‹ Fragments de l'histoire de ma vie;Chapitre 34 sur 173 · L ONCLE FERDINAND · texte numérisé non relu

L ONCLE FERDINAND

nous après la prise de Bruxelles. Je ne le vis pas de sens froid (i).

Elle avait un peu passé, mais apparemment (2) elle est revenue plus forte que jamais. C'était un pauvre Amilcar et je fus un pauvre Annibal car je ne prévois pas pouvoir leur faire du mal.] (3)

L'année de ma naissance me paraît extrêmement incertaine, puisque peu ou point baptisé (4), ou légère-

(i) Variante L : « Le duc de Croy... sens froid » n'existe pais.

(2) Variante L : « Assurément » au lieu de « apparemment ».

{>,) Emmanuel, duc de Croy, maréchal de France, 171 8-1787, résidait dans son château de l'Hermitage, à Condé-sur-Escaut, à trois lieues de Belœil, où il avait créé des jardins remarquables dont 'Lignepa.rlea.vecélogesdansle Coup d'œil sur Belœil, Mél., t. IX, 103.

(4) Variante B : « Ai-je dit que mon âge doit être incertain puisque je n'ai pas été trop bien baptisé. Faute d'un extrait ou d'un protocole (je ne sais comment cela s'appelle) j'ai perdu un procès. »

Charles-Joseph est né à Bruxelles le 23 mai 1735, et l'acte de sa naissance est bien enregistré à la paroisse de Sainte-Gudule. Aussi l'invraisemblance apparente de ce passage a été saisie avec empressement par divers auteurs pour contester l'authenticité des fragments publiés. La confusion créée dans l'esprit du prince s'explique par le fait que son archiviste Lej^geb, ayant dû rechercher cet acte pour le produire dans une affaire qui avait pour objet les droits de la maison de Ligne à la succession de Lorraine et de Nassau, avait éprouvé beaucoup de difi&cultés à se le procurer. Il écrivait au prince, le 27 décembre 1772 : a II n'y a pas plus d'exactitude dans les registres du curé de Sainte-Gudule que dans ceux de Belœil ; la raison de l'un et de l'autre est que les enfants ont été ordinairement baptisés à la maison et sans la cérémonie accoutumée de les nommer, qu'on se réservait pour un autre temps et ce temps n'arrivait pas et on n'en tenait plus note. » En réalité, par licence spéciale du cardinal-archevêque de Jklalines, le baptême se fît à l'hôtel de Ligne par l'aumônier de régiment du prince, sans la formalité ordinaire de l'imposition du nom réser\-ée pour une solennité ultérieure, l'Empereur Charles VI ayant accepté d'être parrain et ayant prié sa sœur l'archiduchesse

ment peut-être par l'aumônier du régiment de mon père, j*ai perdu un procès qui dépendait de mon extrait baptistère qu'on n'a pas trouvé. Ce que je sais c'est que je suis né avant [l'année] 1740, et qu'à peine j'entendis parler du prince Eugène, mort il n'y avait pas longtemps, que je voulais, disais-je, tout petit que j'étais, le remplacer.

Ce fut la première pensée que je me rappelle. La seconde qu'on faisait la guerre dans ce temps-là et que cela me montait la tête. Je me souviens que l'on parla[it] devant moi de la bataille de Dettingen où Ligne- Infanterie et Ligne-Dragons avaient fait des merveilles (i).

J'entendis le feu de la bataille de Fontenoy et je vis qelui des sièges de Mons, Ath, Saint-Ghislain. J'étais à celui de Bruxelles où mon père [et] mon oncle furent faits prisonniers de guerre (2).

Marie-Élisabeth, gouvernante des Pays-Bas, de tenir lieu de marraine. Voir F. Leuridant, Lettres et billets inédits du prince de Ligne et de ses familiers, Bruxelles, Lamertin, 191 9, p. 52 et suivantes.

(i) Dettingen, ville de Bavière, sur le Main, victoire de l'armée anglo-autrichienne sur l'armée française (1743).

2) Variante B. « En 1745, bataille de Fontenoy que j'ai entendue; 1746, siège de Bruxelles où j'ai été fait prisonnier, c'est-à-dire mon père et tout ce qui lui appartenait: encore en 46, siège de Mons, de Saint-Ghislain, je crois,, en 47 et d'Ath que j'ai vus. «

Dans une lettre à M. de la Place {Nouveau Recueil, t. I, p. 118) : « J'ai sept ou huit superbes ruines de forteresses dans mes terres et quatre champs de bataille. Je suis même né au miUeu des alarmes ; encore bien enfant j'ai entendu, de Belœil, la canonnade de Fontenoy ; j'ai vu entrer trois boulets dans la porte cochère de l'hôtel de Ligne, moi étant au-dessus, sur le balcon, au siège de Bruxelles ; et d'une hauteur au centre de ma forêt, mon père, qui était prisonnier de guerre, me menait (quand par hasard j'avais été sage) voir prendre Mons, Saint-Ghislain et Ath. »

Fontenoy, village sur la rive droite de l'Escaut : victoire des Français sur les Anglais, Autrichiens et Hollandais coalisés {1745). — Les divers sièges cités ont eu lieu en 1 746.

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