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Introduction à la Logique , in-ia. Oxford, i83o

10. Philosophie A Aristote ( article dans le vol. m de la 7* édition de

Y Encyeloptedia britannica ), parle rév. Rems. Dicesoh Hampden; Oxford^ in-4°. Edinburgh, i83a. ( L. P. )

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fluence principale de ce philosophe (qui, suivant la remarque de Leibnitz, sprevit logicam non intellexit), aucun pays n’a été aussi pauvre dans cette branche de la philosophie, tant pour le nombre que pour la valeur des productions de la littérature dialectique. Ne voulant pas abandonner tout-à-fait le sujet, mais incapables néanmoins, fautif d’en comprendre la nature , de revendiquer pour la logique son importance supérieure comme science « priori distincte et indépendante, le petit nombre d’auteurs qui s’en occupèrent , essayèrent d’une part, de complaire au goût en excluant de cette science tout ce qu’elle pouvait avoir de rebutant, et d’autre part, de donner à cette étude en décadence un intérêt plus grand , en y interpolant ce qui appartenait à d’autres connaissances , ici un chapitre de métaphysique , là un chapitre de psychologie , etc. Cette tentative était trop irrationnelle pour réussir : elle ne faisait que mieux justifier le discrécfît auquel on voulait remédier par ce moyen. On confondait ainsi l intérèt de la science et l’intérêt du goût; et au lieu d’agrandir la logique, on défigurait la philosophie , en détruisant leurs limites naturelles et en mêlant l’une à l’autre des sciences différentes.

La décadence de cette étude est frappante surtout dans les universités où dominait jadis la dialectique , « Reine des arts. »

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Dans les universités d’Ecosse , les professeurs de logique ont pendant plusieurs générations enseigné toute autre chose que la science attachée nominalement à leur chaire ; science dans laquelle les Écossais n’ont pas conservé, dans ces derniers temps, la réputation qu’ils eurent autrefois dans toutes 1 * * * les branches de la philosophie et dont ils jouissent encore dans plusieurs. C’est, nous devons l’avouer, aux philosophes de notre pays qu’il faut attribuer, au moins en partie, le triomphe des fausses notions répandues par Locke sur ce sujet. L’Écosse n’a jamais produit un système de logique digne de remarque; et pour trouver des logiciens écossais de quelque mérite , il faut remonter à plus de deux siècles en arrière jusqu’à trois auteurs contemporains dont les talents, ainsi que ceux de la plupart des plus illustres lettrés de leur nation , se développèrent sous une influence étrangère, Robert Balfour5, Mark Duncan et Guillaume Chalmers, pro-

1 » Les Écossois sont bons philosophes , » disait le dictateur des lettres

( Scaligerana secundo ) ; et Sersitus avait déjà rendu témoignage de leur

disposition à la subtilité logique. • Dialecticis argutiis sibi blandiuntur, - ( Pref. in Ptofom. Geogr, i533.) Pendant très long-temps on aurait dilficilc-

ment trouvé sur le continent une université de quelque importance, sans un professeur de philosophie écossais.

* On trouve dans la Logique de Scipion Dupleix , conseiller du roi , uu bel éloge de J. R. Balfour. L’auteur déclare qu’il tire sa doctrine d’Aristote et de ses plus célèbres interprètes. « Sur tous lesquels, dit -il, je prise ** M. Robert Balfor, gentilhomme escossois, tant pour sa rare, et profonde « doctrine aux scienres et aux langues , que pour l’intégrité de ses mœurs ;

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fesseurs aux universités de Bordeaux, Saumur et Angers. A Cambridge, le sort de cette étude est suffisamment indiqué par ce fait que les Eléments de logique de Guillaume Duncan d’Aberdeen ont long temps fourni un maigre lambeau de métaphysique, de philosophie et de dialectique dans l’université où enseignait Downam ; et le Compendium du collège de la Trinité, la Logique de Murray , peut montrer que les choses sont tombées plus bas encore, si c’est possible, à Dublin.

