‹ Fragments de philosophie traduits de l'AnglaisChapitre 25 sur 47 · CX · texte numérisé non relu

CX

ment la réflexion pourrait le ressaisir une fois évanoui)} elle n’atteint pas la véritable difflculté.Ce qu’il s’agit d’établir en effet pour réaliser l’absolu , c’est la possibilité d’une pensée telle qu’elle ne contienne absolument aucune relation. Or, tous les jugements donnés eu exemple de l’aperception pure de l’absolu sont des jugements identiques qui, ainsi que tout jugement, ne consistent que dans l’aperception d’un rapport entre des termes , et ce rapport est la

vérité aperçue. La distinction dont nous parlons

n’ôte pas cette relativité. Elle a été faite pour 6e débarrasser de la subjectivité du jugement résultant de sa nécessité; mais, sans examiner si elle atteint ce but et si elle élimine cette relativité, il est évident quelle ne détruit pas l’autre. La relativité inhérente à tout acte de connaissance n’est pas seulement celle qui résulte de l’antithèse (d’ailleurs inévitable) du sujet et de l’objet , relativité que Kant et M. Hamilton ont eu plus particulièrement en vue , mais celle encore qui est impliquée dans la nature essentielle de l’objet, en tant que pensé et pensable. Car l’objet n’est pensé et pensable, ou mieux n’est objet, que par sa détermination , et il n’y a pas de détermination sans relation. Seulement, nous le répétons, la relation affirmée est tantôt de telle nature qu’elle

PRÉFACE

exclut non seulement la possibilité , mais même l’intelligibilité de la relation opposée, et tantôt elle n’implique par cette impossibilité. Dans le premier cas, la relation est dite absolue, et le jugement qui la pose est dit nécessaire; mais cet absolu, loin d’exclure le relatif, n’est que l’expression de l’immutabilité, de l’universalité et de l’indissolubilité de la relation même ; c’est , si l’on nous passe le terme , un absolu relatif, ou plutôt un relatif absolu.

Toutes les vérités mathématiques , qu’on regarde avec raison comme le type des notions absolues, sont des relatifs de cet ordre; et la science des mathématiques , loin d’être l’empire privilégié de l'absolu, est par excellence le domaine du relatif. Toutes les déductions de cette science, comme chacun en convient, reposent sur les définitions ; or, que sont les définitions mathématiques (celles de la ligne, de la surface, du nombre, du cercle, du triangle, etc...) si non des constructions parlesquelles les êtres mathématiques, comme dit Platon, sont directement créés par la position idéale des termes qui les circonscrivent et les limitent? Tout l’être de ces objets n’est que le rapport même établi entre et par ces termes. Les notions mathématiques ne sont que des déterminations de l’espace et du temps ;

PRÉFACE

elles ne sc réalisent que par la figure et le nombre, qui ne sont que des limitations de ces deux continus. Et les définitions sur quoi portent-elles? sur les axiomes. Or, les axiomes ne sont autre chose que des propositions identiques, n’exprimant que la possibilité logique des définitions, et ils se réduisent tous en définitive au principe de contradiction. Les axiomes de la métaphysique et de la morale, qu’on ajoute à ceux des mathématiques, comme exemple de vérités ontologiques absolues, sont tout à fait du même ordre. Tout l’absolu des mathématiques (ainsi que celui des autres sciences purement rationnelles ) n’est qu’un relatif nécessaire.

Enfin, ni les notions des mathématiques, ni celles des autres sciences rationnelles, ni celles de l’ontologie que nous combattons, n’ont pour objet des Êtres, des existences réelles. Elles ne donnent que des vérités logiques et non ontologiques ; et quelle que puisse être la nature de ces notions, toujours est-il qu’elles ne peuvent nullement être invoquées en garantie de la valeur et du caractère de nos connaissances véritablement ontologiques.

De tout ce qui précède on peut conclure, ce semble , que ni en fait , ni en droit, les rationalistes ne

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