G LES DEUX BOSSUS
. quand il avait été bien renseigné, il était parti, et, d'après ce qu'il avait appris, il avait l'ait, son |>lan.
Malheureusement, un an devait s'écouler avant qu'il !c mît à exécution, et pour le pauvre bossu, cette année fut un .siècle. Enfin, le jour ou plutôt la nuit de la Saint-Mathieu arriva : le musicien prit son instrument, s'en alla faire danser dans le village où un an auparavant avait l'ait danser son confrère, puis à minuit sonnant revint par la même porte, de sorte qu'il se trouva à minuit et quelques minutes sur la place du marché au poisson; et arrivé là, sa joie l'ut grande, car elle était illuminée comme un an auparavant, les mêmes dames et les mêmes cavaliers étaient attablés à un banquet pareil, mais autant l'autre et lit joyeux autant celui-là paraissait I: iste. Le musicien n'en porta pas moins sa clarinette à sa bouche, et malgré les signes réitérés qu'on lui lit de se taire, il commença une valse, qu'accompagnèrent aussitôt les chouettes et les hiboux, perchés sur les saints de pierre de la vieille cathédrale. Alors les fantômes se prirent par la main, et au lieu de celte joie folle avec laquelle ils avaient dansé un an auparavant ils commencèrent un grave et triste menuet, qui finit par des révérences roides et empesées, comme doivent en faire les statues de marbre couchées sur les tombeaux. Néanmoins la dame qui, un an auparavant , avait donné au hou violon la récompense qu'ambitionnait si fort l'envieuse clarinette, s'ap-