A Oxford la destinée de cette science a été quelque peu différente, mais néanmoins guère plus favorable, jusqu’à ces derniers temps. Il est nécessaire d’entrer ici dans plus de détails , car Oxford est la seule école britannique où l’étude de la logique ait véritablement survécu; et tous les ouvrages 1 que nous examinons émanent , un seul excepte , de cette école; ils en représentent l’esprit et sont l’expression et le produit de sa situation. Pendant les siècles de la scolastique , Oxford ne fut inférieure à aucune université d’Europe ; elle était même par-

« aussi luy doys*je le peu de scauuir que j’ai acquis elr... *» Prejace, page 5. Plus loin , il l'appelle « le premier philosophe de noire mémoire. * — Celle logique de S. Dupleix est avec Y Organe de Philippe Canaye el la dialectique de Ramus un des plus anciens traités de cette science écrits en français. CVst une analyse assez bien faite de Y Organum. La 3P édition est de 1607; la première parut probablement dans les dernières années du xvie siècle. (L. P.)

* Ces ouvrages forment , sauf une ou deux insignifiantes exceptions , le total de la littérature logique moderne du royaume.

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ticulièrement célèbre pour ses philosophes et ses dialecticiens. Mais ce ne fut ni le souvenir d’une ancienne renommée , ni la conviction éclairée de son importance, qui conservèrent à la logique une place parmi les objets de l’enseignement académique, lorsque les branches voisines de la philosophie et autres études prescrites par lesstatuts furent retranchées du système d’instruction actuellement en vigueur. Ces études furent abandonnées , non point parce qu’on les jugea surperflues, ni pour en favoriser d’autres plus utiles; mais uniquement parce que le système sous lequel elles étaient enseignées fut illégalement remplacé, dans un intérêt privé, par un autre sous lequel elles ne pouvaient plus l’être. Quand les Agrégés des collèges supplantèrent les professeurs d’université, l’instruction légale dut nécessairement tomber avec les instruments légaux qui l’avaient jusque-là soutenue. L’éducation large et forte, possible alors que le travail était réparti dans un corps de professeurs dont chaque membre était choisi en vue de sa capacité et concentraitson attention sur une seule étude , ne put être continuée lorsqueles corporations collégiales, qui ne sont (sous le rapport littéraire) que des réunions d’individus rassemblés au hasard , eurent usurpé le privilège exclusif de l’instruction; et lorsque chacun de ces individus fut autorisé à enseigner à lui seul toute l'encyclopédie académique. Or, comme il était im-

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possible qu’un Tuteur - agrégé incapable remplit la tâche d’un corps de professeurs capables ; il est clair que ne pouvant s’élever et s’agrandir assez luimême pour suffire aux conditions de l’ancien système, le système nouveau , institué tout à son profit, dut se rétrécir et s’abaisser jusqu’à lui. C’est en effet ce qui eut lieu. La méthode et les matières d’enseignement furent ramenées à l’étendue et au niveau requis. Dès lors on ne pouvait plus guère espérer du tuteur la capacité nécessaire pour professer c'est-àdire pour donner des leçons originales. Voici donc ce qu’on fit. L’élève lisait au tuteur une leçon dans un livre; sur cette leçon le tuteur pouvait à volonté faire des observations ou garder le silence; et par là il se trouvait complètement à l’abri de toute question embarrassante ou ennuyeuse. Cette méthode renversée s’appelait toujours une leçon {lecture). Tous les sujets qui auraient exigé chez le tuteur quelque chose de plus que la dose de connaissances et d’intelligence d’un agrégé étaient mis pareillement de côté. On supprima ainsi plusieurs des plus importantes branches d’éducation établies par le système légal; et celles qu’on jugea nécessaire ou convenable de conserver parmi les intruses, furent étudiées dans les traités les moins

1 Le texte dit : Ucluring , mot employé encore en Angleterre et eu Allemagne pour l'enseignement oral , et qui dérive de l'ancien usage des écoles où 1rs maitres Usaient leurs lopins. * (L, P.)

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difficiles et les plus superficiels. Ce fut là , en particulier, le cas de la logique l.

