d'Alsace en changeant les couleurs.

Variante B. « Dans les fables ou l'histoire de ma maison, je sais qu'on lit sur un vieux parchemin qu'elle vient d'un roi de Bohême. D'autres disent d'un Thierry d'Enfer descendant de Charlemagne et qu'enfin notre origine est la même que la maison de Baden, ce que je croirais assez puisque nous avons les mêmes armes et aux alérions près que la maison de Lorraine ; également pour les trois livrées rouge et jaune, comme nos armoiries, avec cette différence que, de même qu'il y a plusieurs bleus et plusieurs verts, quoiqu'il n'y en ait qu'une couleur dans le blason, pour différencier les familles et la mienne, par exemple, nous avons la couleur de rose, comme d'autres ont le cramoisi. »

(i) Claude-Lamoral I", 161S-1679. On trouvera sa biographie complète dans F. Leuridant : Une ambassade du prince de Ligne en Angleterre, Bruxelles, Falck, 191 4, et Id ; Un pèlerin belge à Notre- Dame de Lorette, Bruxelles, Falck, 191 9.

Ma bisaïeule, princesse de Nassau, belle fille de la Lorraîne, nièce de Henri III, et mon grand-père morts subitement à la chasse à Baudour, dans le bois, en attendant un sanglier à leur poste. J'ai raconté je crois, ailleurs, l'histoire du Grand Diable.

En tout cas la voici.

Un de mes grands, grands et très grands-oncles s'appelait le Grand Diable de Ligne (i). C'était un vrai diable car il avait un sérail dont les restes existent encore à une lieue de Belœil où il mettait les femmes et les filles de ses voisins. Ces manières-là ne plurent point à la Cour quoique Charles V ne fût pas fort scrupuleux. Il demanda la Toison. On ne la lui donna pas. Son frère aîné, d'ailleurs, l'avait et les parents de sa femme qui était Philippotte de Luxembourg ne lui rendaient pas service, au contraire. Il attacha un loup à une corde en. or et alla ainsi à la Cour. — Qu'est-ce que cela veut dire, lui dit-on, quand il y parut? — C'est, répondit-il, un loup destiné à manger les moutons. Il sortit bien vite après cette déclaration-là, comme on peut s'en douter, donna cet ordre qu'il appelait la cordelière à ses premiers vassaux, leva des troupes dans ses terres, se mit ^u service de Henri VIII, prit Tournay pour lui et en reçut le nom et la principauté de Mortagne.

Un autre de mes grands-pères contrarié par les États de la même ville de Tournay, assemblés à l'hôtel de viUe, en grimpa à cheval les escaliers armé de toutes pièces. Cette apparition très chevaleresque lui fit obtenir dans l'instant ce qu'il voulait.

(i) Antoine, mort en 1532, avait épousé Philippotte de Luxembourg décédée en 1525.

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