XL. ni
nation, comme dans celui de la science, ne put
se soustraire à la pensée cartésienne; elle vit dans les
conceptions des poètes, dans les controverses des théologiens, dans les systèmes des physiciens; elle inspire également Bossuet et Rohault , Arnauld et Lafontaine , Sévigné et d’Aguesseau ; elle domine et dirige même les écoles rivales. Locke et Condillac ont eu une fortune analogue, et , si on y regarde de près , on verra qu’aujourd’hui même ce sont encore là
nos maîtres *. L’école dont nous parlons ne jouit
pas de cette souveraineté universelle : elle ne règne que dans l’école, et l’école, quoi qu’on en dise, est encore entourée de murs.
Il ne faut pas oublier non plus que, indépendamment de leur importance intrinsèque et purement scientifique , les systèmes ont comme les livres leur fortune; habent sua fata. Il leur faut pour naître, se maintenir et agir, le concours des circonstances externes ; ils doivent répondre à quelque besoin du temps, et s’associer de quelque manière au mouvement général de l’esprit d’une époque. Sans ces conditions, ni le génie ni la force de tète des inventeurs ne sont capables de leur donner la vie; ils
1 II suffit de lire les préfaces de la plupart des Traités sur les Sciences.