D’après les statuts, le professeur de dialectique devait lire et expliquer l’Organon d’Aristote deux fois par semaine ; et d’après les statuts encore , tous les Sous-gradués étaient obligés de suivre régulièrement ces leçons pendant les trois dernières années de leurs études. L’énergique et fortifiant exercice d’esprit résultant de l’étude intelligente du plus remarquable monument du génie philosophique, était imposé à tous les élèves, et plus spécialement assuré à oeux qui voulaient s’engager dans la carrière de l’enseignement. Cette condition, et autres analogues de l’ancien système, supposaient bien plus de capacité chez le Tuteur, lorsqu’il n’était encore qu’un instituteur subalterne, qu’il ne lui en faut aujourd'hui après être devenu l’organe exclusif de l’éducation académique. Enfin , lorsque la voix des professeurs fut réduite au silence dans l’université, et lorsque dans les collèges les Agrégés furent parvenus à exclure tous les autres gradués de l’emploi, désormais principal , de Tuteur, l’étude de la logique déclina en même temps que la capacité de ceux qui l’enseignaient. Les traités originaux d’Aristote dépassèrent la somme d’érudition et d’intelligence des collèges; ils furent par conséquent abandonnés,

1 Vojez pour l'explication de tout ce passage la note sur les universités anglaises , à la suite de cet article. ( L. P. )

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ainsi que divers ouvrages de logique précédemment en usage, qui supposaient quelque portée d’esprit , ou la connaissance directe de l’Organon. L’Abrégé de Sanderson régna pendant un certain temps , après que les traités plus élaborés de Brerewood, Crackanthorpe et Smiglecius, eurent été oubliés. Mais ce petit traité, ouvrage excellent d’un parfait logicien, se rapportait trop strictement aux livres de l’Organon , et exigeait trop souvent des explications importunes, pour qu’il put se maintenir aussitôt qu’un nouveau manuel, mieux assorti aux proportions toujours décroissantes de la capacité tutoriale, viendrait à paraître. Ce nouveau manuel fut bientôt fourni par le Compendium d’Aldrich. Le rang de cet auteur, qui était doyen du collège Christ-Church , sa réputation d’écrivain ingénieux et instruit dans d’autres branches de la science , recommandaient favorablement son livre. 11 était d’ailleurs plus court que celui de Sanderson , écrit dans un latin moins scolastique , rédigé dans un ordre tout-à-fait indépendant de l’Organon , et ne présentait au tuteur aucune question indiscrète , car il ne renfermait que des choses parfaitement claires par elles-mêmes, ou qui pouvaient être expliquées sans difficulté. Ce livre qui , nous devons le dire pour être juste envers le doyen , ne fut pas écrit d’abord pour le public , est incontestablement l’œuvre d’un talent remarquable ; mais ce talent se montre peut-être surtout dans la

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manière habile dont l’auteur a su exécuter un travail auquel il était si peu préparé. Considéré absolument, il n’a que peu ou point de valeur. Ce n’est qu’un mince abrégé éclectique d’un ou deux traités de logique alors en usage (il n’est pas vrai qu’il soit exclusivement extrait deWallis); et toutes les fois que l’auteur s’écarte de ses autorités , ou qu’il les comprend mal , il trahit un manque d’instruction qui n’aurait peut-être rien d’étonnant aujourd’hui, mais qui pour son époque est tont-à-fait surprenant. Il est évident qu’il ne connaissait rien de l’Organon et très peu des logiciens modernes. Bon nombre des matières les plus importantes sont omises dans son ouvrage, et celles qui s’y trouvent sont traitées avec une brièveté peu édifiante. Comme introduction sommaire à l’étude ultérieure de logique ( s’il n’y en avait pas une centaine de meilleurs) , il ne serait pas à mépriser ; comme cours complet d’instruction, comme système de la science, il est tout-à-fait nul; et cependant, chose singulière, ce Compendium d’Aldrich ayant peu à peu supplanté celui de Sanderson, a fourni pendant plus d’un siècle le peu de logique enseignée jusqu’à ces derniers temps dans l’université des Bradwardine et des Scot *.

