‹ Fragments de philosophie du moyen âgeChapitre 53 sur 115 · lbid. a Ut enim ait in expositione Porphyrli · texte numérisé non relu

lbid. a Ut enim ait in expositione Porphyrli

3. lbid. « liernardus quoque Carnotensis perfectissimus inler Platonicos saeculi nostri, banc fere senlentiam métro complexus est. »

■i. Yle (GÀr, ) cœcitatis sub veterno quas jacuerat obvoluta vullus vestivit alios idaearum signaeulis eircuniscripta. »

intelligible et la prescience des choses qui doivent arriver un jour. Or, ce qui est dans l'intelligence suprême lui est conforme, et l'idée est divine de sa nature '. Daus la formation des choses la Providence a été des genres aux espèces, des espèces aux individus, et des individus elle revient a leurs principes dans un cercle perpétuel. Le monde est éternel ; il ne connaît ni vieillesse ni décrépitude. Du monde intelligible est sorti le monde sensible, production parfaite d'un principe parfait. Celui qui a produit était plein, et sa plénitude devait produire la plénitude. Le monde est complet parce que Dieu l'est. Il est beau parce que Dieu est beau ; il est éternel dans son exemplaire éternel. Le temps a sa racine dans l'éternité et il retourne dans le sein de l'éternité. C'est le temps qui de l'unité tire le nombre et de la stabilité le mouvement. Le temps est le mouvement même de l'éternité. Le monde est gouverné par le temps, mais le temps est gouverné par l'ordre. Tout ce qui parait est l'enfantement de la volonté divine et des exemplaires éternels qu'elle porte dans son sein 2.

i. b In qua vite viventis imagines , notiones œterna?, mundus intelligibles, rerum cognitio praefiuita. Erat igitur videre velut in speculo tersiore quicquid operi Dei scerctior destinaret affeclus. 11 lie in génère, in specie, in individuali singularitatc conscripta quicquid vie, quicquid mundus, quicquid parturiunt elementa; illic exarata supremi digito dispunctoris texlus temporis, fatalis séries, dispositio sa:culorum; illic la— crymœ panpenun , fortnnaqne renun ; illic potentia militaris; illic pbilosophorum felicior disciplina; illic quicquid aogelus, quicquid ratio comprehendit humana; illic quicquid cœluin sua complcctitur cunatura. Qnod igitor taie est, illnd œternitati contiguum, idem natura cinn Deo, nec suh>tantia est disparaturu. »

2. « Sic igitur Providentia de generibus ad species, de speciebus ad individus, de individuis ad sua rnrsus priocipta repetitis anfractibos rernm origineni retorquebat. . Mundus nec invalida seneetnte decrepitus nec supremo estobitu dissohendus... Ex mundo intelligibili mundus sensibilis

Ces extraits, que nous aurions pu multiplier, prouvent quel essor avait prisle réalismeau commencement du douzième siècle. Obscur encore et indécis dans saint Anselme, il se dessine nettement dans Guillaume de Champeaux ; et dans Bernard il va jusqu'à un platonisme où sont même d'assez fortes teintes alexandrines1. L'imagination s'y mêle à la raison, une poésie barbare colore le style et la pensée, et dans ce professeur de Chartres il y a quelque chose de Jordano Bruno. Le commencement du douzième siècle est donc le moment le plus brillant de l'école réaliste dans la première époque de la philosophie scholastique. A peine alors

perfectus natus estes perfecto. Pleriuseratquigenuit,plenumqucconstituit plenitudo. Sicut enim integrascit ex integro, pulchrescit ex pulchro, sic cxemplari suosternatur œterno. Ab œternitate tempus initians, in aeternitatisresolvitur gremium, longiore cireuitu fatigatum. De unitate ad numernm, de stabilitate digreditur ad momentum... Has itaque vias itu semper redituque continuât, cumque easdem totiens totiensque itineribus œternitatis evolverit, ab illis nitens et promovens , nec digreditur nec recedit... Ea ipsa in se revertendi neeessitate et tempus in œternitate consistere et aternitas in tempore visa est commoveri. Suum temporis est qiiod movetur. .Eternitas est ex qua nasci , in quam et resolvi habet; quod in inimensuin porrigitur. Si Oeri possit ne décidât in numéros , ne defluat in momentum, idem tempus est quod œternum. Solis successionum dominibus variatur, quod ab a;vo nec continuatis nec essentia separatur. JEternitas igitur , sed et œternitatis imago tempus, in moderando mundo curam et operam parliuntur. Mundus igitur tempore, sed tempus ordine dispensatur. Sicut enim divinœ semper voluntatis est prœgnans, sic exemplis aeternarum quas gestat imaginum Noys Endelychyam, Endelychia Naturam, Noys Ymarmenem,' quid mundo debeat informavit. Substantiam animis Endelychia subministrat; habitaculum anima: corpus artifex natura de initiorum materiis et qualitate componit; coutinuatio temporis ymarmenem, çruœ coutinuatio temporis est, sed ad ordinem constituta disponit, texit et retexit quae complcctitur universa. »

\. Dans un manuscrit de la Bibliothèque royale, fonds de Sorbonne , n° 326 A (olim R 580 c.), parmi un grand nombre d'opuscules de toute espèce, se trouve un ouvrage de Bernard de Chartres dont nul auteur et nul catalogue ne font mention ; c'est un commentaire sur l'Énëide, où l'esprit alexandrin est plus manifeste encore que dans le Mégacosme. Tout y est présenté sous un point de vue allégorique.

rencnntre-t-on quelques traces de l'école nominaliste. Roscelin l'avait sans doute élevée très-haut ; mais il l'avait précipitée bien vite, en faisant tomber sur elle le poids de sa propre condamnation. Après le concile de Soissons en 1 092 ou \ 093, le nominalisme demeura longtemps abattu. Jean de Salisbury nous dit que de son temps il était presque [fere] ' éteint, et qu'après Roscelin , ceux qui restaient attachés a cette doctrine désavouaient son auteur, et n'osaient pas aller jusqu'au bout de leur opinion 2. L'école nominaliste subsistait donc, mais dans l'ombre et presque entièrement éclipsée, et l'école opposée était à peu près maîtresse du champ de bataille. Mais cette école restée seule se fût perdue dans son triomphe, si la lutte à laquelle elle devait sa naissance se fût arrêtée. La victoire absolue, c'est la mort en philosophie : un système rival est nécessaire au meilleur système, et la critique est la vie de la science. Il fallait donc au réalisme, dans son intérêt même, une contradiction puissante : il la trouva dans son propre sein. Le nominalisme, battu et flétri sous son nom propre, s'amenda dans sa défaite, se métamorphosa, s'insinua dans le cœur même du réalisme, et y fomenta des dissensions qui éclatèrent bientôt par de nouveaux combats. Déjà cette lutte intérieure du réalisme victorieux se trahit dans la modification que Guillaume de Champeaux dut apporter a sa doctrine. Ce premier succès était le signal d'une école nouvelle qui, sortie du nominalisme, tout en l'abandonnant dans ses conclusions extrêmes, prétendait retenir ce qu'il pouvait avoir de sain et de bon, et en adoptant le réalisme n'en pas épouser les

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