‹ Fragments de philosophie cartésienneChapitre 12 sur 35 · RÉFLEXIONS SUR LE DERNIER ÉCRIT DE DOH RORERT · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR LE DERNIER ÉCRIT DE DOH RORERT

« Aussitôt que l'on nous eut mis entre les mains lo dernier écrit de dom Robert et que nous eûmes vu combien il étoit plus court que les précédents, nous jugecîmes d'abord que les syllogismes avoient eu l'eiTet qu'on s'en étoit proposé, et que son Eminence nous sauroit gré d'avoir réduit dom Robert à ne plus nous proposer un chaos d'objectioi;s qui n'étoit souvent qu'une redite et qui ne servoit qu'à embarrasser la dispute par de nouvelles obscurités dont il semble que cet adversaire juré de Ml. Descartes s'est voulu seivir jusqu'à présent pour éviter le combat. Mais avant fait la lecture de ce nouvel écrit , nous avons bien reconnu qu'il n'est pas si facile qu'on le

pense de réduire dom Robert aux termes d'une dispute réglée ; il nous a paru que sa réponse n'étoit courte que I arce qu'il n'avoil pas le moyeu de la faire longue, et que, si on en retranchoit ce qui est hors d*œuvre. peutêtre ne serions-nous pas obligés d'écrire de nouveau sur ce sujet. C'est à son Êminence , qui a bien voulu être le modérateur de cette contestation , à juger par les réflexions suivantes si nous avons droit de parler de celle façon.

« Dom Robert a cru se lirer d'affaire à fort peu de frais, en accusant celui qu'il croit auteur des syllogismes de n'avoir pas seulement su de quoi il est question ; ensuite de cela, il a bien voulu prendre la peine de l'en instruire; et, pour conclusion , il jcst assez honnête pour ne pas se prévaloir autant qu'il auroit pu de cet avantage. Il lui donne pouvoir de rentrer de nouveau en lice , et sa modération est si grande qu'il lui laisse tout le loisir dont il pourroit avoir besoin pour mieux prendre ses mesures, en l'assurant qu'iï attendra patiemment de nouvelles preuves,

« Comme nous sommes persuadés que dom Robert a parlé de bonne foi, et qu'il a dans l'âme les sentiments qu'il exprime par son écrit , nous nous sentons obligés de reconnoître qu'il a beaucoup de charité, et que, si son esprit étoit aussi peu prévenu que son cœur, peut-être serions- nous bientôt d'accord. ; ous déclarons encore que la déférence que nous avons pour lui est si grande et notre gratitude si parfaite que nous serions disposés à ne point troubler par nos répliques la satisfaction dont il jouit dans la possession de sa prétendue vérité , si son Éminenco ne

nous obijgeoit de parler, et si les intérêts de la vérité ponvoient être séparés des véritables intérêts de dom Robert. Mais, pour ne pas nous laisser vaincre par ses courtoisies, nous lui rendrons les mêmes civilités dont il a usé à notre égard, en lui faisant voir que c*est lui •< même qui a ignoré ou qui a fait semblant d'ignorer le point delà question en le réduisant précisément à ce point, enfin en lui offrant tout le loisir qu'il peut souhaiter pour donner de nouvelles preuves. »

Suit une réfutation , selon nous irrésistible , de Topinion de dom Robert Elle se termine ainsi ; « Nous en appelons à son Éminence, et nous la supplions de déclarer qui de nous doit donner des preuves, et qui de nous a pris le change pour ne pas entrer dans le point de la question. Nous nous soumettons très -volontiers à son Jugement dès qu'il nous sera signifié. »

Dom Robert ne se tient pas pour battu. C'est dans sa réplique qu'il nous apprend que son adversaire est un jeune homme.

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