* A la vérité, on a imprimé , il y a quelque trente ans , in usum ne a de. mica juventutu , certains excerpta ex Aristolelis Organo. L'exécution de cet ouvrage montre combien l'auteur était au-dessous de sa tâche. Rien ne serait du reste plus'propre à servir d’iutroductiun à l'élude rationnelle de la logique qu'un résumé systématique des plus importantes parties des différents traités

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Les améliorations introduites dans le système académique, loin de profiter à la logique, lui ont peut-être nui. L’institution des honneurs académiques et des examens réels pour le premier degré ès-arts, a puissamment stimulé les autres études, mais point du tout la logique. Un candidat parviendrait-il par lui-même à se bien rendre maître de l’Organon, il obtiendrait aussi peu de faveur des distributeurs des distinctions académiques, qu’il avait précédemment trouvé de secours chez son tuteur. Il n’est pas probable, en effet, que les examinateurs publics voulussent faire des questions sur ce qu’ils ne comprennent pas, ou encourager la répétition d’une preuve si patente de leur ignorance. Le minimum d’Aldrich resta donc le maximum des écoles. Mais ce minimum même devait encore être diminué; «il y avait au-dessous de la plus basse pro- « fondeur , une profondeur plus basse encore. » Ce Compendium, maigre in- 12 de 180 pages, qui se lit en un jour et qu’on possède en une semaine, fut trouvé d’un volume trop lourd pour l’élève, pour le tuteur et pour l’examinateur; il fut sou-

de l’Organon , accompagné d’explications originales et d'extraits choisis des meilleurs commentateurs anciens et modernes. Cette petite publication n’a , telle qu’elle est f exercé aucune influence sur les études logiques de l’université ; nous voudrions bien savoir combien de tuteurs l’ont expliquée dans leurs leçons, combien de candidats ont été interrogés sur cet ouvrage dans les écoles. Quant aux auteurs de logique, du moins ceux de l’université, aucun n’en a profité.

LOC.1QIÎF. ' |t)3

mis en conséqneuee à un procédé d’exténuation d’où il sortit réduit à un tiers, ou guère plus, de sa ténuité primitive , véritable squelette sans moelle ni substance. « Ceux qui s’enfoncent dans « la dialectique, dit Ariston de Chio, peuvent o être comparés aux mangeurs d’écrevisses : pour « une bouchée de chair, ils perdent leur temps sur « un moncean d’écailles. » Mais chez nous l’étudiant superficiel de logique perd son temps sans même savourer cette boucbée ; et Oxford, dans sa vieillesse, ne s’est pas montrée Alma Mater, en faisant si impitoyablement avaler à ses enfants les écailles seules. Ainsi que le Dr Whately le remarque, « très peu «d’élèves, même parmi les plus distingués, de- « viennent forts en logique, et le plus grand nombre « sortent de l’université sans en rien savoir du tout. » « Je ne dis pas qu’ils n’aient appris par routine quel- « ques mots techniques , mais qu’ils ne comprennent « absolument rien des principes de la science. » Ce serait miracle, en effet, qu’ils comprissent quelque chose. La logique étant rabaissée au niveau d’une pénitence ennuyeuse et complètement inutile, l’absurdité de la prolongation de cette contrainte fut sentie par quelques chefs éclairés de l’université, et en conséquence « on proposa, dit le Dr Whately, de « laisser l’étude de la logique au choix des étudiants; » proposition accueillie avec joie parles sous-gradués, qui répétaient depuis long- temps avec ferveur la

i q4 logique.

prière de saint Ambroise:^ dialectica Aristotelis libéra nos , Domine.

Dans ces circonstances, au moment où les chefs 1 * de collège mêmes ne pouvaient guère plus résister et où la logique semblait, à Oxford, prête à suivre la métaphysique et la psychologie dans leur tombeau académique, une nouvelle vie fut subitement communiquée à cette étude expirante, et on conçut du moins l’espoir de sa convalescence définitive sous un système réformé.

