Mort vers 1180. Hist. littér., t. xiv, p
ô. Jletalog., n, 10. Ibi ad pcdes ejus prima artis liujus (la dialectique) rudiments accepi, et pro module ingenioh mei, quidquid excidebat ab ore ejus, tota mentis a\iditate excipiebam.
■5. Policratic, lib. il, c. 18. Quod (universale) forte facilius in iutelleclu quam in natura rerum poterit inveniri, in quo gênera et species, differentias, propria et accidentia, quœ universaliter dieuntur, planuin est invenire, cum in aetu rerum substantiam universalium quœrere exiguus fructus sit et labor infinitus, in mente vero utiliter et facillime reperiunlur
5. Metulog., n, 17. Alius serniones intuetur et ad illos detorquet quidquid alicubi de univcrsalibus meminit scriptum. In bat autem opinionc depeehensus est Peripatetkus Palatinus .\b;ilardus noster, qui multoa reliquit et adlnic quidem aliquos liabct liujus sedatores. Aiuici mei sunt....
240 PHILOSOPHIE SCHOLASTIQVE.
nion sur les universaux, et cette opinion est celle d'Abélard, c'est-à-dire le conceptualisme.
Ainsi finit la première époque de la philosophie scholastique. Cette première époque s'est formée et développée sur le problème antique de la nature des universaux, transmis par Boëce a l'Europe chrétienne. Les diverses solutions de ce problème ont fait toute la philosophie de ce temps et les trois systèmes qui la partagent, à savoir, le nominalisme, le réalisme et le conceptualisme ; nous avons vu aussi comment ces trois systèmes philosophiques, dans leur application à la théologie, ont engendré autant de systèmes théologiques, dont chacun porte les caractères du principe qui l'a produit et qui le domine toujours. Et c'est ici qu'il faut se donner le spectacle de la puissance des principes. Un problème, digne à peine, ce semble, d'occuper les rêveries des philosophes, donne naissance à divers systèmes de métaphysique. Ces systèmes troublent les écoles ; mais d'aboi d ils ne troublent que les écoles. Bientôt de la métaphysique ils passent dans la religion, et de la religion dans l'État. Les voilà sur la scène de l'histoire; ils interviennent dans les événements de ce monde, suscitent des conciles, occupent des rois. Un Guillaume le Conquérant est mis en mouvement par le clergé d'Angleterre contre le nominaliste Roscelin, et Louis VII préside l'assemblée où saint Bernard, le héros du siècle, porte la parole contre le conceplualisle Abélard, le maître d'Arnaud de Brescia. Encore n'est ce là qu'un prélude. Laissez marcher le temps : le conceptualisme, qui pendant près de deux siècles a retenu dans son sein le nominalisme, le laisse échapper enfin, et cette nouvelle conséquence, ou plutôt cette conséquence re-
nouvelle du môme principe, trouvant des temps plus favorables, jette un bien autre éclat, soulève de bien autres tempêtes. Un autre Roseelin, Occam, en appliquant encore une fois le norainalisme a la théologie et par la théologie a la politique, fait échec au Pape, met dans sa querelle un roi et un empereur; et s'abritant contre les foudres de Rome sous les ailes de l'aigle impériale, il peut dire avec un légitime orgueil au chef du saint empire : « Dé- « fends-moi avec ton épée ; moi, je te défendrai avec ma « plume. » « Tu me défende gladio, ego te défendant ca- « lamo. » Abandonné par le roi de France, secouru par l'empereur d'Allemagne, l'indompté franciscain, échappé au cachot de Roger Racon , meurt dans l'exil à Munich ; mais il a enseigné à Paris; et cette terre n'a jamais laissé périr aucun des germes qui lui ont été confiés. L'Université de Paris embrasse la doctrine proscrite ; le nominalisme victorieux répand l'esprit d'indépendance; cet esprit nouveau produit les conciles de Constance et de Râle, où siègent les grands nominalistes, Pierre d'Ailly, Jean Gerson, ces pères de l'Eglise gallicane, sages réformateurs dont la voix n'est pas écoutée, et que remplace bientôt cet autre uominaliste qui s'appelle Luther. Il ne faut doue pas tant piaisanter avec la métaphysique; car la métaphysique ce sont les principes premiers et derniers de toutes choses. La philosophie scholaslique a donc aussi sa grandeur : elle mérite l'intérêt de l'histoire et par elle-même et par les événements auxquels elle se lie ; et quelque chose de cet intérêt doit se réfléchir jusque sur son enfance, si obscure et si négligée. La première époque de la philosophie scholaslique est une époque de barbarie à la fois et de lumière : c'est Chailemagne qui l'ouvre ; ce il. 21
sont les écoles carloviugiennes qui la remplissent; tout son trésor est l'Aristote de Boëce, tout son travail est la glose, et son résultat une première polémique où luttent déjà toutes les opinions. Abélard résume cette polémique et couronne cette époque. A ce titre, il méritait d'être sérieusement étudié, et nous croyons avoir jeté quelques lumières nouvelles et sur l'école qu'il a fondée et sur celles qui Tout précédé, à l'aide des manuscrits que nous avons retrouvés, et que la munificence nationale nous a permis de tirer de la poussière des bibliothèques et de livrer a l'étude des amis de la philosophie.
Raban Maur.
Pour en finir avec les écrits de Raban que contient le manuscrit de Saint-Germain, et que précédemment *, nous avons considérés seulement par rapport au problème de Porphyre, nous croyons devoir en donner ici une notice régulière et complète.
Le manuscrit de Saint-Germain 4310, autrefois 635, renferme deux gloses de Raban Maur, et, entre ces deux gloses, un fragment d'une troisième sans aucun titre et qui peut bien être du même auteur. Nous allons examiner successivement ces trois morceaux
I. Au fol. 86 r°, col. \, se présente une glose de Raban Maur sur l'Introduction de Porphyre, avec ce titre : Rabamis super Porphyriiw).
Elle commence par un long prologue, qui occupe sept colonnes et demie, et qui est divisé en deux parties : la première où Rahan détermine l'objet du traité de Porphyre, et la place qu'il doit occuper dans l'ensemble de la logique; la seconde (fol. 83 v°, col. 2), où il examine le préambule du traité en question.
Ce prologue commence ainsi :