‹ Fragments de l'histoire religieuse et civile de la Paroisse de Saint-Nicolas [microforme]Chapitre 68 sur 85 · LE 14 OCTOBRE · texte numérisé non relu

LE 14 OCTOBRE

L'homme aimable à la société sera plus ami qu’un frère. (Ecel. XVIII, 24.)—

Ces paroles de lEcclésiastique s'appliquent d’une manière frappante au caractère du jeune professeur de belles-lettres dont le Séminaire de Québec pleurait la perte prématurée dans l’automne de 1889. Du reste, c'était chez lui une qualité héréditaire : car, la bonté, l’amabilité sont les traits distinctifs de cette brave et excellente

famille decultivateurs quis’est honoréeelle-même en se faisant une gloire de l’art agricole qu'elle a toujours pratiqué avec un grand succès.

L'ancêtre, François Olivier, citoyen d’une haute respectabilité, se fixa à l’encoignure Nord-Est de la route Craig et du chemin de Vire-Crèpe, au même endroit où demeure aujourd'hui son petit-fils Basile. Le père Olivier fit à peu près comme tous les colonisateurs ; il établit ses enfants dans son voisinage le plus immédiat possible, gardant à la maison paternelle le cadet, Modeste, le seul qui lui survive aujourd’hui, et qui célébrait ses ‘noces d’or, il y a deux ans. Tous, sans être fortunés, ont su acquérir une honnête aisance et se procurer les paisibles jouissances qui sont la juste récompense de l’énergique labeur de ce préféré de Dieu, l’homme des champs.

Ta famille Olivier revendique pour elle la gloire d’avoir envoyé à la défense du Saint-Siège l’un de ses membres, le seul représentant de la paroisse de Saint-Nicolas dans ce grand et mémorable tournoi du dévouement et de la foi.

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Zouaves pontificaux en 1866, mon ami, le Dr. L. E. Olivier, était mon voisin d’études au Séminaire de Québec. La phtisie pulmonaire faisait à vue d'œil des ravages rapides sur sa constitution et personne ne ‘“emblait douter de l'issue fatale de la maladie.

Aussi, lorsque n'écoutant que son courage, ils le virent se décider à partir pour Rome, ses amis acquirent la certitude qu'ils ne le verraient plus. Et en lui serrant la main, après le chant du départ daas l’église de Notre-Dame des Victoires à la Basse-Ville, je me dis à moi-même que c'était entre nous un éternel adieu.

Mais la Providence veillait sur les défenseurs de son Vicaire ici-bas. La douce température de Rome et de bons soins amenèrent un rajeunissement de forces, unerénovation detout lesystème, opérèrent en un motune transformation complète chez le jeune zouave. Sa santé se rétablit: il servit bravement, et, lorsqu'il revint au pays, il put entreprendre et terminer avantageusement à l’'Université-Laval son cours d’études médicales,

Il avait épuisé ses ressourcss pécuniaires et avait même encouru de fortes dettes: mais ses sacrifices furent bien recompensés. Il s'établit à Saint-Ferdinand d'Halifax où sa clientèle devint très étendue et très lucrative. En 1878, il fut élu député aux communes pour le comté de Mégantic. Défait aux élections suivantes, et déjà malade, il mourut peu de temps après.

Il avait épousé, en premières noces, Mlle Pelletier, fille de M. Pelletier, riche marchand de St- Ferdinand d'Halifax, et, en secondes noces, Mile Cormier, fille du sénateur Cormier.

Doué d’un bon jugement, M. Olivier ne brillait guère sous le rapport de l’éloquence. La Providence lui avait refusé ce don. En revanche, ses qualités du cœur et de l'esprit le faisaient aimer et rechercher de tous.

Né en 1848, il décédait en 188 à l’âge de ans. Il fut inhumé dans l’église de Saïint-Calixte de Somerset, au milieu d’un concours considérable de citoyens de toutes les parties de son ancien comté et des environs.

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L'ABBÉ CLIVIER 363

prévu, et de tous ceux qui ont frappé la famille Olivier depuis quelques années, l’on peut affrmer que s’il est vrai de dire “que Dieu châtie ceux qu’il aime, ” Polycarpe Olivier, le père du distingué professeur de belles-lettres, doit être sûr d’une grande place dans les largesses de ce Dieu puissant ; car il s’est vu frappé à coups redoublés dans ses affections les plus chères. Entrez dans le cimetière de St-Nicolas, vous y verrez quatre tombes : c'est la mère et trois de ses enfants, dont deux élèves du Séminaire de Québec, décédés ar r'omentoüils allaient donner les plus belles espérances et les plus douces consolations à leurs parents, tandis que sous le parvis du sanctuaire un quatrième, le prêtre celui-là, repose en paix pourles bénir et partager avec eux les joies de l'éternel bonheur.

Il n'entre pas dans le cadre de cette étude de nous étendre bien longuement sur la vie de l’abbé Olivier. Nous dirons seulement sa bonté, sa douceur, son amour du travail, sa saine appréciation du beau, du vrai et du bien, les qualités si délicates de son cœur et de son esprit. Pour cela nous reproduirons l'éloge académique qu’a

fait de lui l'abbé L. A. Paquet, éloge qui est bien au-dessus de ce que nous pourrions dire nous-mé. mes. (1)

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