Ce changement fut principalement opéré par la publication des Éléments du D' Whately *, alors principal de St.-Albans-Hall , et récemment promu, à notre satisfaction , au siège archiépiscopal de Dublin. (N* i des ouvrages cités en tète du présent article.) 3 Quelque temps avant, les Rudimenta (le Compendium abrégé) d’Aldrich avaient été augmentés de notes en anglais par un auteur anonyme que nous trouvons cité dans quelques traités

1 Heads of colleges. Ce sont le» chet supérieurs de» collège» , il» portait suivant les collèges le titre de Principal, Prévôt, Recteur, Maître, Président , Doyen. (V oir la note à la Gn de cet article.) ( L. P. )

* Le Dr Whately avait publié précédemment une brochure anonyme intitulée: Doutes historiques sur KapoUan Bonaparte. Dans ne petit écrit dont la donnée est piquante et la forme spiriluelle, il essaie de faire voir que I existence de Napoléon, soumise aux principes sceptiques de Hume, n'aurait pas plus d'authenticité que les miracles. ( L. P. ) *

1 Noyez 1a note de la page 1 83 pour le titre de Cet ouvrage et des autres cités à la suite. " ( L. P. )

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postérieurs sous le nom de Hili. (n* 1.) Le succès et le mérite des Éléments suscitèrent des imitateurs et soulevèrent la controverse. M. Bentham, neveu de M. Jérémie Bentham , publia son Esquisse et Examen , dans lequel le docteur Whately est alternativement l’objet de critiques et d’éloges (n° 4). La brochure de M. Lewis, sur deux points seulement, est également polémique (n° 5). Le Principal, comme cela devait être , fut abrégé et vanté par le Vice-Principal ( n. 3 ) ; les traités de M. Huyshe et des autres ( n°* 6 , 7 , 8 , 9 ) se rapportent tous , plus ou moins, à celui du docteur Whately, et sont autant de signes de la renaissance des études logiques. Cette science a donc plus gagné dans ces derniers dix ans à Oxford, qu’elle n’avait fait pendant les cent trente années précédentes; car depuis l’époque de Wallis et d’Aldrich jusqu’à la publication des ouvrages cités ci-dessus, nous ne, nous rappelons rien que l’université puisse réclamer sur cet objet , sauf une ou deux productions éphémères , telles que les insignifiantes Réflexions dè Georges Bentham vers le milieu du dernier siècle , et au commencement du siècle actuel une couple de bons opuscules en faveur de la logique, et contre la logique de Kett , cet autre avorton nionstrueux de l’Alma Mater.

Reste maintepant à apprécier la valeur de ces nouvelles publications logiques. Avant d’examiner

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leur contenu, et en ne considérant que les circonstances au milieu desquelles elles ont paru, nous avions par avance approximativement calculé ce qu’on devait probablement y trouver. Nos prévisions ont été pleinement confirmées par notre examen. Aucun de ces livres n’est l’œuvre d’nn mérite vulgaire ; et bien que quelques-uns n’aient qu’un but très modeste , ils sont tous dignement exécutés. Dans plusieurs brille un talent fort au-dessus de la médiocrité; et l’un d’eux est le produit d’une intelligence naturellement forte. Mais si nous passons de la capacité des auteurs k leurs connaissances acquises , notre jugement sera moins favorable. Si parfois les écrivains sont originaux, leur sujet n’est jamais nouveau. Aucun d’eux ne possède, je ne dis pas une érudition surabondante, mais même la somme d’instruction rigoureusement nécessaire; aucun ne semble avoir étudié les Traités logiques d’Aristote ; aucun ne s’est familiarisé avec les commentateurs grecs de l’Organon, ni avec les dialectiques scolastique , ramiste , cartésienne , wolfienne et kantienne ; aucun n’essaie de s’élever à la haute philosophie logique. Nous ne trouvons , ni la détermination préalable des lois fondamentales de la pensée , ni le développement du système lui-même d’après ses lois. Nous voyons au contraire les principes ensevelis sous les détails; des vues incomplètes de la science; une simple agglomération de ses di-

