‹ Fragments des œuvres d'Alexandre DumasChapitre 26 sur 100 · LES OURS DE BERNE · texte numérisé non relu

LES OURS DE BERNE

Eneore colto petite fortune se lrouva-t-clle bientôt réduite à moitié par un nouvel accident . mais qui était, cette fois, en dehors de tonte commotion politique. La fosse qu'habitaient les ours était autrefois enfermée dans la Aille, et touchait aux murs de la prison. One nuit . un détenu condamné à mort, étant parvenu à se procurer \\n poinçon de fer, se mit à percer un trou dans la muraille; après deux on trois heures de travail, il crut entendre que du côté opposé «lu mur on travaillait aussi à quelque chose de pareil : cela lui donna un nouveau courage. H pensa qu'un malheureux prisonnier comme lui habitait le cachot contigu, et il espéra (pi une fois réuni à lui. leur fuite commune deviendrait plus facile, le travail ('tant partagé. Cet espoir ne faisait que croître à mesure que la besogne avançait ; le travailleur caché opérait avec une énergie qui paraissait lui faire négliger toute précaution; les pierres détachées par lui roulaient bruyamment; son souille se faisait entendre avec force. Le condamné n'en sentit (pie mieux la nécessité de redoubler d'efforts, puisque l'imprudence de son compagnon pouvait, d'un moment à l'autre, trahir leur évasion. Heureusement il restait peu de chose à faire pour que le mur fût mis à jour. Une grosse pierre seulement résistait encore à toutes ses attaques, lorsqu'il la sentit s'ébranler ; cinq minutes après, elle roula du côté opposé. La fraîcheur de

l'air extérieur pénétra jusqu'à lui; il vit que le secours inespéré qu'il avait reçu venait du dehors, et,

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