‹ Fragments de philosophie traduits de l'AnglaisChapitre 19 sur 47 · I.XXX · texte numérisé non relu

I.XXX

PRÉFACE

de la science. M. Hamilton, loin d’abandonner cette

vue, s’y attache encore plus fortement que ses maîtres; mais il l’explique, il la développe, il la justifie et la démontre d’une manière plus forte et plus profonde. La philosophie écossaise avait condamné tous les dogmatismes de son temps comme des témérités impuissantes, mais elle avait négligé •de dire pourquoi. L’argument du sens commun, en effet, n’était entre ses mains, ainsi que je l’ai dit ailleurs, qu’une fin de non-recevoir, et avait plus l’air d’une défaite ou d’un déni de justice que d’une solution philosophique. M. Hamilton, en déterminant le sens de cet argument avec une précision supérieure, en a fait un principe. Ainsi que Reid et Stewart, il cherche un point fixe entre le scepticisme qui détruit tout, et les dogmatismes unitaires ( matérialisme, idéalisme, absolutisme, etc. ) qui confondent tout. C’est sur la détermination de ce point que portent évidemment tous ses efforts.

Dans l’ensemble des spéculations de M. Hamilton, et sous les traits fortement écossais de sa philosophie, on ne peut méconnaître pourtant l’influence d’une doctrine étrangère , le Criticisme. La méthode critique et la méthode écossaise ont en effet des points de rapport inévitables, et l'esprit rigoureux et

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