‹ Fragments de l'histoire de ma vie;Chapitre 64 sur 173 · GUERRE DE HOLLANDE · texte numérisé non relu

GUERRE DE HOLLANDE

arrête pas et nous eûmes outre la fatigue de devoir aller chez nous à pied, encore celle de la bataille.]

[J'oublie de dire qu'en 1784 j'avais écrit des espèces de mandements à tous mes curés, dans mes terres, à l'occasion de la guerre de Hollande, deux ans auparavant, pour en avoir des recrues à force d'argent. J'en ai eu deux cents et les treize cents étrangers que j'enrôlai dans trois semaines, pour qu'ils fussent aussi de belle taille, me coûtèrent plus de deux mille ducats. J'aurais été bien attrapé si je n'avais pas connu la très ingrate maison d'Autriche : aussi tant de coups de fusils que j'ai essuyés pour elle, tant pour mon honneur et tant d'argent dépensé pour mon plaisir ou faste ou bienfaisance à

l'armée.]

[Mais ce que j'ai regretté c'est d'avoir trop exposé ma santé en suivant trop mon chien de zèle. Les inondations des Hollandais, le mauvais air de leurs marais où je passais tant d'heures, et l'espèce de peste dans la guerre des Turcs, jointe aux pieds dans l'eau de la tranchée, m'ont mis deux fois aux portes de la mort. Ai-je raconté comment je gagnai cette diable de fièvre? Car sans cela je crois que mon incroyable constitution

m'en aurait préservé.]

[On m'a dit qu'on avait fait ce chronogramme à Bruxelles, au milieu des feux de joie en ma faveur :

ViVe Lo U Don ViVe De Ligne BelgraDe est Va NCVe.

Hélas ! ce fut un 14 de juillet que je vis mourir Loudon. Bien plus hélas! encore deux ans après, un autre 14...]

[Mes deux voyages de Coblence, ce que me dit le roi de Suède. Mon aventure d'un de mes Turcs avec le gentilhomme français. La voici :

Cadet de houzards émigré il trouva mauvais qu'Osman lui cria de dessus le siège de ma voiture de quitter la chaussée. Il lui dit des injures, s'anime, lui donne un coup de sabre qui ne lui fend que la manche de sa capote et un peu la peau. Osman lui fait avec le sien une entaille dans la joue qui en devient un peu pendante. Il vint à ma portière me la présenter en me disant : « Le sang d'un gentilhomme français ! » Je lai dis qu'il devait respecter ma livrée et les voyageurs. Il se fâche. Je me fâche. Je veux descendre. On m'en empêche. Je lui dis de venir me trouver à Aix-la-Chapelle où je vais coucher. Il n'en fait rien,]

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