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verses parties , dont quelques-unes sont tout-à-fait négligées, etd’autres relativement peu intéressantes et importantes développées hors de mesure ; et toujours enfin , quoique dans des proportions différentes, trop des écailles et trop peu de la chair. Ces auteurs font rarement mieux qu’Aldrich. Ils adoptent ses vues incomplètes sur l’ordre et la compréhension de la science; ils répètent ses plus insignes bévues; et si parfois ils hasardent quelque correction, il arrive ou qu’Aldrich n’a pas tort, ou qu’une erreur nouvelle est substituée à l’ancienne. Le DL Whately même qui, à la face de tous les logiciens depuis Alexandre jusqu’à Kant, parle « d’un champ sans « bornes dans les limites légitimes de la science» reste dans les voies battues, et n’est nullement coupable a d’avoir reculé l’ancienne frontière. » Son ouvrage en effet , atteint rarement , et ne dépasse jamais le niveau actuel de la science ; et , en général , malgré tout son mérite, il ne peut guère prétendre équitablement qu’à une importance relative et locale. La partie la plus originale et la plus estimable se réduit à d’insuffisantes réfutations des erreurs relatives à la nature de la logique; erreurs longtemps condamnées , si toutefois ils les accueillirent jamais, par les compatriotes de Leibnitz, et qui ne se traînent guères plus que parmi les disciples de Locke.

La preuve détaillée de la vérité de ces conclu-

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sions sur tous les ouvrages en question excéderait de beaucoup nos limites. Elle 11’est pas d'ailleurs nécessaire. 11 suffira d’examiner présentement l’ouvrage auquel la plupart des autres se rapportent, et qui est supérieur à tous quant à l’originalité et à la science; et nous 11e parlerons de ces derniers qu’incidemment , et seulement dans leur subordination au premier. Nous ne prétendons pas non plus, eu examinant les Éléments du Dr Whately , justifier tous les points, ni même les principaux points de notre jugement Dans l’ignorance universelle où l'on est dans ce pays de la philosophie logique, l’exposition des lacunes de cet ouvrage, soit de principe, soit de détail, exigerait une détermination préalable de ce qu'un système de cette science doit embrasser ; recherche trop étendue pour l’espace qui nous est accordé, nous bornerions-nous même à discuter exclusivement ces seules questions. Nous devons donc, laissant de côté les imperfections, nous contenter d’indiquer quelques-unes des erreurs positives du Dr Whately; ce que nous entreprendrons de faire, a Quoique cet ouvrage , comme « l’auteur l’assure , ait été scrupuleusement examiné « tant par lui que par plusieurs de scs amis, et sou. « mis en outre à l’investigation sévère d’adversaires « déclarés, sans qu’aucune erreur matérielle ait •' été découverte, et qu’aucune modification impor- « tante ait été jugée nécessaire. » En ceci rien n’est

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plus éloigné de notre intention que de déprécier le mérite de cet éminent et excellent personnage, que nous admirons et respectons, même lorsque nous différons le plus d’opinion , comme un penseur à la fois pénétrant et, (ce qui est un phénomène plus rare à Oxford), véritablement indépendant.L’intérét de la vérité est au-dessus de toutes les considérations personnelles ; et , comme le Dr Whately l’a très bien dit lui-même pour justifier sa propre conduite : « Les erreurs doivent être relevées avec d’autant « plus de soin, que l'autorité qui les sanctionne est « plus grande.» « Point de pitié, dit Lessing, pour un « auteur distingué. » Ce n’est pas là pourtant notre devise; et si notre « investigation » est « sévère, » nous avons conscience qu’elle ne saurait être attribuée à une «opposition déclarée.»

