I.XXXI
logique de M. Hamilton ne pouvait manquer de les saisir. Mais il faut remarquer que ses emprunts au kantisme s’arrêtent tout juste à ce qu’il fallait pour élargir, préciser et consolider les principes de l’école écossaise ; et que s’il complète Reid et Dugald-Stewart par Kant, c’est à condition aussi de limiter Kant par Reid et Dugald-Stewart. Il est presque inutile d’ajouter que les développements ultérieurs de la philosophie allemande entre les mains de Fichte, de Schelling, de Hegel, ne sont à ses yeux que des aberrations de la raison philosophique. Mais il est juste de dire en même temps que son antipathie n’a pour cause ni l’ignorance ni le préjugé; car il n’est pas peut-être en Europe un homme qui possédé une connaissance aussi complète et aussi minutieuse,' une intelligence aussi profonde des livres, des systèmes et des philosophes d’Allemagne. m * * . *
Enfin nous signalerons dans les écrits de M. Hamilton deux choses qui manquaient à la philosophie de son pays et à ses maîtres : la dialectique et 1 érudition.
La philosophie, suivant les chefs de l’école écossaise, est une science purement expérimentale et d’observation, dans le sens le plus strict; elle doit donc être plutôt exposée que démontrée, et proce-