S LE COLOSSE DE SAINT CHARLES BOMIOMBE
vêque, et il fallut m'aventurer d;ms les flots de ce vêtement, qui pendaient au bord du piédestal; enfin, tantôt en me cramponnant, tantôt marchant sur mes deux pieds, tantôl rampant à quatre pattes, je ]);ir\ins à passer nuis accident cette mer de bronze et à mettre le pied sur sa rive de granit. Je ne m'étais pas trompé, mon farceur m'attendait à moitié chemin d'une échelle de corde qui s'introduisait sous un pan de la robe du saint et conduisait dans l'intérieur de la statue ; il se mit à rire en m'apercevant , enchanté de l'espièglerie qu'il m'avait faite, et que je le soupçonne de renouveler chaque ibis qu'un voyageur innocent a l'imprudence de le suivre. En effet, il aurait aussi bien pu placer tout de suite l'échelle de bois en face de l'échelle de corde; mais il tenait, à ce qu'il parait, à me faire dans les plus grands détails les honneurs de -un archevêque ; je n'ai jamais vu d'homme d'églisc si frétillant et si peu préoccupé de la dignité de son costume.
Au reste , je ne fis pas mine de garder rancune de sa gentillesse; je m'approchai de lui d'un air dégage , et prenant mon temps , je l'empoignai par le bas de la jambe.
Alors commença notre seconde ascension, qui, quoique de huit ou dix pieds seulement , n'était pas la plus commode; cependant je m'en tirai à mon honneur, gràceau point d'appui que je m'étais créé, cl au bout de quelques instants je me trouvai dans l'intérieur du saint.