Nous trouvons matière à controverse dès la première page même des Éléments. Le Dr Whately débute très convenablement par une exposition, sinon une définition, de la nature et du domaine de la logique ; et dans aucune partie de son livre , l’originalité et la justesse de ses vues n’ont été plus applaudies que dans la détermination de ce problème fondamental. « La logique, dit-il, dans la « plus large signification que ce nom puisse com- « porter avec propriété, doit être considérée comme « la science , et en même temps comme l’art de rai- « sonner. Elle recherche les principes sur lesquels

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a repose l’argumentation , et fournit des réglés à « l’esprit pour le garantir d’erreur dans se» déduc- « tions. Son office le plus immédiat, cependant, « consiste à faire une analyse du procédé de l’esprit « dans le raisonnement; et sous ce point de vue, « elle est rigoureusement une science; tandis que, « considérée par rapport aux règles pratiques men- « données ci-dessus, on peut l’appeler l’art de « raisonner. Cette distinction , comme on le verra « plus tard , a été méconnue ou peu clairement « indiquée par la plupart des écrivains, la lo- « gique ayant été en général regardée purement « comme un art , et ses titres à occuper une place « parmi les sciences ayant été expressément niés. » « {Éléments, p. i.)

Ici la recherche se divise naturellement en deux branches : l’une relative au genre, l’autre à Y objet ou matière de la logique.

Quant au premier point, cette réduction de la logique à la double catégorie d’art et de science a valu au Dr Whately les éloges de son critique , lequel , il faut qu’on le sache , se trompe aussi souvent dans ses louanges que dans ses censures. « Le Dr Whately, dit M. Bentham , a mis surtout en « lumière un fait très important , méconnu par tous « ses prédécesseurs, quoique si évident, une fois in- « diqué , que nous nous étonnons qu’il n’ait pas été « remarqué , savoir : que la logique est une science

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a aussi bien qu’un art. L’erreur universellement « adoptée que la connaissance humaine est divisée « en un certain nombre de parties , dont qtielques- « unes sont des arts sans science , et quelques a autres des sciences sans art, a été pleinement « exposée par M. Bentham dans sa Chrestomathie. « Là aussi il a été prouvé qu’il ne peut exister un « seul art sans une science correspondante , ni une « seule science qui ne soit accompagnée de quelque « partie d’art. Les scolastiques, au contraire, ont a fait des efforts extraordinaires pour prouver que « la logique est un art et non une science ; et sur « cette question particulière, le Dr Whately est, « nous le croyons , un des premiers qui aient osé a contredire cette assertion mal fondée. » Esquisse r p. la. Il n’y a dans tout ceci qu’un seul point que nous puissions accorder. Nous nous « étonnerions » certainement avec M. Bentham , qu’un « fait si évident et si important » eût été méconnu par tous les prédécesseurs du Dr Whately; et d’après ce que nous savons des uns et des autres , nous serions assurément moins disposés à supposer un manque de perspicacité chez les anciens logiciens , que l’ignorance de leurs spéculations chez les nouveaux. C’est dans cette dernière alternative que nous trouverons une solution pour cet étonnement. L’auteur et le critique sont également dans l’erreur.

En premier lieu , et à l’égard de la simple nomen-

aoa

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clature , ils ont tous deux tort historiquement. « La « logique , dit le Dr Whately, a été considérée , en « général, purement comme un art, et ses titres à « occuper une place parmi les sciences ont été « expressément niés. » C’est l’inverse qui est vrai. La grande majorité des logiciens a regardé la logique comme une science , et expressément nié qu’elle soit un art ; c’est là l’opinion la plus ancienne et la plus générale. « Les scolastiques, dit M. Bentham, « ont fait des efforts extraordinaires pour prouver « que la logique est un art seulement. » Tout au contraire, les scolastiques se sont appliqués nonseulement « avec des efforts extraordinaires , » mais encore avec une unanimité sans exemple à prouver que la logique est exclusivement une science; et, loin que M. Whately soit (avec M. Jérémie Bentham ) « le premier qui ait contredit cette assertion mal fondée , » le paradoxe de ces messieurs n’est qu un lieu commun suranné. Cette erreur est particulièrement surprenante , car le genre de la logique est une de ces questions rebattues sur lesquelles , comme le dit Àusonne :

— Omnis certat dialectira turba sophoruin :

aucune, peut-être, jusqu’à ces derniers temps , n a été aussi constamment agitée dans tout le cours de cette étude. Platon et les platoniciens cousidéraientla dialectique commè une science; mais pour

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