‹ Fragments de philosophie du moyen âgeChapitre 24 sur 115 · I. Abxl. opp. epist. 23, p · texte numérisé non relu

I. Abxl. opp. epist. 23, p

en effet postérieur à la seconde condamnation d'Abélard, il s'ensuit qu'il n'a pu être cité dans la Theologia ehristiana, et que par conséquent il n'est pas la célèbre dialectique a laquelle la Theologia christiana fait allusion. Ou si Ton persiste à reconnaître la dialectique dans le manuscrit de Saint-Victor, il faut alors renoncer à soutenir que notre traité ait été composé dans les dernières années de la vie d'Abélard. Quelle que soit donc la véritable date de la composition de cet écrit , nous allons le considérer et l'étudier en lui-même, et le réunissant au fragment de Saint-Germain sur les genres et les espèces, ainsi qu'aux diverses gloses du même manuscrit, rechercher ce que ces anciens monuments, publiés pour la première fois et rassemblés daus ce volume, peuvent nous fournir de lumières nouvelles sur Abélard, sur sa philosophie et sur celle de son siècle.

Des ouvrages d'Abélard jusqu'alors inconnus, qu'indiquent nos manuscrits.

I. Une des premières questions que la curiosité adresse à tout ouvrage d'un auteur célèbre, qui voit le jour pour la première fois, est celle-ci : Ce monument, jusqu'alors inconnu, ne nous en révélerait-il pas d'autres encore du même auteur? Puisque Abélard avait fait tant d'ouvrages de philosopbie , la découverte de l'un d'eux pourrait conduire ii celle de quelques antres; ainsi c'est YIntroductio ad Theologia/// et la Theologia christiana qui nous ont appris qu' Abélard avait composé un traité de dialectique, traité que nous croyons avoir retrouvé dans celui que nous publions. Celui-ci, à son tour, ne pourrait-il nous mettre sur la trace de quelque autre écrit, aujourd'hui perdu ou

peut-être encore enseveli dans la poussière d'une bibliothèque , comme le nôtre l'était il y a si peu de temps? A cet égard , le manuscrit de Saint-Victor nous fournit plus d'un document précieux. D'abord , comme nous l'avons déjà dit, il nous apprend, par plus d'un passage, que la Dialectique commençait par un livre qui , dans l'économie générale de ce grand traité, occupait la place de l'Introduction de Porphyre dans l' Organum , et vraisemblablement roulait sur les mêmes matières. Ce livre, appelé le livre des Parties, liber Parlium, manque dans notre manuscrit, et probablement il est à jamais perdu pour nous ; car le manuscrit de Saint-Victor paraît unique en Europe. C'est dans ce liber Partium que devaient se trouver les questions les plus curieuses et les plus importantes de la dialectique, et, à en juger par le reste de l'ouvrage dont il formait le commencement , il devait cire aussi étendu et aussi développé que la glose sur l'Introduction de Porphyre est brève et aride. A défaut du livre lui-même, du moins en avons-nous quelques fragments dans les allusions nombreuses qu'Abélard fait à son propre ouvrage. Ces allusions recueillies feraient suffisamment connaître ce premier livre de la Dialectique ' ; mais ce n'est pas là le seul document que contienne le manuscrit de Saint-Victor. Il nous révèle encore l'existence d'un autre ouvrage d'Abélard que rien jusqu'ici ne pouvait nous faire soupçonner. Il parait qu'outre ses gloses sur Porphyre, sur Aristote et sur Boëce, et notre grand traité de dialectique , Abélard avait aussi composé un autre traité de dialectique beaucoup plus élémentaire que le

\. Elles sont dans les Ouv. inéd., aux pages 20î, 205, 227, 537, 400, 4-17, etc.

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noire, à l'usage des commençants. Voici, en effet, ce que nous trouvons, fol. 4 37 recto ' : « Quaj autcm in— « viccm contraria; propositions vel contradictoriœ, quae « etiam subalterne vel subcontraria) dicantur aut quas « ad invicem inferentias vel differentias qualesque cona versiones habeant , in his introductiouibus diligenter « patefecimus quas ad tenerorom dialecticorum erudi- « tionem conscripsimus. » Et ailleurs, fol. -147 recto2: « Quam etiam diffinitionem ( syllogismi) Boethius in se- « cundo Categoricorum suorum commémorât ac diligen- « ter singulas expediondo differentias pertractat , sicut in « illa altercatione de loco et argumeutatione monstravi- « mus quam ad simplicem dialecticorum institutionem « conscripsimus.» Ailleurs encore, fol. \ 51 verso 3 : « Non « est autem prœtermittenda ad cognilionem loci diffe- « reuliœ doctrina introductionum nostrarum quas ad « primam tenerorum institutionem conscripsimus, in « quibus.... » Il semble bien que cette introduction élémentaire a la dialectique portait le nom d'Introduction , lntroductiones ; car ce nom, que nous avons déjà rencontré deux fois, revient constamment. (Fol. \ 67 verso) ''. « Non est autem prajtereunduni illas determinationes « cassas et inutiles esse quœ a quibusdam minus eruditis « maximis proposilionibus apponunlur superflue , quasi « integris vestimentis panniculi quidam assuantur; quas « quidem in his introductiouibus quas ad parvulorum « institutionem conscripsimus nos posuissc meminimus. »

\. Ouvr. inëd,, p. 2:. i.

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