ÉCRITS DE GERBERT
4° F0 48 v°-52 v°. « Régula; e\ libris Plolcmei régis « de compositione astrolapsus, » Règles tirées des livres de l'tolémée, pour la composition de l'astrolabe, de la même écriture que le fragment qui précède. Il n'y a pas non plus de nom d'auteur ; mais c'est évidemment le même ouvrage dont l'abbé Lebeuf1 a fait mention et cité le commencement d'après les manuscrits de la Sorbonne nos \ 249 et 1 269, et que ces manuscrits attribuent a Gerbert : « Incipit liber Gileberti de Astrolabio. » Voici ce commencement, d'après notre manuscrit; il ne diffère de celui que donne l'abbé Lebeuf que par de très-légères variantes :
a Quicumque astronomie» peritiam disciplina? et cœ- « lestium spbararum geometricaliumque mensurarum « altiorem scientiam diligenti veritatis inquisitione allius « rimari conatur, et certissimas horologiorum quornmli- « betve climatum rationes etquaelibet ad licec pertinenlia « industrius discriminare nitifur, banc vualzacoram 2, « id est planam sphaeram Ptolemei seu astrolapsum soft lerti indagatione perquirat. »
Tout porte à croire en effet que ce traité est de Gerbert; on y trouve une connaissance de l'astronomie et de la langue scientifique des Arabes, telle que lui seul pouvait la posséder dans ce siècle. Il y a un chapitre intitulé : « De vocabulis latinis et arabicis stellarum et formalio- « nibus eorum, etc. » Ce traité, dans notre ms. -1095, étant de la même écriture que le fragment sur les mesures dont il est immédiatement précédé, il se pourrait bien que celui-ci fut aussi de Gerbert, dont le nom se se-
i. Lebeuf, État des sciences en France depuis Charlemagne jusqu'au roi Robert (recueil de divers écrits, clc.), 1738, in-S, t. n,p. 89. 2. Lebeuf : ivalzagoram.
rait trouvé au commencement, que nous n'avons plus. 5° F0 53 r°-60 v°. Commentaire anonyme, incomplet, d'une écriture de la fin du douzième siècle, sur le Timée de Platon.
On sait que le Timée de Platon était connu par le commentaire de Cbalcidius, au moins dès le huitième et le neuvième siècle, puisqu'on le trouve dans des manuscrits qui remontent à cette époque. On sait aussi que les doctrines qui y sont exposées étaient devenues au douzième siècle un sujet d'étude et de controverse. L'influence des théories platoniciennes est visible dans Bernard de Chartres. Voici maintenant le premier commentaire régulier sur le Timée, de la main d'un scholastique; l'auteur doit être celui de la Philosophia mundi et de Y Imago mundi, attribuées à Honoré d'Autun, et qui pourraient bien être de Guillaume de Couches ; car il y a une analogie frappante entre la Philosophia mundi et le de Elementis philosophia?; Bedœ opp. n, p. 31 2. Non-seulement dans le premier livre de Y Imago mundi (c. lxxxi et lxxxiii), Honoré ou Guillaume s'occupe de l'explication des fameux nombres du Timée; mais dans le premier livre de la Philosophia mundi (I. i, c. xv), après avoir rapporté plusieurs opinions qui avaient cours de son temps sur l'âme du monde, il renvoie, pour l'explication de la doctrine platonicienne sur ce point, à des gloses qu'il aurait écrites sur Platon : « Hanc dicit Plato ex di- « vidua et individua substantia esse excogitatam et ex ea- « dem natura et diversa : cujus exposilionem si quis « quœrat, in glosulis nostris super Platonem inveuiat. » 11 serait donc possible que le commentaire contenu dans le manuscrit de Saint-Germain, 1095, lut celui qui est ici
COMMENTAIRE DU XIIe SIÈCLE SUR LE TIMÉE. 295
désigné. En effet, l'auteur (f° 60 v°, c. \ ) nous apprend qu'il avait composé sur la physique un livre, qu'il appelle Nostra philosophia, et où il avait démontré qu'il ne peut y avoir de corps situés dans une région supérieure à celle du feu. « Nullum ergo naturali aspiratione superius débet « esse igné. Quod enim dicunt aquas congelatas esse ibi, « ita absurdum quod illud dedignamur refellere. In nos- « tra philosopbia satis idem diximus. « Or, nous retrouvons cette idée en plusieurs eudroits de la Philosophia mundi (1. ni, c. v, vi, etc.). Enfin les auteurs dont il est fait mention dans le commentaire que nous avons sous les yeux, sont précisément les mômes que cite ordinairement l'auteur de la Philosophia mundi et du de Affectibus solis : ce sont Boëce, Macrobe et Constantin l'Africain.
Nous donnerons tout a l'heure un extrait de cet ouvrage ; mais continuons la description du manuscrit.
6° F0 61 r°-6S v°. Commentaire anonyme incomplet sur le traité de Priscien. De la construction : « Gramma- « ticalia super Priscianum de constructione. » Ce titre est d'une écriture beaucoup plus récente que celle du corps du traité, laquelle paraît être du douzième siècle.
7° Abrégé en vers, précédé d'une préface, de l'Introduction de Porphyre et des Catégories : écriture du dixième au onzième siècle.
La préface est adressée à un évoque nommé Bennon, que l'auteur traite comme un personnage éminent, amateur des lettres, et qui avait dû subir un exil dont il était revenu. Est-ce Bennon, évoque de Meisseiu, qui joua un si grand rôle dans les querelles de l'empereur Henri IV, et qui mourut en ^07, âgé de près de 'JOans?
Quant a l'auteur de cet opuscule, il est possible que son nom soit caché dans le signe figure au-dessus do la ligne
où se trouve le nom de Bennon, Âa Bennoni. Faut-il
lire Yvo ou Odo? Rien n'est moins certain, et nous nous contenterons de donner cet écrit comme l'œuvre d'un dialecticien anonyme du dixième ou du onzième siècle.
Nous allons publier maintenant des extraits du commentaire sur le Timée, et l'Abrégé en vers de l'Introduction de Porphyre et des Catégories d'Aristole, sans essayer de restituer par d'arbitraires conjectures les mots que le mauvais état du manuscrit ne nous a pas permis de déchiffrer.