‹ Fragments des œuvres d'Alexandre DumasChapitre 14 sur 100 · I NE PECHE DE MIT · texte numérisé non relu

I NE PECHE DE MIT

mique, que la maîtresse de la maison appela un grand garçon, de dix-huit ou vingt ans, qui parais* sait cumuler dans l'hôtellerie les différentes fonctions de commissionnaire, d'aide de cuisine et de cireur de hottes. Il arriva à moitié endormi , et reçut l'ordre, malgré des hàillcments très-expressifs, seule espèce d'opposition que le pauvre diahlc osât faire à l'injonction de sa maîtresse, d'aller pêcher quelques truites pour le déjeuner de monsieur ; et elle m'indiquait du doigt. Maurice, c'était le nom du pécheur, se retourna de mon côté avec un regard si paresseux, si plein d'un indicible reproche, que je fus ému du combat qu'il était forcé de se livrer pour obéir, sans se laisser aller au désespoir.

— Cependant, dis-jc, si cette pèche doit donner trop de peine à ce garçon (la figure de Maurice s'épanouissait au fur et à mesure que ma phrase prenait un sens favorable à ses désirs) ; si cette pèche..., continuai-je.

La maîtresse m'interrompit.

— Bah ! bah ! dit-elle, c'est l'affaire d'une heure, la rivière est à deux pas. Allons, paresseux, prends ta lanterne et ta serpe, ajouta-t-cllc en s'adressant à Maurice, qui était retombé dans cette apathie résignée habituelle aux gens que leur position a faits pour obéir; et dépèche-toi.

Ta lanterne et ta serpe pour aller à la pèche!... Ah! dès lors Maurice fut perdu, car il me prit une envie irrésistible de voir une pèche qui se faisait comme un façot.

Page 1