‹ Fragments de philosophie du moyen âgeChapitre 68 sur 115 · Abœl. opp., p · texte numérisé non relu

Abœl. opp., p

tique à la théologie, et qu'en possession de l'école du cloître il faisait, comme il le dit lui-même, des leçons de philosophie et de théologie ', avec des succès incroyables, attestés par la lettre de Foulques2. Celte dernière hypothèse semble préférable, parce qu'il est difficile d'admettre aucune publication ni aucun enseignement théologique régulier d'Abélard avant ce premier travail, en quelque sorte préparatoire. Il y a une analogie frappante entre notre prologue et un opuscule du même auteur, inséré dans la collection de d'Amboise 3, contre un ignorant en dialectique, qui prétendait qu'elle était contraire à la théologie. Une grande partie des citations que renferme ce petit écrit sont celles dont se compose la première question du Sic el non: Quod fuies humanis rationibus sit adstruenda ? Aristote y est cité comme dans le prologue, avec le litre de Peripatelicorum princeps, presque a l'égal de Jésus-Christ. Sans doute on reconnaît dans ces deux écrits un homme qui se lient en garde contre les interprétations fâcheuses; mais son aventure de Laon, a l'occasion de son début en théologie et de son commentaire sur Ézéchiel 4, suffit à expliquer ces précautions; et les écrits qu'Abélard a composés depuis sa première condamnation, entre le concile de Soissons et celui de Sens, contiennent des précautions bien autrement fortes. Le Sic et non serait donc de la même époque que YInvcctiva; ce serait le premier ouvrage théologique d'Abélard, ouvrage qui n'aurait pas été d'abord fort répandu dans le monde : ce qui explique la plainte lar-

\. Abocl. opp., p. 9.

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