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alors Supérieur du Séminaire. et lui fait part de Ë
ses intentions. ‘“ Vous voulez faire un prêtre, lui dit le vénérable Supérieur, en lui mettant la main sur l'épaule... Vous êtes bien jeune...
seize ans !....Bien....bien .... Allez-vous-en dans le monde, petit, on verra plus tard.” L'Etat doit remercier l'Eglise de sa générosité en cette
circonstance, ajoute M. L. O. David, auquel nous |
empruntons ce trait charmant.
Dans ses rapports avec les petits et les malheureux, M. Demers se montrait doux et souriant. (C’était un bon père pour tous.
En étudiant de près le mélange de force et de bonté qui forme le fonds de cette nature d'élite, on est frappé de la richesse de son intelligence, de l'énergie de son tempérament, de son incroyable âpreté au travail; pardessus tout, l’on admire cette simplicité pleine de modestie, cette aimable condescendance pour la jeunesse, dans l'esprit de laquelle, éducateur expérimenté, il sait inculquer, claires et saisissantes, les notions rudimentaires de ce qui sera plus tard, pour beaucoup du moins, le secret de leurs succès dans le monde,
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Pour lui, la célébrité, les hommages et les louanges ne sont qu'oripeaux et vaine gloriole. Les éloges, même les plus modérés, il les dédaigne. Il n’a qu’un but en vue: former, instruire la jeunesse, en exprimant des idées dont elle puisse se pénétrer facilement, en énonçant des principes dont le sens et la conception s’inoculent aisément dans son esprit. En dehors de cela, tout éclat l'offusque.
Au reste, amateur passionné du beau, M. Demers en faisait ses jouissances les plus douces, sachant les communiquer aux autres, et ne négligeant jamais, tout en s’adonnant aux sciences naturelles, le culte sacré des lettres auxquelles il
, Q Q °° 7 \ s'était initié dès son adolescence.
Fort, vigoureux, bien doué sous tous les rapports, il travaillait comme pas un ; rien ne lui coûtait pour apprendre ; les jours n'étaient pas assez longs, il y ajoutait les nuits, tant il voulait pénétrer tous les secrets de la science, non pas par pure satisfaction personnelle, mais pour le bénéfice d'autrui.
Il revoyait toujours avec plaisir ses anciens
élèves ; il les suivait dans les diverses phases de leur existence, dans les luttes qu’ils avaient à soutenir, dans les difficultés de la vie journalière ; il les encourageait et les guidait de ses conseils sages et éclairés. Eux, de leur côté, ne l’oubliaient pas.
Se rappelant leur professeur, leur guide du Séminaire, ils recouraient, pleins de confiance, à ses lumières, au milieu des vicissitudes de l’époque : ce fut pour eux comme un phare dont ils ne voulurent jamais détourner le regard, craignant avec 1Aisou d'aller faire naufrage sur les nombreux écueils dont est parsemé le fleuve de la vie.
Et l'on peut dire avec l’assurance la plus entière que la génération formée à son école, nourrie des principes les plus sûrs et les plus solides, fut une génération d'élite, puissante par la volonté et la force de caractère ; c'est d’elle qu'est sortie cette phalange d'hommes remarquables qui illustrèrent et illustrent encore aujourd’hui le Sacerdoce Canadien ; c’est elle aussi qui, faisceau inattaquable, sut tenir ferme le drapeau national, et faire tourner, par la voie des réformes constitutionnelles, à notre avantage ce qu'aurarent pu
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avoir de désastreux pour nous les événements de cette période tourmentée de notre histoire.