UNIVERSITÉS ANGLAISES
phie en Allemagne. Cette différence résulte de la division des facultés en hautes et basse. La faculté des arts est considérée comme d’un ordre inférieur par rapport aux trois autres, parmi lesquelles celle de théologie tient le premier rang. Les docteurs sont ce qu’on appelle des gradués (graduâtes), les bacheliers des sous-gradués (under graduâtes). Des privilèges èt droits divers sont attachés à ces deux degrés.
Nous ajouterons maintenant , pour faire connaître la situation des universités anglaises (t) , quelques faits et remarques consignés par M. Hamilton lui-même dans plusieurs articles de la Revue d'Édimbourg (n“ 106, 108, 119, ta» et iaa, années 1 85 1 , 1 834» «835). Ce qui suit n’est que l’analyse fort abrégée de ses curieuses et importantes recherches.
Oxford et Cambridge, considérés comme établissements universitaires, sont composés de deux éléments : l' université proprement dite et les collèges. Ce n’est que par la définition et distinction de ces deux choses qu’on peut se faire une idée de l’orgnnisation actuelle de ces écoles ; il laut pour cela jeter un coup d’œil sur l’hisloire de l’origine et des rapports de ces deux éléments, aujourd’hui confondus.
Les statuts organiques ( corpus statutorum ) qui régissent ou devraient régir l’université d’Oxford furent rédigés en 1606, sous l’influence du chancelier archevêque Laud. Ces statuts ne firent que confirmer et régulariser en grande partie ce qui existait déjà depuis des siècles; ils forment à peu près 1* loi et la constitution de l’université.
Dans les siècles antérieurs à la promulgation de ce code, l’instruction publique n’était pas confiée à un corps spécial de professeurs privilégiés. Ce qu’on appelait l’université était alors à Oxford , comme à Paris, le corps entier des gradués,.
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• Il y a quelques années un bill du parlement permit la création d’un etablissement scholaire, sous le nom d’ Université de Londres . Cette institution , quoique autorisée par une loi, n’est au fond qu’un établissement prité, entretenu par voie de souscriptions. Ou y enseigne spécialement les sciences ; très peu les lettres, et point de théologie. Cette entreprise a en peu de succès, et elle est presque abandonnée.
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Professeur, maître, docteur, étaient originairement des qualifications à peu près synonymes. Tous les gradués avaient un droit égal à enseigner publiquement 1a science appartenant à leur faculté, et chacun d'eux était même obligé de donner des leçons publiques pendant un certain temps. Les docteurs ou mai très, et les bacheliers, étaient également soumis à cette obligation. Mais comme les écoles dépendantes de l’université ne pouvaient admettre tant de professeurs (régents), on abrégeait souvent la <]urée de ces leçons obligatoires, et même on en dispensait les gradués. Comme l'université ne remplissait sa tScbc que par scs régents, ceux-ci devaient naturellement jpuir de tous leurs droits et privilèges dans le gouvernement et la législation de t'université. A Paris, les gradués (docteurs) non régents n’étaient convoqués que dans des occasions rares et extraordinaires. A Oxford, ils formaient la chambre dite de congrégation , assemblée où devaient passer toutes les mesures avant d’être portées à la chambre dite dç convocation , laquelle était composée de tous les gradués régents ou non régents résidant dans l’université. Cette distinction des gradués régents et non régents était surtout très inarquée dans la faculté des Arts, faculté qui fut la base première des ancienues universités, et qui fut toujours de beaucoup la plus nombreuse. Dans les trois qutres facultés, tant à Paris qu’à Oxford , tous les docteurs finirent par u.-urper le titre et les privilèges des régents, bien qu’en fuit ils n’enseignassent pas. A Oxford ces privilèges furent accordés aux maîtres èsarts pendant la période de leur professorat obligatoire , fixée par les statuts, et on les étendit même aux chefs et doyens des collèges.
L’enseignement par tous les gradués, qui était l’ancien système universitaire, fut gravement modifié par une autre innovation. Les régents eurent d’abord pour émoluments le produit de certaines taxes imposées à leurs auditeurs ( pas tus , collectum). Pour soulager un peu les étudiants et pour s’assurer de la coopération des maîtres habiles, on accordait quelquefois des honoraires à certains gradués qui donnaient des leçons gratis. Dans beaucoup d'universités, les candidats
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aux grades étaient obligés de suivre ces cours, et c’est à ces gradués salariés que fut exclusivement dbnné par la suite le titre de professeur. L’institution des professeurs payés fit nécessairement tomber les cours des autres régents, car les étudiants préféraient naturellement les leçons gratuites; et bien que tout gradué conservfit le droit d'enseigner publiquement, ce droit fut presque entièrement abandonné à ces corps de professeurs dans toutes les université» de l’Europe. A Oxford, dans la seule faculté des Arts, il y avait déjà, bien longtemps avant la réforme de Laud, dix professeurs salariés nommés par la chambre de congrégation.
Conformément à ce système ancien, confirmé dans ses parties les plus essentielles par les statuts organiques de i636 et par d’autres plus récents, voici quelle est l’organisation légale d’Oxford.
L 'université elle-même, par l’intermédiaire de ses organe» propres, c’est-à-dire les professeurs publics, dispense l’instruction pour toutes les facultés; et pour obtenir un grade dans une faculté quelconque, il faut de rigueur avoir suivi régulièrement ces cours publics pendant une période déterminée.
Dans la faculté des arts il y a onze professeurs publics. Il faut avoir suivi les professeurs pendant quatre années pour être bachelier, sept ans pour passer Maître. La nature et l’ordre des étude» pendant ces sept années sont également déterminés.
Pour être admis à étudier en théologie , il faut avoir la maîtrise ès-arts. Il y a deux professeurs de théologie. La durée des études est de sept ans pour le baccalauréat, et de quatre ans en sus pour le doctorat.
Dans la faculté de droit (loi civile, civil Inw) il y a un professeur. La maîtrise n’était pas nécessaire jusqu’à ces derniers temps pour commencer les études; aujourd’hui il faut être bachelier ès-arts.
Pour commencer en médecine, il faut être maître ès-arts, et suivre en outre les professeurs d’anatomie et de médecine
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pendant trois ans pour le baccalauréat, et quatre ans de plus pour le doctorat.
Les professeurs sont tenus de faire leurs leçons environ six mois de l’année, deux fois la semaine et pendant deux heures. Il y a des peines établies pour prévenir la négligence des maîtres et des élèves. Les professeurs sont obligés, à la fin de leur leçon , d’accueillir les questions des auditeurs et d’y satisfaire.
L’établissement de ce corps de professeurs n’abolit pas le droit primitif d’enseignement appartenant à tous les gradués sans exception ; il fut au contraire maintenu par les statuts et déclaré inviolable.
Voilé pour l’université telle qu’elle existe ou devrait exister d'après ses statuts. Passons maintenant aux collèges.
L’histoire des colleges est si curieuse et si pleine d’intérêt, qu’on nous saura peut-être gré de reproduire ici , en les abrégeant, les savantes recherches de M. ilamilton.
Partout où il y a eu une université il y a eu des collèges. Ce n’est pas que les collèges soient des appendices essentiels d’une université, mais ils les accompagnent toujours par suite de causes identiques dans tous les pays. Les collèges ne sont donc pas particuliers à l'Angleterre ; c’est de l’universitémère de Paris qu’ils furent importés à Oxford; mais ils y subirent des modifications importantes.
L’établissement des collèges fut déterminé, dans les plus anciennes universités, par l'agglomération excessive des étudiants qui y affluaient de toutes les parties de l’Europe. Cette affluence était grande, surtout à Paris, à Bologne, à Païenne, pendant les xn* et xni* siècles. Elle occasionna dans ces villes la rareté des logements, et par suite l'augmentation des loyers. Les étudiants pnuries, et c’était le grand nombre, se trouvaient dans la plus triste situation. Des hommes charitables, voulant remédier à ce grand inconvénient, ne trouvèrent rien de mieux que d’avoir des maisons pour logrr un certain nombre d’étudiants pendant la durée de leurs études, et les préserver en outre ainsi du contact des mœurs corrompues du
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temps en leur donnant des surveillants. Ces premiers établissements furent imités des hospices ( hospiiia ) que les ordres religieux entretenaient dans les villes d'université pour ceux de leurs membres qui y séjournaient soit comme maîtres, soit comme écoliers. On joignit bientôt la table au logement. Avec la surveillance morale il y avait aussi une discipline littéraire, mais toujours subordonnée aux études publiques. Les membres de ces pauvres communautés y trouvaient aussi, des livres qui ne pouvaient être acquis alors que par les riches. ,
C’est de ces premiers établissements que sont sortis tous les collèges annexés aux diverses universités d’Europe. A Pari» ils acquirent de bonne heure une très grande importance. Leurs régents étaient quelquefois nommés , toujours surveillés et dirigés, et exclusivement cassés parla faculté à laquelle ils appartenaient. Les leçons des collèges furent souvent assimilées à celles des écoles publiques de l'université; ils fermaieut ainsi tout autant de petites universités ou de fragments d’université. C’est dans le cours du xv* siècle que s’opéra è Paris cette union intime des collèges et de l'université. Les grandes facultés de théologie et des arts devinrent exclusivement collégiales , et la faculté de théologie de Paris finit par s’absorber entièrement dans la Sorbonne.
Mais dans tous les collèges universitaires, le système entier d’instruction était toujours confié à des professeurs spéciaux, choisis en vue de leur capacité spéciale , et dont la nomination était entourée de circonstances propres à entretenir l'émulation entre les collèges et entre les maitres eux-mêmes.
Dans les Pays-Bas, les collèges eurent ù peu près la même forme et la même importance que ceux de Puris.
En Allemagne il n’en fut pas de même. Dans les plus anciennes universités de l'empire , le système universitaire fut peu modiGé par ces institutions; et dans les universités fondées après le commencement du xvi* siècle les institutions collégiales furent rares. On trouve des établissements destinés à l’habitation et è la surveillance de la jeunesse à Prague , Vienne, Heidelberg, Cologne, Erfurlh, Leipsick, Rostoch, Ingoldstadt , Tubiogue , etc; mais ils étaient sans importance